7 Novembre 2017

Afrique: La Somalie au cœur d'une conférence entre militaires américains et africains

Photo: Daily Monitor
Des combattants Shebaabs

C'est une conférence pas comme les autres. Les forces armées américaines ont entamé mardi 7 novembre en Allemagne une rencontre de quatre jours à laquelle participent des officiers d'une vingtaine de pays africains.

Mais, pour une fois, il ne s'agit pas de hauts gradés issus d'académies militaires, mais de sous-officiers issus du rang.

Cette rencontre, la première en son genre, vise à renforcer les liens entre les sous-officiers américains avec des militaires africains perçus comme étant plus proches du terrain.

RFI, seul média sur place, a pu assister aux premières séances de travail. Même si elle avait lieu sur les rives du lac d'Eibsee, en Bavière, il a beaucoup été question de la Somalie.

Africom ne parle pas de lignes de front, mais de lignes d'efforts pour décrire les régions considérées comme prioritaires. La première ligne d'effort, c'est la Somalie.

La corne de l'Afrique risque de servir de base de repli pour les jihadistes en déroute après la chute de Raqqa, la capitale syrienne du califat proclamé par l'organisation Etat islamique.

Cela n'a pas échappé au chef d'état-major des armées, le général Dunford, qui déclare qu'il faut s'attendre à plus d'actions et d'agressions américaines en Afrique.

Le secrétaire à la Défense, Jim Mathis, ne dit pas autre chose lorsqu'il décrit son département comme un « ministère de la Guerre ».

Il ne s'agit pas que de paroles. Des drones américains ont tué, le mois dernier, des extrémistes en Somalie, pas des shebabs, comme c'est habituellement le cas, mais de présumés militants de Daech. La situation à Mogadiscio inquiète aussi les pays qui contribuent des troupes à l'Amisom, la mission de l'Union africaine pour la Somalie.

Mardi, à la conférence militaire organisée par le commandement américain, un participant kenyan a rapporté que les shebabs fabriquaient désormais des mines artisanales plus puissantes qu'avant.

Ses hommes et ses véhicules, a-t-il expliqué, en faisaient les frais. Qui pouvaient bien leur avoir expliqué comment faire ? Sa question, comme bien d'autres concernant la Somalie, est restée sans réponse.

 Le Nigeria également au menu des discussions

Au Nigeria, Africom parle d'une part de Boko Haram et d'autre part de l'organisation Etat islamique en Afrique de l'Ouest.

Mais l'une et l'autre des factions continuent, selon des sources américaines, à recruter des combattants, du moins des sunnites, car on trouve aussi des chiites au Nigeria.

C'est un des messages qu'ont fait passer des participants américains au premier jour de cette conférence militaire aux allures de colloque.

Le Nigeria continue de préoccuper Africom d'autant plus que le commandement américain croyait que ses jihadistes étaient passablement affaiblis en 2016.

C'était avant la libération d'une vingtaine d'otages, des lycéennes de Chibok, qui aurait rapporté des sommes importantes à leurs ravisseurs.

« A un moment donné, le bilan mortel avait commencé à descendre, explique le sergent Ramon Colon-Lopez, président des sous-officiers d'Africom. Beaucoup de combattants avaient fait défection : ils quittaient Boko Haram.

C'est un peu comme s'ils avaient été renvoyés dans les cordes. Ils étaient à bout de ressources. Ils ne pouvaient plus aller de l'avant. Et ce qu'on a constaté, c'est qu'après la libération des filles de Chibok, et le versement des rançons, les attaques ont recommencé. »

L'armée nigériane voudrait bien se consacrer pleinement à ce combat, a souligné un participant nigérian, mais les soldats de son pays remplacent bien trop souvent des policiers, que des civils ne veulent plus appeler à l'aide.

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