6 Novembre 2017

Madagascar: Assemblée nationale - Le projet de motion de censure coince

L'initiative d'engager une motion de censure contre le gouvernement serait au point mort. Des députés affirment ne pas être au fait de la démarche.

Stand-by. La motion de censure contre le gouvernement, que concoctent certains députés, semble caler. La collecte de signatures lancée depuis un peu plus d'une semaine piétinerait.

Les députés à la source de l'initiative connaîtraient des difficultés à atteindre le quota nécessaire pour intenter une fronde contre l'équipe de Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre.

La Constitution dispose que la motion de censure n'est recevable que si elle est signée par la moitié des membres de l'Assemblée nationale [et] elle n'est adoptée que si elle est votée par les deux tiers des députés.

« La démarche, pour l'instant, est à notre niveau, les députés pro-pouvoir. Cela s'élargira incessamment aux autres groupes parlementaires. Le processus ne s'arrêtera plus. Elle se concrétisera avant la fin de cette session », affirme le député Nicolas Randrianasolo, qui se présente comme le fer de lance de l'initiative.

Questionné sur le sujet, en marge d'un événement, la semaine dernière, Jean Max Rakotomamonjy, président de la Chambre basse, affirme ne pas être au courant de l'existence d'une telle démarche. « L'Assemblée nationale est aussi, un terrain politique, il n'est pas à écarter que des députés y pensent. Je ne crois, cependant, pas que ce soit le cas car, le pays a besoin de stabilité (... ) », a-t-il plaidé.

Des élus réputés d'opposition et d'autres partisans du pouvoir, affirment ne pas être au courant d'une collecte de signatures pour une motion de censure. D'autres, concèdent avoir eu vent de l'information mais n'ont pas été contactés, jusqu'ici.

Défaillance

« Il n'y a aucune initiative pour défaire le gouvernement à l'Assemblée. J'ai appelé d'autres députés, tous affirment ne pas être au courant d'une telle démarche », a affirmé le député Jean Adrien Vanovason, questeur à l'institution de Tsimbazaza. « J'en ai eu vent. Pour ce qu'il en est de la collecte de signatures, personne ne m'a contacté », a déclaré, quant à lui, le député Abel Zafimahatratra.

Dans les rangs des critiques du pouvoir, la députée Marie Thérèse Volahaingo, affirme, elle aussi, ne pas avoir été contactée par ceux qui seraient à l'initiative de la fronde contre l'équipe gouvernementale. « Souvent, certains députés pro-pouvoir utilisent la menace de fronde contre le gouvernement comme argument pour obtenir des faveurs financières ou un règlement de compte. Ce qui est malheureux c'est que c'est l'image de tous les membres de l'institution qui est entachée », déplore-t-elle.

Un membre du groupe parlementaire, réputé d'opposition, affirme, néanmoins, que si on nous contacte pour signer en faveur de la motion de censure, nous le ferons. Une adhésion des députés opposants, au pouvoir à l'initiative de soubresaut contre le team Mahafaly, atteindrait aisément le quota constitutionnellement requis. D'autant plus que, le député Randrianasolo martèle : Ce sont nous les députés pro-pouvoir qui sommes à la base de cette initiative.

L'élu de Betroka dément un éventuel règlement de compte, ou tout intérêt financier, derrière sa démarche. Outre le fait d'écarter des sphères dirigeantes, ceux qui soutiennent le pouvoir depuis le début, le député Randrianasolo et ses acolytes reprocheraient à l'Exécutif l'inef- ficacité du gouvernement. L'élu pointe particulièrement du doigt le chef du gouvernement et les ministres.

« La Constitution prévoit qu'il est le chef de l'administration. Suite aux multiples bévues des membres de l'administration, pourtant, c'est toujours le chef de l'État, qui subit les feux croisés de l'opinion. Le Premier ministre et son équipe eux, semblent toujours épargnés alors qu'ils sont défaillants sur plusieurs urgences et nuisent à l'image du pouvoir. Certains ministres ne semblent faire que de la figuration », fulmine-t-il.

Le député Randrianasolo, est, toutefois, moins parlant au sujet du nombre de signatures collectées pour intenter la motion de censure contre le gouvernement. Aux dernières nouvelles, le compteur est bloqué à environ une quarantaine de signatures collectées.

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