9 Novembre 2017

Afrique: MEDays 2017- Brahim Fassi Fihri plaide pour un souffle nouveau à l'Afrique

Photo: Institut Amadeus
M. Brahim Fassi Fihri, président de l’Institut Amadeus, lors de l'ouverture officielle des MEDays 2017, le mercredi 8 novembre à Tanger

L'un des problèmes qui se pose à l'Afrique, c'est sa dépendance vis-à-vis de l'aide étrangère et cette relation bailleur de fonds et bénéficiaire dont la démarche doit être questionnée.

Cette assertion est M. Brahim Fassi Fihri, président de l'Institut Amadeus. C'était à l'occasion de l'ouverture officielle de la 10ème édition du Forum International les, ce mercredi 8 novembre à Tanger (Maroc). Dans cette même dynamique, le chef de l'Etat guinéen, Alpha Condé, par ailleurs, président en exercice de l'Union Africaine plaide pour la redéfinition des paradigmes adossés sur les conditions d'une coopération d'égale à égale.

Le président de l'Institut Amadeus, plaide pour la réforme des relations entre l'Afrique et ses bailleurs de fonds. M. Brahim Fassi Fihri qui a présidé la cérémonie officielle de la 10ème édition des MEDays va presque dans le sens des observateurs qui suggèrent un Plan de reconstruction pour l'Afrique et la mobilisation d'importantes ressources.

Une invite qui se réfère aux enjeux sécuritaires et migratoires auxquels sont confrontés l'Afrique et l'Europe. Sur cette lancée, M. Fihri souligne que « la pauvreté et les crises constituent de dangereux catalyseurs pourtant, les chiffres montrent qu'en dépit des crises, c'est un continent en pleine croissance, plein de promesses et de capacités ».

Face à cette nouvelle donne, le président d'Amadeus avance sans ambages que « notre continent n'est pas à reconstruire, il est à développer et ce qui nous impose une autre forme de démarche ».

Saisissant la balle au rebond, le président guinéen estime que « les problèmes africains ne peuvent être résolus que par les Africains ». Il s'offusque ainsi de la pression qu'exerce une institution telle que le Fond monétaire internationale (Fmi) qui sursaute dès que la dette d'un pays africain atteint 30% de son Produit intérieur brute (Pib) alors que les pays européens ou asiatiques prennent plus de liberté sur ce domaine.

Président en exercice de l'Union Africaine, M. Condé demande de ne plus accepter que les problèmes africains soient réglés en dehors du continent. « Nous ne voulons  plus de donneur de leçon », avertit-il avant de regretter le Plan Lagos qui, à son avis, était bon pour le continent africain. A l'en croire, il a fallu qu'un fonctionnaire du FMI dise non pour que ce plan soit rejeté entrainant les conséquences désastreuses des ajustements structurels qu'ont connu les pays africains.

Dans cette dynamique, M. Condé pense que le Maroc peut jouer un très grand rôle dans l'économie africaine d'où la pertinence de son retour dans l'Union Africaine. Ce qui cadre avec les appels lancés dans le passé pour la responsabilisation de la jeunesse africaine mais aussi à une nouvelle révolution africaine autour de l'éducation, de la formation, de la sécurité, de la santé, et du développement du secteur agricole et de l'agro-alimentaire

Pour rappel, cette édition anniversaire des MEDays a convoqué la réflexion autour de « De la défiance aux défis : l'ère des grands bouleversements ».

Pour M. Fihri, en cette période de bouleversements géopolitiques, il est important de donner un nouveau souffle et de renforcer la voix de notre continent. Eu égard au contexte international il nous paraît vital de faire en sorte que des pôles de stabilité puissent structurer l'ordre international. A son avis, « l'Afrique doit être de ceux-là et l'axe Europe-Afrique sera un axe essentiel pour faire face aux développements de crises dans un contexte où le leadership mondial est plongé dans une forme d'imprévisibilité ».

La problématique de la relation Europe – Afrique soulignée en toile de fond a été évoquée dans la matinée de ce mercredi 8 novembre dans le cadre de l'« Initiative Euro-African Talks ». Une rencontre dont l'originalité était liée au fait que les panélistes étaient constitués d'anciens ministres en charge des questions migratoires. N'étant plus tenus de respecter une quelconque obligation de réserve, ces anciens responsables se sont lâchés avec toute responsabilité.

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