23 Octobre 2017

Burkina Faso: Meeting disperse du CED - Pascal Zaïda et quelques manifestants arrêtés

Contre vents et marrées, le Cadre d'expression démocratique (CED) de Pascal Zaïda a appelé ses militants au rond-point des Nations unies pour le meeting contre « la mal gouvernance, les tribunaux d'exception, les détentions arbitraires, les attaques terroristes ».

Programmé et reporté à plusieurs reprises pour refus d'autorisation des autorités communales, le CED avait décidé, selon la voix de son premier responsable, de tenir le meeting avec ou sans autorisation, le 21 octobre dernier. Le jour-J, aux environs de 10h, les manifestants, avec leur leader en tête, ont été dispersés et les figures de proue alpaguées par les forces de défense. Pour le camp de Zaïda, l'objectif est largement atteint. Pour le camp d'en face, même son de cloche, car le meeting n'a pas eu lieu. Retour sur une matinée agitée aux alentours du rond-point des Nations unies.

C'est une matinée pas comme les autres au rond-point le plus célèbre de la capitale burkinabè. En cette matinée du 21 octobre, les forces de sécurité, des agents de la Brigade anticriminelle et de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), ont investi les quatre coins du rond-point des Nations unies au lever du jour. Quatre véhicules chargés de forces de maintien de l'ordre, armés et prêts à intervenir étaient là, garés. Les consignes étaient claires. Tout regroupement de plus de deux personnes était purement et simplement dispersé. A part les occupants de boutiques et les Hommes de médias, personne d'autre n'était autorisé à rester aux encablures dudit rond-point. Certains commerçants, par prudence, ont tout simplement fermé boutique.

Des patrouilles étaient faites à intervalles réguliers dans les alentours du rond-point, afin d'éviter tout rassemblement des zaidaïstes. Entre-temps, certains agents sont venus en renfort lorsque l'heure annoncée par les militants s'approchait. A 8h, Zaïda était invisible. 9h, toujours pas de Zaïda. Contacté par des journalistes, il annonce son arrivée à 10h 00 au rond-point des Nations unies. Viendra, viendra pas ? Se demandaient les Hommes de médias gagnés par l'impatience. 10h, Pascal Zaïda, accompagné de quelques-uns de ses militants, débouche au lieu indiqué, à pied, venant de la Maison du peuple.

Le bras levé, Zaïda indique à ses militants qui rôdaient dans les parages, le rond-point où il compte livrer son message. Prises de cours, les forces de l'ordre forment une barrière infranchissable pour obliger les manifestants à battre en retraite. A coup de matraques, ils obligent les militants du CED à battre en retraite. Face à cette barrière infranchissable, les manifestants se résolvent à rebrousser chemin. « La presse, le message sera livré à l'hôtel », annonça Zaïda. Ces partisans commencent alors à célébrer leur héro par des cris de victoire : « Zaïda, Zaïda, Zaïda ».

La circulation est complètement chamboulée. La chaussée est impraticable. Face à ce désordre, les forces de l'ordre reviennent à la charge pour obliger les manifestants à libérer le tronçon. Entre-temps, elles décident même de disperser les manifestants. Certains font usage de gaz lacrymogène. Puis, elles décident d'alpaguer le leader. A cet instant précis, des badauds non identifiés sont venus prêter main forte.

Les zaïdaistes sont tout simplement pourchassés. Certains n'ont eu la vie sauve que grâce à leur talent de sprinters. Voyant les risques de lynchage, les forces de défense interviennent pour les récupérer, mais non sans coups de pied, de gifles, de matraques.

Vu et entendu

Sur l'interdiction de la marche, les avis étaient controversés

« Ainsi naissent les djihadistes »

« Ce gouvernement est en train de prouver qu'il est pire que le régime de Blaise Compaoré. Si Blaise avait interdit les marches, eux ne seraient pas au pouvoir. Ou on interdit toutes les marches, ou on autorise toutes les marches. Ainsi naissent les djihadistes. Je peux comprendre qu'on nous dise qu'on sera traduit en Justice si la marche dégénère. Nous, nous avons vu des gens qui ont fait des meetings sans déposer une demande d'autorisation. »

« On est fatigué »

« Dans ce pays, rien ne marche. Nous, commerçants, nous tirons le diable par la queue. On veut la paix, la tranquillité pour faire nos affaires. Mais avec de telles marches, ça nous met en retard. Ce matin, tous les commerçants qui sont aux alentours du rond-point ne vont pas bien vendre. Qui perd ? C'est encore nous, les commerçants. Pascal Zaïda doit savoir que nous sommes fatigués. Les marches-là, on n'en veut plus. Ce qui lui arrive, ça n'engage que lui. Nous, nous voulons chercher notre pain. Et ça, les marches ne pourront rien nous apporter. »

« Ce sont les journalistes qui donnent la force à Zaïda»

« Un jeune-homme, après l'arrestation des militants du CED, s'en est pris virulemment aux Hommes de médias. « Les faux journalistes, ce sont eux qui donnent la force à Zaïda. » Se rendant compte que cet énergumène prendrait du zèle dans ses invectives, les Hommes de médias se sont rués sur lui pour lui faire rendre gorge. Sentant le roussi, les forces de défense ont embarqué le jeune homme avant de présenter leurs excuses aux Hommes de médias. »

« Le communiqué de la Police »

Communiqué de presse de la Division de la communication et des relations publiques de la Police nationale, sur les arrestations consécutives au meeting du CED de Pascal Zaïda

A l'appel de certaines organisations associatives dont le « Mouvement Populaire de la Jeunesse » et le « Cadre d'Expression Démocratique », avec à leur tête Monsieur Pascal Zaïda, une manifestation avait été prévue dans la ville de Ouagadougou, le 21 octobre 2017.

Au regard des risques de troubles à l'ordre public liés à cette manifestation, les autorités communales ont donné un avis défavorable à sa tenue.

Malgré cette interdiction, les organisateurs, par le canal de conférences de presse, ont maintenu leur projet et ont invité leurs militants à se rendre au Rond-point des Nations unies, à partir de 8 heures.

Afin de préserver l'ordre public, un dispositif sécuritaire a été mis en place par les forces de sécurité.

Nonobstant ces mesures de préservation de l'ordre, quelques manifestants, parmi lesquels Monsieur Zaïda Pascal, qui s'étaient regroupés aux environs de la Maison du Peuple, ont, par trois fois, forcé les barrages mis en place par la Police. Cette attitude des manifestants a suscité une réaction de colère des commerçants riverains, amenant les forces de l'ordre à intervenir et à interpeller, sur les lieux, quatre personnes, dont Monsieur Zaïda Pascal.

Ces incidents surviennent après que, les 26 septembre, 4 et 17 octobre 2017, les initiateurs de la manifestation ont été convoqués par les services de la Police Nationale pour être mis en garde contre d'éventuels débordements à la suite de leur manifestation.

Une procédure judiciaire a été diligentée et les personnes interpellées seront conduites devant les autorités compétentes

La Police Nationale, une force publique au service des citoyens.

Division de la Communication et des Relations Publiques de la Police Nationale

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