6 Novembre 2017

Burundi: La musique au Burundi, une affaire de loosers ?

Faire de la musique au Burundi revient quelques fois à une perte de temps. Peu d'artistes y vivent de leur art, des conflits puérils entre musiciens, le droit d'auteur est une utopie. Paradoxalement, comme le souligne le blogueur Carrel Ntunga, certains pays de la sous-région comme le Rwanda, ont fait du secteur musical un atout pour le développement, et ça marche.

Souvent on entend dire que la musique rwandaise est plus évoluée que celle du Burundi. Actuellement, si on demande à certains mélomanes burundais de faire une petite comparaison entre les artistes rwandais et ceux de leur pays, la réponse est sans équivoque: «Les seuls chanteurs burundais qui sont au même niveau que les Rwandais sont Big Fizzo, Sat B et Kidumu ». Un classement peut-être subjectif mais révélateur.

Les artistes du pays des mille collines ont un niveau de vie supérieur à ceux du pays de Ntare, et cela se fait ressentir dans les productions : « le Rwanda a déjà dépassé le Burundi. Leur technologie est beaucoup plus avancée que la nôtre en matière de production et arrangement musical », avoue Hakizimana D., bassiste qui évolue à Kigali depuis 2015.

Pour le jeune artiste, tout dépend aussi de l'angle d'analyse : « les Rwandais sont sollicités par différents mécènes qui organisent des grands concerts où se produisent plusieurs artistes locaux et internationaux. Mais les Burundais restent les plus talentueux quant à la technique musicale, ayant joué depuis longtemps du live ». Ce qui fait la différence, « chez nos voisins, la musique a pris une grande place dans le développement économique et touristique du pays et ainsi de plus en plus d'investisseurs orientent leurs capitaux dans ce secteur ».

Sinon, assure-t-il : « le métier de musicien peut faire vivre une famille partout comme tout autre métier. Le problème est qu'au Burundi on n'a pas encore su comment développer ce secteur et celui qui s'y consacre est perçu comme un looser. Pourtant, comme tout travail, si on bosse dur, on peut avoir de bons résultats ».

Que faire ?

Tous les concernés doivent y mettre du leur. Les musiciens et arrangeurs musicaux burundais doivent travailler deux fois plus dur pour satisfaire les mélomanes et le marché musical local. Les médias burundais ont aussi la responsabilité de promouvoir en premier les artistes locaux. A titre d'exemple, pourquoi la RTNB ne rouvrirait pas son studio d'enregistrement, autrefois tremplin pour les Canjo Amissi, Africa Nova,... , aux grands artistes et débutants ?

L'Etat devrait à son tour soutenir encore plus les musiciens en leur offrant de grandes occasions de se produire et surtout avec un bon cachet à la clé. Mais le plus important serait un environnement politico-sécuritaire sain pour attirer les investisseurs et encore plus d'artistes étrangers au Burundi, comme cela se remarque au Rwanda. Kendrick Lamar à Bujumbura pour 2018 ? Pourquoi pas ?

Burundi

Nouveau round du dialogue de sortie de crise annoncé comme décisif

Vers une relance d'un dialogue inter-burundais en crise depuis plus d'une année. L'équipe du facilitateur… Plus »

Copyright © 2017 YAGA. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.