27 Octobre 2017

Centrafrique: Antonio Guterres appelle les groupes armés à cesser les violences

La visite d'Antonio Guterres est l'occasion pour les Centrafricains d'exprimer un certain nombre de doléances. Jeudi 26 octobre, le secrétaire général des Nations unies a multiplié les rencontres, avec les ambassadeurs africains, avec les partis politiques, avec la société civile ou les leaders religieux. Il a aussi une nouvelle fois rencontré le président Touadéra.

Aux leaders religieux, Antonio Guterres a parlé paix et réconciliation. Mais les dignitaires catholiques, protestants et musulmans eux, se sont faits les porte-voix de leurs ouailles. Avec une préoccupation essentielle : la sécurité.

« Nous avons demandé au secrétaire général, explique le pasteur Nicolas Guérékoyame-Gbangou, de la plateforme religieuse, que très rapidement les forces armées centrafricaines soient redéployées sur toute l'étendue du territoire et que la question de l'embargo [sur les armes] soit résolue assez rapidement pour permettre à l'Etat centrafricain de procurer des moyens de mener des opérations à nos forces armées centrafricaines. »

Ce vendredi, le secrétaire général est attendu au PK5. Le désir d'un retour de la sécurité, comme partout, y est un espoir permanent. Mais l'un des représentants de la jeunesse de ce quartier, Moussa Ibrahim Mamadou, espère pouvoir lui soumettre une autre doléance.

« Depuis 50 ans nous n'avons qu'un seul établissement technique, qu'une seule université. Le taux d'analphabétisation s'élève à 60% en RCA, donc si la Minusca peut mettre un accent particulier sur l'éducation, protéger des espaces pour que les enfants puissent aller à l'école...

Aujourd'hui, sur seize préfectures que compte la République centrafricaine, treize sont sous le contrôle des groupes armés. Quel sera l'avenir de ces jeunes qui se trouvent dans ces localités ? », s'inquiète-t-il.

Le dialogue avec les groupes armés toujours privilégié

Antonio Guterres a également été une nouvelle fois reçu par le président Faustin-Archange Touadéra pour parler notamment du processus DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration).

Malgré la poursuite des violences sur le terrain, le gouvernement tout comme l'ONU et les partenaires africains tiennent à inclure les groupes armés dans le processus de paix.

Depuis son arrivée au pouvoir, Faustin-Archange Touadéra met en effet un point d'honneur à discuter avec les groupes armés. En septembre, à l'occasion d'un remaniement, il en a même intégré plusieurs représentants au gouvernement.

« Le dialogue avec les groupes armés est au centre de nos stratégies, et ceci associé aux actions politiques importantes d'ouverture pour favoriser l'implication de tous les fils et filles de notre pays à ce processus vital de sortie de crise et de consolidation de la paix », a rappelé le chef de l'Etat.

Antonio Guterres a lancé lui un appel aux groupes armés pour qu'ils désarment et cessent les violences. Le secrétaire général de l'ONU a par ailleurs renouvelé son soutien à l'initiative africaine de paix lancée par l'Union africaine, la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) et les pays de la région notamment.

Initiative sur la même ligne de dialogue avec les groupes armés, mais qui peine à démarrer. « Si nous avons l'argent, nous irons rencontrer tous les groupes armés sur le terrain pour leur dire qu'il est temps de cesser les violences, assure Adolphe Nahayo, le représentant de la CEEAC à Bangui. Ils ont un cadre de revendications devant témoins, si je puis dire, vis-à-vis du gouvernement, et nous espérons que d'ici peut-être six mois nous pourrons arriver à un accord. »

« Nous savons qu'ils mettront la barre haut, mais nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout », poursuit Adolphe Nahayo.

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