4 Novembre 2017

Algérie: Karim Moussaoui brosse le portrait d'une société mouvante

Le réalisateur algérien, auteur de deux courts-métrages, dévoile dès la semaine prochaine au grand public son premier long métrage, "En attendant les hirondelles". Une œuvre cinématographique imprégnée de cette vision mouvante de la société algérienne, avec des personnages eux aussi situés à des "carrefours" de leur vie.

Sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie "Un certain regard", le film entrelace trois histoires : celle d'un promoteur immobilier témoin d'une agression nocturne, d'une jeune femme qui retrouve un amour à la veille de son mariage et d'un médecin confronté à son passé.

Pour le réalisateur de 41 ans, « ces personnages arrivent à des moments où ils sont amenés à remettre en question leur choix de vie ».

« C'est un scénario que j'ai commencé à écrire en 2009, parce que je me posais à cette époque beaucoup de questions » sur « le processus du changement, du mouvement intérieur. »

Le film suit les routes qui traversent Alger, Constantine, Biskrah. Il saisit les personnages à la lumière orangée des lampadaires, sous les arbres parcourus par le vent, dans la terre d'un bidonville, avec des parenthèses musicales puissantes dont une, inattendue et joyeuse, au coeur du film.

La question de la corruption, le poids du patriarcat et les violences de la guerre civile apparaissent, mais en filigrane, à travers ces histoires.

Et si le titre du film peut faire penser au Printemps arabe, il n'a aucun lien avec les soulèvements qui ont ébranlé l'Égypte, la Tunisie ou la Libye en 2011.

« C'est déjà un titre que j'avais entre 2009 et 2010 », précise le réalisateur. «Ce qui m'intéresse, c'est le mouvement des individus, le printemps des individus. »

Karim Moussaoui, né en 1976 à Jijel, d'un père ingénieur et d'une mère professeure de français, raconte être venu « progressivement » au cinéma, dans le ciné-club Chrysalide à Alger, puis en tant que responsable de la programmation à l'Institut français de la capitale algérienne.

Après deux courts-métrages, il a réalisé un moyen-métrage sélectionné aux Césars, « Les jours d'avant » (2015), imprégné de sa propre adolescence : il y narrait une rencontre manquée entre deux jeunes au moment des premières violences de la « décennie noire », la guerre civile des années 1990 en Algérie.

Dans le long-métrage, « les personnages n'essaient pas de régler ce qui s'est passé pendant cette période-là, ils essaient de vivre avec. Ils décident d'exorciser un peu cette forme de malédiction qui est arrivée pendant cette période-là. »

C'est aussi cette décennie qui marque, selon lui, la rupture entre deux générations de cinéastes en Algérie, après le cinéma engagé des années 1960-1970 et le ralentissement des années 1980 lié à la crise économique.

« Ceux des années 1960-1970 continuent à travailler, et il y a de nouveaux arrivants, dont je fais partie.

Mais j'ai le pressentiment que le jour où on pourra parler de cinéma, où on sentira qu'il y a une vie cinématographique, c'est le jour où on rouvrira les salles », ajoute le réalisateur. « Il reste beaucoup à faire.

Il y a des réalisateurs, des producteurs », mais « sur le plan industriel, le système n'est pas encore en place, on a du mal à faire revivre des salles, très peu de gens travaillent dans le cinéma », regrettait-il.

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