21 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Assemblée nationale - L'opposition parlementaire veut la tête d'Aubin Minaku

Dans la pétition déposée le 20 octobre au bureau de l'institution, il est reproché au président de la chambre basse de violer la Constitution et le règlement d'ordre intérieur en bloquant systématiquement toutes les motions de censure qui émanent de la famille politique via des contre-motions incidentielles souvent improvisées pour le besoin de la cause.

Les députés de l'opposition entendent aller jusqu'au bout dans leur croisade contre le président de l'Assemblée nationale. Ce qui, au départ, ressemblait fort à une requête anodine pour laquelle beaucoup avaient parié qu'elle allait se terminer en eau de boudin, vient de prendre une tout autre dimension avec le dépôt de la pétition contre Aubin Minaku. C'est le 20 octobre que les députés de l'opposition se sont livrés à cet exercice réglementaire sans déroger à la pratique parlementaire. Cinquante d'entre eux ont pu signer cette pétition transmise à l'organe de la loi, via son service courrier conformément au règlement intérieur régissant le fonctionnement de la chambre basse. Ainsi donc, en vertu de ce règlement, le vice-président de l'Assemblée nationale, Floribert Kabinda Luhonge, est habilité à convoquer une plénière dans les 48 heures pour statuer sur le sort du président Aubin Minaku.

L'initiateur de la pétition, le député Toussaint Along, reproche au président de l'Assemblée nationale le fait d'arborer une double casquette, celle de speaker de la chambre basse du Parlement et celle de secrétaire général de la Majorité présidentielle. Le conflit d'intérêt entre ces deux fonctions, naturellement incompatibles au regard de la neutralité dont est censée se prévaloir le président de l'Assemblée nationale dans la conduite des débats, est à la base des déviations déplorées dans le chef d'Aubin Minaku. Ce dernier, à en croire les députés de l'opposition, se comporterait plus en chef de file de la Majorité qu'en président de son institution, faisant la part belle à son camp politique. D'après ses pourfendeurs, Aubin Minaku s'attelle toujours à bloquer des initiatives de contrôle parlementaire par des motions incidentielles, juste pour sauver des ministres de la Majorité ciblés.

Le rejet des motions de défiance adressées dernièrement contre les ministres de l'Intérieur, Emmanuel Shadari, et de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, à la suite d'une motion incidentielle inattendue est la goutte d'eau qui a débordé le vase. Pour l'opposition parlementaire, le président de la chambre basse a fait rater à l'opinion intérieure un débat d'intérêt national censé éclairer sa lanterne sur la situation dans le Kasaï et sur l'invalidation, avant leur terme, des passeports électroniques (ou semi-biométriques).

Comme si cela ne suffisait pas, le même Aubin Minaku aurait cautionné l'examen, le 20 octobre, de la proposition de loi du député Robert Payisayo sur le Conseil national de suivi de l'accord, au grand dam de l'opposition parlementaire qui s'y est opposée en arguant qu'il s'agissait d'un plagiat. Là encore, estime l'opposition, Aubin Minaku avait pris fait et cause pour la Majorité présidentielle en faisant fi du point de vue des députés de l'opposition qui ont vite fait de quitter l'hémicycle. Dossier à suivre.

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