26 Octobre 2017

Burundi: Projet de réformes constutionnelles - Un référendum pour quoi faire ?

Le 24 octobre 2017, le Conseil des ministres, au Burundi, a adopté un projet de révision constitutionnelle qui devrait remanier de fond en comble la loi fondamentale du pays. Hormis le déverrouillage de l'article 96 qui limitait à deux quinquennats les mandats présidentiels, la durée même du mandat a été revue à la hausse et passe à 7 ans.

Entre autres nouvelles dispositions, il y a l'institution d'un Premier ministre, chef du gouvernement, issu du parti majoritaire en lieu et place de deux vice-présidents et celle d'un seul vice-président issu de l'opposition, sans aucun pouvoir réel.

Par ailleurs, les lois devraient désormais être adoptées à la majorité absolue au Parlement, alors que jusque-là, il était requis les 2/3 des voix. L'adoption de ce projet de réformes constitutionnelles devrait se faire par référendum et intervenir à la mi-février 2018.

Comme l'on peut s'en rendre compte, nul n'est besoin d'avoir le 3ème œil du sorcier pour s'apercevoir que la finalité du nouveau projet de révision constitutionnelle est le maintien du prince régnant au trône.

En effet, Pierre Nkurunziza, aux termes de la nouvelle loi, devrait pouvoir briguer un 4e mandat en 2020 et demeurer au pouvoir théoriquement jusqu'en 2041. Le reste des réformes n'est que du maquillage pour rendre la pilule moins amère à avaler pour le peuple martyr du Burundi.

Il va sans dire que lorsqu'on est démocrate, l'on ne peut être que révulsé par cette nauséeuse intention qui n'est ni plus ni moins qu'un déni de démocratie.

On ne peut qu'être choqué de voir que malgré tout le sang versé des Burundais, Nkurunziza fait des pieds et des mains pour s'accrocher au pouvoir. Mais faut-il véritablement s'en étonner ? A cette question, l'on ne peut répondre que par la négative.

Nkurunziza a le champ libre pour sa folle aventure

Et pour causes. D'abord, Nkurunziza est dans la logique du pis-aller. Bien conscient que la perte du pouvoir ne sonnerait pour lui que le début de sa descente aux enfers, il a fait le choix de la seule voie qui peut lui garantir une chance de survie : celle de mourir au pouvoir.

Ensuite, l'homme a réussi à désarticuler toute son opposition qu'il a méthodiquement éliminée dans les violences qui font le quotidien du Burundi, ou contrainte à l'exil et ce, devant une communauté internationale impuissante. Il ne rencontre plus aucune résistance et a le champ libre pour sa folle aventure.

L'on peut même se demander pourquoi il prend l'option d'organiser un référendum, alors que tout lui semble d'avance acquis et que lui-même a des pratiques aux antipodes de la démocratie.

Il aurait pu éviter ce nouveau sacrifice à son peuple appelé à contribuer financièrement à l'organisation de cette consultation référendaire, en plus d'assister impuissant au pillage des maigres ressources nationales pour étancher la soif de pouvoir d'un pasteur illuminé.

Cela dit, l'on peut se demander jusqu'à quand durera cette aveugle odyssée de Nkurunziza qui a visiblement pris le pari d'évoluer par l'absurde en engageant son pays sur tous les sentiers interdits de la démocratie.

Une chose est certaine, la capacité de résilience de son peuple est limitée et tôt ou tard, il finira par naître dans l'entourage même du prince, un Zorro qui prendra sur lui la responsabilité de mettre un terme à toute cette tragi-comédie.

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