6 Novembre 2017

Bénin: Sexe, boissons, ambiance... Cotonou et ses délirantes nuits

 « La nuit, tous les chats sont gris », dit-on. A Cotonou, la nuit, l'ambiance est garantie. Chacun, en fonction de ses moyens, s'y plaît.

Les anciennes gloires de l'ambiance à Cotonou ont perdu de leur superbe. Les jadis coins chauds de la mégalopole béninoise ont fait place à de nouveaux lieux d'ambiance qui ne désemplissent pas. En week-end et parfois même en semaine, Cotonou vibre et vit. Et ce n'est pas pour déplaire à ses habitants et ses visiteurs qui y prennent plaisir.

Si jusqu'à un passé récent, il fallait se rendre dans la célèbre rue du carré 401 pour découvrir les belles filles de nuit, la tendance a changé depuis peu. Jonquet le haut lieu de prostitution à Cotonou se réduit de plus en plus en à un résidu de vieilles filles sans grand attrait. Leurs aguichantes tenues et les sifflements intempestifs n'attirent plus grand monde.

Les soirs, Jonquet est de plus en plus désert et on peut aisément se rendre à l'évidence de l'ennui des belles de nuit qui errent, flânent et se consolent de quelques rares clients fidèles ou encore de la cigarette et de la boisson.

Même l'un des bars les plus animés du coin où on pouvait quelle que soit l'heure se délecter a disparu. Preuve que l'ex royaume du sexe, Jonquet touche son déclin.

« Je ne peux pas vraiment dire que je me prostitue ici. Je suis plutôt dans les rencontres et les amitiés. Je ne couche jamais avec une personne rencontrée le même soir. Si je le fais, c'est qu'il a vraiment misé gros »

Mais l'empire des belles de nuit s'est reconstitué, ailleurs dans la ville. De nouveaux lieux ont germé à plusieurs endroits de la ville où le mercato des cuisses et des fesses bat son plein dès la tombée de la nuit.

L'esplanade extérieure du stade de l'Amitié de Cotonou de Kouhounou tient le pavé haut sur la liste. A la folle ambiance de nuit distillée par les bars, maquis et restaurants qui ceinturent le stade s'est associée une race de filles de nuit qui n'a pas l'air de chômer. Tous les profils sont au rendez-vous. Les minces, les grosses, les moins grosses, les amatrices, les professionnelles, les occasionnelles...

A Cotonou, la ville est aussi animée les nuits

Nous avons rencontré l'une d'elles : Marlène (Nom d'emprunt), 23 ans en fin de formation en tourisme dans une école pourtant de renom de Cotonou.

« A la différence des autres filles au stade », elle dit « ne pas faire le trottoir », mais plutôt du business. « Je ne peux pas vraiment dire que je me prostitue ici. Je suis plutôt dans les rencontres et les amitiés.

Je ne couche jamais avec une personne rencontrée le même soir. Si je le fais, c'est qu'il a vraiment misé gros ». La mise ?

Elle est comprise entre 25.000 et 50.000F Cfa. A ce tarif, la jeune étudiante en fin de formation qui se balade en tenue anodine, tresses longues, tapettes et I-phone en main peut offrir son corps à qui a le portefeuille lourd.

Quand elle ne choisit pas un bar du stade avec une « bonne boisson » sur sa table, elle fait la ronde, marque des arrêts par moment, comme si elle attendait « un ami ». Autre chose, ne l'approchez pas si votre voiture n'est pas de la haute gamme. Si non, elle vous envoie balader.

Mais toutes les filles du stade ne jouent pas dans la champions league sexuelle. Certaines font avec et fonctionnent selon leurs besoins.

Surtout les plus petites. Entre 3000 et 5000F Cfa la passe, elles sont embarquées, se livrent et reviennent se positionner pour nouveaux tours. L'une d'entre elles, 17 ans raconte que chaque soir, c'est entre cinq et sept clients.

Aux côtés de sa sœur ainée, elles disent « mener la belle vie » et « ne manquent plus de rien ». Si ces deux orphelines de père en sont venues à la rue, c'est parce que leur maman, ex-prostitué a pris de l'âge et ses services sexuels n'attirent plus les assoiffés de sexe dans la nuit.

Conséquence, elle s'est reconvertie en vendeuse de tisanes, non loin du stade et a « aidé » ses deux filles à intégrer le monde de la nuit. Une activité dans laquelle elles disent exceller de fait de leurs atouts physiques.

Mais elles ne sont pas seules, à leurs côtés, de nombreuses autres filles, béninoises et étrangères bossent aussi. Certaines ont abandonné d'anciennes « rues du sexe » pour se réfugier au stade où les clients défilent sans cesse. Mais ce n'est pas pour autant que çà désemplit ailleurs.

« ... Le quartier est toujours envahi par les prostitués malgré les fréquentes descentes de la police. Pour tromper la vigilance des gens, elles mettent des tenues moins sexy, mais trouvent toujours un moyen de se vendre ».

Gbégamey, l'indétrônable

Il est difficile de dire comment Gbégamey s'est imposé comme l'un des fiefs de la prostitution à Cotonou. Même d'anciens habitants du quartier ont du mal à faire l'historique. Amouda Tawa, 62 ans, fonctionnaire à la retraite qui y a passé presque toute sa vie s'essaye néanmoins.

Il attribue la création du marché du sexe dans ce quartier, pas moins animé de Cotonou aux transporteurs qui viennent y débarquer leurs marchandises ou garer leurs camions.

« C'est d'abord de petits commerces de nuit qui se sont constitués autour des rues où ils garent », soutient, évasif, le vieux. Le seul souvenir dont il est certain, c'est un bar situé dans la périphérie de la prison civile de Cotonou. Il pense même que « c'est la source des premières prostitués de Gbégamey ».

Les souvenirs du vieux lui sont-ils restés fidèles ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que le bar en question n'a pas disparu. Il est devenu certes délabré, mais a résisté au temps et continue d'être le point de ralliement des filles de joie qui arpentent son voisinage.

Le sexe à Gbégamey tient son QG dans la rue qui jouxte le collège du quartier, l'un des vieux de Cotonou et le Collège Notre Dame, l'un des établissements privés confessionnels de grande renommée de la ville, puis s'étend dans le prolongement de la rue de la prison civile de Cotonou.

Trop nombreuses sans doute, ces vendeuses de sexe arpentent à la tombée de la nuit, de nombreux autres emplacements du quartier comme la rue de la mosquée, la devanture du Centre de promotion de l'artisanat et les alentours du Hall des arts, loisirs et sports.

« Les années qui passent n'y ont rien pu faire. Le quartier est toujours envahi par les prostitués malgré les fréquentes descentes de la police. Pour tromper la vigilance des gens, elles mettent des tenues moins sexy, mais trouvent toujours un moyen de se vendre », commence Alexis, 32 ans, habitant du quartier.

A deux minutes de là, le New-York Club situé à l'intérieur du Hall des arts. Les allures de boîte de nuit de ce club ne sont que trompeuses.

En réalité, c'est une « cage » à filles de filles de joie où expatriés, touristes et autres clients nantis viennent s'abreuver avant de partir avec la fille de son choix, une fois que le tarif est bien négocié. De la tombée de la nuit au petit matin. Un spectacle incessant d'aller-retour client-filles...

Le diktat des bars climatisés

La nuit à Cotonou ne se milite pas au sexe. C'est surtout une ambiance qui coupe le sommeil et donne à célébrer la nuit comme le jour. Maquis, buvettes, restaurants, bars... De quoi permettre aux noctambules d'avoir des nuits à ennui zéro. A la bonne bouffe s'associe de la bonne musique et surtout des boissons pour qui en veut.

Face à la petite clientèle en quête du meilleur et parfois très exigeante, les promoteurs des espaces de diversement rivalisent d'ardeur et d'ingéniosité. Pour se distinguer, chacun d'eux trouve sa particularité. Quand ils ne jouent pas sur des spécialités culinaires, ce sont des soirées promo.

Certains frappent encore plus fort et invitent des artistes pour des shows. Pour çà pour « appâter la clientèle et faire de bonnes affaires », confie Alino, un tenancier de bars. Chez lui en tout cas, « il y a toujours une innovation à chaque week-end pour drainer du monde ». Sa dernière trouvaille, les promo boissons.

« Deux achetées, une offerte ». Sauf que cela ne marche pas à tous les coups. « Il faut communiquer, faire de petits visuels, les partager sur dans les foras Whastapp et partager l'information avec les amis et la famille », soutient un autre promoteur rencontré à Godomey, un autre quartier de Cotonou.

Mais les bars climatisés ont poussé tel des champignons dans la ville et ont envahi presque toutes les rues au point que les non-climatisés perdent la face devant la clientèle d'un certain standing. Les fils à papa, les nouveaux riches, les personnes d'un certain âge et les Cotonois aux portefeuilles lourds préfèrent les coins à leur goût.

Leur première destination, la Haie vive. Dans ce quartier riche de Cotonou, tout y est. Restaurants, boîtes de nuit, espaces de jeux, glaciers, casino... Sur une seule rue, tout ce qu'il faut pour le divertissement. Rien ne manque à l'appel.

A partir d'une certaine heure, circuler devient un calvaire dans cet endroit et ici aussi, les belles de nuit ne se font pas prier. Les « filles de joie haut de gamme » comme on les appelle apportent leurs grains de sel à l'ambiance de nuit.

Les California clubs, l'autre goût de la nuit

On croyait révolu le spectre des stripteaseuses à Cotonou. Depuis le scandale occasionné par le striptease club Las Vegas de Cotonou, certains ont pensé que ce spectacle qui drainait du monde a disparu. Erreur ! Les California clubs ont repris le travail de fort belle manière. Dans Cotonou et environs, quatre clubs où tous les soirs, le spectacle des filles nues s'installe et prend son envol.

Tous les coups sont permis et certaines soirées particulières sont organisées et pimentées à haute dose pour emballer les clients.

Serveuses et danseuses presque à poil déambulent sous des lumières tamisées. Si les serveuses elles sont souvent en tenue extravagantes, les danseuses, elles, sont en lingerie, souvent des bikinis, ou alors des strings surmontés par de jolies perles et de quoi cacher les bouts de seins.

Le reste de leur féminité est livrée gracieusement à la vue de la clientèle qui elle paye le tarif pour. Si l'entrée au California est gratuite, le prix de la boisson est étudié et fixé en conséquence.

En semaine comme en week-end, les soirées Hot sont organisées. Les mercredis dans certains clubs, la clientèle est invitée en plus de la presque obscurité des lieux à se masquer le visage. Tous les coups sont ainsi permis et chacun en fonction de ce qu'il aurait négocié avec la stripteaseuses peut s'assurer son fantasme.

Les jeudis, « soirées 100% délire ». A l'occasion, les filles déploient l'outrecuidance sans limite. Rien qu'à leur sobriquet, on peut deviner de quoi elles sont capables.

Ce qui est certain, c'est que dans les California clubs, l'ambiance de nuit a une autre couleur, une autre ambiance et ce n'est pas pour déplaire aux noctambules qui viennent y prendre leurs pieds.

Bénin

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