23 Octobre 2017

Congo-Kinshasa: Pétition contre Minaku - Nouvelle distraction

Ouverte il y a plus d'un mois, à savoir le 15 septembre 2017, la session en cours des deux chambres du Parlement n'a pas encore abordé les deux matières qui devraient être traitées en urgence, à savoir le budget 2018 et plus singulièrement l'enveloppe à consacrer opérations préélectorales et la loi sur la répartition des sièges.

On aurait pu se focaliser également sur la loi organique du CNSA (Conseil National de Suivi de l'Accord du 31 décembre 2017) mais la majorité au pouvoir est en train de démontrer à tous que cette institution transitoire peut fonctionner sans texte.

Le samedi 21 octobre 2017, une nouvelle pièce de théâtre s'est jouée au Palais du Peuple, heureusement en circuit fermé, au terme de laquelle la pétition diligentée contre Aubin Minaku, président de l'Assemblée Nationale, a connu un sort prévisible, à savoir son par les députés de sa famille politique. Les députés de l'Opposition pourraient pleurnicher sans fin sur le non respect de leur règlement d'ordre intérieur, qui interdit à un membre du bureau visé par une motion ou une pétition de siéger pour traiter de sa propre cause, choses restent en l'état.

Car, même si la plénière avait été pilotée par quelque d'autre, le résultat aurait été le même, compte tenu de la stratégie d'étouffement de l'Opposition adoptée par la Majorité Présidentielle depuis 2006. Ils auront beau évoquer l'Arrêt de la Constitutionnelle faisant état de l'inexistence constitutionnelle la motion incidentielle, la démocratie du plus fort veut que les de cette haute juridiction soient inopérants face à leur logique victoire.

On ne le dira jamais assez, l'option des députés de l'opposition prétendre lutter de l'intérieur au sein d'une institution dont de mandats avaient été acquis sur fond de fraudes électorales en 2011, est en train de montrer ses limites. La recette du boycott des plénières, on ne le sait que trop bien, n'a jamais perturbé famille politique du Chef de l'Etat, convaincue que les « rebelles » sont condamnés à les accompagner et légaliser leurs actes jusqu' bout, la politique du ventre oblige.

Au regard de la méthodologique de travail qu'elle est en train suivre jusque-là, l'Assemblée Nationale donne l'impression d' choisi la voie de la distraction. En effet, en lieu et place traiter des matières de haute portée politique inscrites à calendrier, elle est occupée à perdre un temps fou dans les motions défiance et incidencielles, les pétitions, les questions orales écrites. Le peuple congolais, impatient d'aller aux urnes, assiste un spectacle de mauvais goût dont les épilogues se suivent et rassemblent, à savoir les victoires mécaniques de la Présidentielle contre les initiatives des députés de l'Opposition.

Par conséquent, s'il y a, dans le chef des députés de l'opposition, la volonté de faire bouger les lignes sur la voie des élections, devraient eux aussi cesser de distraire les gens avec des motions pétitions sans lendemain et exiger, toutes affaires cessantes, l'examen de la Loi des finances 2018, avec des crédits pour le financement du processus électoral, ainsi que la loi répartition des sièges pour les circonscriptions électorales.

Persister à actionner des motions, des questions orales et ainsi que des pétitions sans la moindre incidence négative sur gouvernement ou l'Assemblée Nationale, d'autant que le moindre n'est pas possible pour sanctionner, ne serait-ce que moralement personnes visées, c'est faire le jeu de la Majorité Présidentielle, qui a hâte de voir la session en cours boucler la boucle sans traité des matières relatives aux contraintes politiques, et techniques sur lesquelles se fonde la CENI pour faire « glisser » les élections au-delà de 2019, sinon 2020.

Congo-Kinshasa

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