2 Novembre 2017

Afrique: Liberté de presse dans le continent - Voici les prédateurs et les protecteurs

La liberté de presse reste menacée dans plusieurs pays en Afrique. Alors que le monde entier prône la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, nous levons le voile sur les pays africains prédateurs de la liberté de presse.

La Somalie et le Sud-Soudan, deux "assassins" de la liberté de Presse

La liberté de Presse est menacée dans bien de pays africains. Le baromètre 2017 de Reporter Sans frontière (RSF) recense sur le continent deux pays particulièrement meurtriers pour les journalistes. La Somalie, le Sud-Soudan sont les pays qui se sont révélés plus dangereux pour les professionnels des médias en 2017. Au total trois journalistes ont perdu la vie dans ces deux pays.

Le 14 octobre 2017, Ali Nur Siad-Ahmed, freelance cameraman de Vox of Africa est tué en Somalie. Un mois plus tôt, le 13 septembre 2017, c'est Abdullahi Osman moalim de Codka Hiraan et Jubbaland Tv qui est tué. Ce qui fait pour la seule Somalie deux assassinats ! L'autre pays dangereux pour la liberté de Presse est le Sud-Sudan avec un mort, Allen Christopher tué le 26 août 2017.

Des journalistes sous les verrous

L'Egypte détient le triste record. De 2013 à 2017, 15 journalistes sont emprisonnés. Sous Al-SISI, la Presse est sous contrôle. Autocensure, persécution mettent en mal la liberté de Presse. L'Ethiopie détient quatre journalistes dans ses prisons, tenant la deuxième place des pays africains qui bâillonnent les professionnels des médias.

Au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Niger, en Lybie, en RDC, en Somalie, au Tchad, Reporter Sans frontière recense au moins un journaliste emprisonné. Alpha Bary, le 30 mars au Niger ; Mahmoud Hussein Jomaa de Al Jazeera le 23 décembre 2016 en Egypte ; Hamid El Mahdaoui le 25 juillet 2017 au Maroc ; Shiferraw Insermu de Ethiopian Television, le 22 avril 2004 en Ethiopie... la liste et les dates sont bien longues et le tableau sombre pour la liberté de Presse de Presse sur le continent.

Collaborateurs de médias, l'autre cible des prédateurs africains de la liberté de Presse

Le champion des persécuteurs des collaborateurs des médias en Afrique, c'est l'Erythrée. Ce pays de la corne d'Afrique a emprisonné quatre collaborateurs de journaliste depuis 2007. Parmi eux, deux de la chaîne publique dont l'identité de l'un reste inconnue. Le Maroc, dans son conflit avec le Sahara Occidental vient en deuxième place avec trois détentions.

En Algérie, Said Chitour est en prison depuis le 3 juin 2017.

Sur ce plan, l'Afrique fait pire que le géant dictateur asiatique, la Corée du Nord qui ne compte qu'un cas. Encore pire que la Syrie qui ne retient que deux collaborateurs de médias.

Les journalistes citoyens dans l'œil du cyclone

Eux, sont de véritables lanceurs d'alertes, activistes et éveilleurs de conscience. Ils sont peut-être les pires cauchemars des régimes de dictature. Sur le continent, huit d'entre eux sont jetés en prison. Le tableau présenté par RSF pour le baromètre 2017 place le Maroc en tête.

Le pays de Mohammed VI a détenu quatre journalistes citoyens. Tous sont emprisonnés entre mai et août 2017. L'Algérie enregistre un détenu. Même quota pour l'Egypte, l'Ethiopie, la Mauritanie. En 2017, dans le monde, 47 journalistes; 5 journalistes citoyens de même que 8 collaborateurs de médias ont été tués. 167 autres journalistes croupissent en prison. 113 journalistes citoyens restent détenues et 13 collaborateurs sous les verrous.

Des lueurs d'espoirs pour la liberté de Presse en Afrique

Tout n'est pourtant pas noir sur le continent qui, dans le classement général de RSF, peut se féliciter de la position de certains pays. 24è sur 180 pays évalués par reporter sans frontière, la Namibie est le premier pays africain bon élève pour la liberté de Presse. Quoi que !

26è, le Ghana présente une fiche bien meilleure. Reporter sans Frontière reconnaît l'existence d'un pluralisme et d'une indépendance de la Presse. Mais là aussi, depuis 2014, RSF signale une dégradation des conditions de travail des médias au Ghana. Un tableau moins reluisant peint sous l'ancien régime de John Dramani Mahama. Sous son mandat, le Ghana a connu des « arrestations de journalistes et des raids menés contre des médias », a relevé RSF. Au Cap-Vert, « le dernier procès pour diffamation remonte en 2002 », souligne RSF qui classe le pays au 27è rang juste derrière le Ghana. A eux trois, la Namibie, le Ghana et le Cap-Vert sont l'espoir de la liberté de Presse en Afrique.

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