9 Novembre 2017

Cameroun: Yannicke Aubiège Azangue, championne multidisciplinaire !

Cette sportive camerounaise est une touche-à-tout. Yannicke Aubiège Azangue a débuté sa carrière sportive comme joueuse de tennis. Elle va sans doute l'achever comme boxeuse. Celle qui exerce dans un lycée de la ville de Douala comme professeur d'éducation physique et sportive a connu la réussite en boxe comme en tennis.

Après avoir été la reine du tennis au Cameroun en compétition civile et universitaire, elle s'est hissée au sommet sur les rings de boxe. Elle a fait mieux qu'en tennis en décrochant des médailles continentales. Depuis 2010 elle gagne sans discontinuer. Azangue, c'est aussi une tête bien faite qui aligne les performances sur les bancs. Elle poursuit des études en master de droit après avoir décroché le concours d'entrée à l'Institut national de la jeunesse et des sports en 2010. Ce qui n'est pas courant chez les sportifs au Cameroun. Portait d'une athlète on ne peut plus atypique.

Elle a réalisé sa dernière grosse performance en juin 2017. Yannicke Aubiège Azangue s'est offert la médaille d'or de la catégorie des 69 kilogrammes aux championnats d'Afrique de Boxe disputés au Congo-Brazzaville. Yannicke Azangue a triomphé des redoutables boxeuses maghrébines.

Sa victoire a été saluée par le président de la fédération béninoise qui ne la voit pas ailleurs que sur les podiums lors des prochains rendez-vous mondiaux. « J'ai été félicitée par les présidents des fédérations béninoise, congolaise, ivoirienne et centrafricaine de boxe. Le dirigeant béninois m'a dit que mon niveau très élevé devait me permettre de devenir au moins vice-championne du monde. Ce sont autant de choses qui me galvanisent, me motivent. Je crois que je vais continuer à travailler dur pour continuer à exceller », envisage la championne.

Azangue a remporté l'or pour la première fois en 2010 aux 2èmes championnats d'Afrique de Boxe qu'accueillait son pays. C'était un an après son entrée dans les compétitions de boxe. La championne du Cameroun de la catégorie des 69 kilogrammes parlait déjà de représenter « valablement » son pays aux championnats du monde de cette année-là. 8 ans après ses débuts la championne de 29 ans a de bonnes raisons de se montrer satisfaite de son évolution.

Mais il lui aura fallu faire d'importants sacrifices pour obtenir les bons résultats qu'elle savoure aujourd'hui. Car après avoir mené de front les carrières de boxeuse et de tenniswoman pendant deux ans, la reine du tennis camerounais va être obligée de délaisser la petite balle jaune. Nous sommes en 2012 et Azangue prendre du poids pour être éligible dans la catégorie des 75 kilogrammes qu'elle vient de rejoindre. Ce qui d'office la handicape dans la pratique du tennis.

Du tennis à la boxe

C'est un moment difficile pour la passionnée qu'elle est. Aujourd'hui encore, elle en éprouve de la nostalgie.

« Ce n'est pas évident de ne pas y penser. Ma renommée ou ma popularité provenait du tennis. A chaque fois il y avait beaucoup de tournois et de médiatisation. Sachez que j'ai commencé par la boxe. Mais comme il n'y avait pas de fille qui la pratiquait je me suis arrêtée. Mon père qui m'avait initiée dès ma tendre enfance m'a dit à un moment que je devais comme mes frères choisir une discipline autre que la boxe. J'ai choisi le tennis et mes frères le basket-ball.

J'ai eu à les accompagner et j'ai donc eu des notions de base en basket-ball. J'ai commencé le tennis vers l'âge de 13 ans. J'ai été plusieurs fois championne du Cameroun, des Jeux universitaires et même à l'international », explique la timide jeune femme. Mais que c'est difficile ! « En prenant un pareil risque il fallait donc gagner forcement .Donc avant le championnat d Afrique j ai d abord confirmer ma place de numéro 1 national en tennis « Il est vrai que pratiquer deux disciplines n est pas chose aisée. Surtout qu'avant de retrouver mes coéquipières en stage, le tournoi open de la saison de tennis avait coïncidé avec la première semaine et par la suite j'ai glané un autre titre ; celui de championne d Afrique de Boxe », nous racontait-elle en 2010.

La carrière tennistique de Yannicke Aubiège Azangue démarre en 1999. Elle va s'arrêter presque aussitôt à cause d'une blessure au genou qui l'éloignera des courts pendant quatre ans et demi. Elle se blesse lors d'un tournoi international en Afrique du Sud en 2003. Avant que cet accident survienne, Azangue brille déjà. Elle remporte son premier succès lors des lors des Jeux de la Fedération Nationale du Sport Scolaire (FENASSCO). Elle va ensuite intégrer les équipes nationales minime et cadette du Cameroun. Elle deviendra championne nationale chez les cadettes et sera surclassée, pour représenter son pays en 2003.

Une tête bien faite

Le temps de se soigner elle obtient son Bac et s'inscrit à l'université de Douala. Elle va braver les douleurs que lui inflige son genou malade et se qualifier pour représenter l'Université de Douala aux jeux Universitaires de Buea en 2006. Mais en 2007 Yannicke fait une rechute.

Elle sera immobilisée un an et effectuera un retour victorieux. Car la championne remporte coup sur coup la médaille d'or aux Jeux universitaires et le tournoi Open SOCATRACO organisé par la Fédération camerounaise de tennis.

« Quand on reste longtemps sans jouer, ça fait qu'on a une certaine rage. Je ne sais pas si je suis la seule à réagir de cette façon, toujours est-il qu'à mon retour après quatre années et demi d'inactivité, sept mois d'entraînement ont suffi pour me remettre en condition. Je dirais que la réussite n'est pas d'aller de succès en succès, mais c'est la capacité et l'humilité de se relever lorsqu'on est tombé. On dit: » tout ce qui ne tue pas rend fort et tant qu'on vit, ne considérons jamais l'échec comme une défaillance, mais plutôt comme un tremplin, une réussite, une référence. », déclame Yannicke Aubiège Azangue. La championne est aussi un crack sur le plan intellectuel.

Celle qui toute petite rêvait de devenir magistrate a réussi à se hisser jusqu'en Master de droit. Dans le même temps, la jeune femme a été reçue au concours d'entrée à l'Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Elle en est sortie nantie d'un diplôme de professeur d'éducation physique et sportive. C'est au lycée d'Akwa dans la ville de Douala qu'elle débute sa carrière d'enseignante. Difficile pour elle dès lors de passer inaperçue.

Ses élèves l'ont prise pour modèle. « Beaucoup d'élèves éprouvent de la joie à m'avoir pour enseignante. Ils voient dans la sportive internationale que je suis un modèle. Un modèle parce que je fais un peu de tout et je le fais bien. A travers vous et la qualité de votre enseignement ou de votre expression, les élèves et particulièrement les filles se mettent à dire : « nous aussi on veut devenir comme vous, nous aussi on veut apprendre à boxer et devenir championnes comme vous ».

C'est très important. Particulièrement au sein du lycée où j'enseigne les jeunes filles sont particulièrement motivés à pratiquer le noble art », explique mademoiselle Azangue.

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