21 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Nikki Haley à Kinshasa - Un message fort de Trump à Kabila

Annoncée depuis la dernière assemblée générale des Nations unies, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Nikki Haley, entame le samedi 21 octobre une visite de deux jours en RDC. Objectif : s'enquérir de la situation sur le terrain. A Kinshasa, deux rencontres sont inscrites dans son agenda, l'une avec le chef de la Monusco, l'autre avec le chef de l'Etat Joseph Kabila à qui sera transmis le message du président américain Donald Trump.

Porté à la Maison Blanche en janvier dernier, le président des Etats-Unis, Donald Trump, n'a pas encore clairement défini sa politique africaine. En septembre dernier, le président américain a, en marge de la 72ème assemblée générale des Nations unies, initié une rencontre avec un groupe de chefs d'Etat africains. A l'occasion, il avait exprimé son désir de conclure un nouveau partenariat avec l'Afrique.

Pour le moment, l'administration Trump prend ses précautions ; elle ne voudrait pas s'engager sur un terrain sans en maîtriser préalablement les méandres. Toutefois, en ce qui concerne l'Afrique, la situation du chaos politique en RDC est suivie de très près par le département d'Etat américain. Le président Trump veut aller vite. Il a envie d'imprimer sa marque dans la marche du continent noir. Mais, pour poser des actes de grande portée, il a préféré déléguer sur le continent son ambassadrice aux Nations unies, Nikki Haley. La RDC est parmi les escales prévues dans son agenda.

Pendant deux jours, soit les 21 et 22 octobre 2017, l'ambassadrice Nikki Haley sera au contact des réalités congolaises. Des sources proches de l'ambassade des Etats-Unis en RDC annoncent que son programme sera très serré. A Kinshasa, deux entretiens sont prévus. Le premier avec le chef de l'Etat Joseph Kabila et le second avec le chef de la Monusco, Maman Sidikou. Au chef de l'Etat congolais, Nikki Haley va transmettre un message fort de Donald trump.

Après l'étape de Kinshasa, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU va s'envoler pour Goma afin de palper du doigt la triste réalité qui sévit dans cette partie de la RDC. Ces trois derniers mois, il s'y observe une résurgence des forces négatives. Leur activisme va de pair avec l'insécurité et les massacres de masse qui ont repris, notamment, dans la province du Nord-Kivu.

Les attentes

L'ambassadrice des USA aux Nations unies arrive en RD-Congo au moment où la crise politique s'enlise chaque jour qui passe. Ce dernier trimestre de 2017 risque d'être très agité si rien n'est fait pour revenir à l'Accord de la Saint Sylvestre que tous les acteurs ont signé librement et qui a reçu un soutien total de la communauté internationale. Il faut reconnaitre que la persistance de la crise politique congolaise résulte justement de la non-application de ce compromis politique endossé le 31 décembre 2016 par la Majorité, l'Opposition et la Société civile.

L'absence de volonté politique a fait que les principaux protagonistes, à savoir, la Majorité et l'Opposition, se regardent en chiens de faïence. Pour les forces du changement réunies au sein du Rassemblement, comme le régime en place a foulé au pied l'Accord de la Saint-Sylvestre et ne sera pas en mesure d'organiser les premières élections avant la fin de cette année. D'où, il faut envisager dès le 1er janvier 2018 une nouvelle transition sans l'actuel président de la République. Toutefois, l'Opposition n'a pas encore révélé la manière dont cela pourrait se passer.

Toujours est-il que le président de la République et sa majorité sont restés indifférents à tous les appels lancés jusqu'ici, pour la sortie de crise, tant par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement que par la communauté internationale. Kinshasa fait la sourde oreille et refuse de manière délibérée à revenir à l'esprit et à la lettre de l'Accord du 31 décembre 2016. Dans son projet de retarder le processus électoral, il a renvoyé la tenue d'élections à fin décembre 2019, au plus tôt. Ce qui exacerbe la tension dans le pays à l'approche de la fin de l'année.

C'est donc autour de ce grand dossier que Nikki Haley doit s'entretenir avec Joseph Kabila. L'ambassadrice américaine a l'avantage de connaître les tenants et les aboutissants de la crise congolaise. Il est notoirement connu que Kinshasa ne veut pas s'inscrire sur la voie l'Accord du 31 décembre 2016.

Par ailleurs, à la suite du sommet des chefs d'Etat de la CIRGL tenu le 19 octobre à Brazzaville, la diplomate américaine a pour mission de presser le chef de l'Etat congolais à mettre en application rapidement les principales résolutions de l'Accord du Centre interdiocésain. C'est la seule voie de sortie de crise à laquelle Kinshasa doit, cette fois-ci, se soumettre pour donner la chance à un processus électoral apaisé. Est-ce que Nikki Haley parviendra à convaincre Joseph Kabila à faire marche arrière et à reconsidérer tous les tripatouillages faits sur l'Accord du 31 décembre 2016 ? wait and see.

La Majorité présidentielle est-elle prête à revenir aux bons sentiments après avoir nommé à la primature et à la tête du Cnsa ses pions débauchés au sein du Rassemblement ? Ce serait un exercice difficile. Et pourtant, la classe politique dans son ensemble doit souscrire à la démocratie en accordant au processus électoral en cours la chance d'aboutir à l'organisation apaisée des élections, dont a principale reste la présidentielle.

Les Congolais doivent s'assumer

Avant Nikki Haley, plusieurs diplomates américains se sont succédé à Kinshasa pour tenter de résoudre la crise congolaise. Tout récemment, c'est l'ancien Envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands lacs sous Obama, Tom Perriello, lequel s'était investi beaucoup dans la signature de l'accord de la saint-Sylvestre que la MP ne cesse de fouler aux pieds. C'est la preuve que Kinshasa a la manie de ne pas respecter les engagements pris avec ses partenaires.

L'opinion congolaise est au courant du plan machiavélique de la MP visant à recourir à un référendum afin de permettre à son autorité morale de se représenter indéfiniment à la présidence de la République. C'est au regard de ce caractère versatile des dirigeants Congolais que les acteurs de l'opposition restent méfiants par rapport à Joseph Kabila et à sa Majorité. « La solution pour écarter Kabila, ce n'est ni les USA ni la SADC, mais le courage et la conscience des congolais », a déclaré récemment à actuelité.cd Sindika Dokolo, initiateur du mouvement citoyen « Debout Congolais.

« Ceux qui vont écrire l'histoire du Congo, ce n'est pas la SADC ou encore les partenaires étrangers. Ce qui va déterminer les cours des choses ça sera la réaction des Congolais, leur capacité à prendre leur destin en main. Je vous garantis que tout le monde au niveau des partenaires de la RDC est indigné de la légèreté avec laquelle monsieur Kabila mène la politique de son pays et met en péril toute la sous-région. Je pense que la balle est dans le camp du peuple congolais. Les mois et les semaines qui nous séparent de la fin de l'année seront déterminant pour l'avenir politique de notre pays ». Cette déclaration de Sindika Dokolo traduit l'état d'esprit des forces politiques et sociales qui militent pour l'alternance en RDC.

Les acteurs politiques Congolais apprécient à sa juste valeur le soutien de la communauté internationale au combat pour l'alternance en RDC mais en même temps ils appellent à la détermination des Congolais pour arriver au changement tant souhaité.

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