8 Novembre 2017

Cote d'Ivoire: Le général Deto Letoh à la CPI - "J'ai dit qu'il n'était pas bien qu'on déclare Abobo zone de guerre"

Photo: Barnus Sevi Gbekide
Un combattant dans le quartier d'Abobo à Abidjan

Hier, a débuté à La Haye, l'interrogatoire de l'ex-commandant de l'armée de terre ivoirienne sous Laurent Gbagbo, le général Firmin Detoh Letoh.

Ex-collaborateur direct de l'ex-chef d'état-major Philippe Mangou, l'officier ivoirien est revenu sur la chaîne de commandement, lors de la crise postélectorale de 2011 et donné son opinion sur certains épisodes du conflit.

« L'armée n'est pas là pour tuer les populations. Notre rôle, c'est de les défendre, de les protéger », a-t-il dit, rappelant que les Forces de défense et de sécurité (Fds) avaient affaire, à Abobo, au « commando invisible » du défunt sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit IB, tué lors du conflit.

« J'ai dit qu'il n'était pas bien qu'on déclare Abobo zone de guerre », a-t-il rappelé. « J'ai dit qu'il n'est pas bien qu'on prenne une ville comme une zone de guerre.

S'il y avait quelque chose après, la Cpi, notamment, ne va pas pardonner au Président Gbagbo de prendre un quartier comme une zone de guerre », avait déjà prévenu le témoin, lors de la crise.

Pour lui, cela aurait été « une faute grave » de la part de l'ex-Chef de l'Etat Laurent Gbagbo de déclarer une zone de guerre à Abobo, commune la plus peuplée d'Abidjan.

Lors d'une réunion avec les hauts gradés, Gbagbo, selon Detoh Letoh, avait indiqué sur ce point « qu'il allait voir ». Déclarer Abobo zone de guerre équivalait à en en faire un théâtre de guerre, donc à y utiliser des armes de guerre.

« Abobo était très très très difficile pour nous. A Abobo, on nous tirait dessus avec des armes de guerre », a déploré Detoh Letoh.

« Quand nous avons vu que les choses se compliquaient à Abobo, l'armée est passée en tête des opérations », a-t-il dit, précisant que l'armée y effectuait « des patrouilles ».

« Au cours de la crise, il y a eu beaucoup de défections. On n'avait pas assez d'éléments sûrs dans les bataillons », a révélé le général ivoirien, qui a expliqué son rôle d'adjoint au général Philippe Mangou, lors des évènements.

« Je veillais à ce que les ordres soient complètement exécutés. Et s'il y avait un problème, je rendais compte au chef d'état-major », a affirmé le témoin dont l'audition se poursuit aujourd'hui.

61 ans, Detoh Letoh est le cinquième général ivoirien à être interrogé par la Cpi dans le cadre du procès de l'ancien Président Laurent Gbagbo et de l'ex-leader des jeunes « patriotes » Charles Blé Goudé coaccusés de « crimes contre l'humanité » et de « crimes de guerre » pour leur participation présumée dans la tragédie postélectorale qui a fait 3000 morts.

Ont déjà été interrogés avant Detoh Letoh, l'ex-Cema Philippe Mangou, l'ex-commandant supérieur de la gendarmerie Edouard Kassaraté, l'ex-commandant de l'école nationale de gendarmerie Guiai Bi Poin et l'ex-directeur général de la police nationale, Brédou Mbia..

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