9 Novembre 2017

Cameroun: Hommage au Dr Félix Roland MOUMIE

Jamais l'UPC n'aura été aussi proche à la fois de l'effondrement total et d'une victoire inattendue.

L'effondrement, plus probable, était et reste inscrit dans les déchirements qui la caractérisent désormais ; parce qu'aucun de ses groupes n'a ni programme réel ni perspective dans un pays en crise profonde.

La victoire, inespérée, pourrait naître des Etats Généraux du sursaut patriotique qui conduiraient ses militants, tous groupes confondus, à mettre en œuvre une trilogie gagnante à savoir :

1° Désigner une candidate de Grand Nord à l'Election Présidentielle de 2018 ;

2° Avancer une solution positive à la crise anglophone plus que jamais dans l'impasse ;

3° Appuyer la mobilisation populaire pour exiger la vérité sur l'assassinat de Mgr Jean Marie Benoît Bala.

Au plan organisationnel, nous suggérons humblement, comme doyen, que ces assises puissent se tenir à Douala, à la Permanence du Parti de Bonantoné, avec la permission et le soutien de la Présidente et du Bureau du Comité Directeur de l'UPC officielle, le Samedi 25 Novembre 2017.

Trente délégués viendraient de cette UPC officielle, quinze délégués de l'UPC des Fidèles, et quinze du Manidem (huit d'Ekanè et Sept de Yebga). Une dizaine de places seraient réservées à des responsables non classés parmi les groupes ci-dessus mais désireux de participer à ces Etats-Généraux, qui voudront bien se signaler. Soit au total soixante dix participants.

Pourquoi maintenant ? Parce qu'il n'y a pas de temps à perdre : onze mois à peine pour se mettre en ordre de bataille en vue d'une élection présidentielle, c'est très peu de temps.

Ne faut-il pas attendre des « Primaires » au sein du Parti ?

(Qu'on organiserait certainement le plus tard possible... ). Non ! Ce serait une arnaque contre l'UPC, au profit des tribalistes qui veulent figurer en concertation avec le parti au pouvoir et décrocher un poste ministériel dans le régime en place, alors que l'UPC peut et doit se battre avec sa candidate du Grand Nord pour gagner.

Les Etats Généraux de l'UPC sortiraient relativement le parti du cercle ethnique dont les ressortissants déclarent ouvertement vouloir que le candidat de l'UPC à l'élection présidentielle soit nécessairement de leur ethnie même s'il n'a aucune chance de recueillir des voix en dehors de la tribu.

Les soi-disant « primaires » (avec un collège électoral fortement tribal) entre une candidate originaire du grand Nord, qui peut recueillir un large soutien des populations dans le Grand Nord et dans le reste du pays, d'une part, et d'autre part, des bassa'a ne comptant que sur la solidarité ethnique , au sein et en dehors du parti, seraient donc une arnaque dont la seule victime serait l'UPC... .

Les ETATS GENERAUX DE L'U.P.C. où le facteur ethnique serait relativement amorti doivent designer la candidate originaire du Grand Nord comme candidate de l'UPC à l'élection présidentielle de 2018, à charge pour le Comité Directeur de l'UPC officielle d'investir le moment venu cette candidate selon les normes officielles.

Ainsi, et ainsi seulement, la bataille de l'élection présidentielle de 2018 pourrait impliquer et mobiliser tous les upécistes et pourrait amorcer - pourquoi pas ? - un début d'unification du Parti.

I.- PREMIER POINT DE LA TRILOGIE GAGNANTE : Désigner la camarade du Grand Nord comme Candidate de l'UPC à l'élection présidentielle :

L'UPC ne présenterait pas cette camarade pour faire de la figuration et obtenir du RDPC un Ministère, rêve des opportunistes. Cette candidature rassemble comme atouts des facteurs sociologiques et politico-historiques qui en font une candidature potentiellement victorieuse.

Comme facteurs sociologiques, il y a la jeunesse, et le genre (féminin). Ce dernier facteur pourrait s'avérer explosif à cause de la longue marginalisation et de la longue «folklorisation» des femmes dans la vie politique nationale depuis l'indépendance du pays.

Les facteurs politico-historiques ne sont pas moins lourds. Marafa Hamidou Yaya se posait en dauphin naturel de Paul Biya, en champion incontesté du Grand Nord. On n'hésitait pas à le présenter comme l'homme des Français : il est lié au magnat colonial Bolloré dont on connait les relations étroites avec l'ancien Président français Nicolas Sarkozy. Mais les contradictions internes du parti au pouvoir ont conduit M. Marafa en prison. Le Grand Nord, pour le camp du parti au pouvoir est pratiquement en déshérence.

S'agissant des partis soi-disant d'opposition qui collaborent avec le Président Biya et son parti, qu'il s'agisse de l'UNDP de M. Bello Bouba Maïgari, ou du FNC du truculent Ministre de la Communication, Issa Tchiroma, ils se sont à tel point discrédités que les populations du Grand Nord, des couches populaires aux hommes d'Affaires et à ceux qu'on appelle élites, ne peuvent que saluer une candidate de l'UPC à l'élection Présidentielle originaire du Grand Nord.

Sauf reculade de Mme Habiba Issa, reculade voulue par ses nouveaux conseillers qui lui demandent de jouir d'abord de son élection comme Présidente de l'UPC saluée dans le monde entier - élection qui ne devrait rien à Kissamba, au contraire -. les conditions sont réunies pour faire à terme de l'UPC le grand parti du grand Nord, et faire de la candidate de l'UPC l'adversaire redoutable du candidat du parti au pouvoir pour 2018.

II.- DEUXIEME POINT DE LA TRILOGIE GAGNANTE : avancer une solution upéciste positive à la crise anglophone.

1) Le Président Biya a totalement échoué à trouver une solution à la crise anglophone. Tout le monde peut et doit faire ce constat.

2) Le 25 Novembre prochain, quand les Etats Généraux de l'UPC auront désigné la Camarade du Grand Nord comme candidate de l'UPC à l'élection présidentielle de 2018, l'UPC pourra tenir à nos compatriotes anglophones et à tout le pays le discours suivant :

Vous voyez bien que Paul Biya est incapable de résoudre cette crise anglophone. Passons donc un Accord Général Electoral pour l'enlever du pouvoir à la l'élection présidentielle de 2018, en votant tous pour la Candidate de l'UPC, seul parti qui dénonça le Référendum annexionniste du 20 Mai 1972 par la voix de Ngouo Woungly-Massaga, alors Membre du Comité Révolutionnaire de l'UPC que présidait Ernest Ouandié jusqu'à son assassinat le 15 Janvier 1971. Avec cet accord Général Electoral des Camerounais du Nord, de l'Ouest, de l'Est et du Sud pour voter UPC et déloger Biya, même avec son Elecam, le dictateur sera défait.

3) Aussitôt après la victoire des forces de l'Accord Général Electoral, une Amnistie générale serait déclarée pour les faits liés à la crise anglophone avec retour des exilés facilité par l'Etat.

4) Puis un Dialogue National inclusif, abordant toutes les options, y compris la sécessionniste, sera organisé.

5) Suivrait un Référendum pour le retour ou non au Fédéralisme, et à la célébration de la fête nationale au 1er Janvier de chaque année.

On notera que le large Accord Electoral National pour dégager Biya pourra ramener le calme et mettre fin aux villes mortes, parce qu'il faudra préparer les élections, et que la fermeture des écoles ne serait plus nécessaire. Cette accalmie serait négociée sur le terrain avec les acteurs anglophones de la crise.

- TROISIEME POINT DE LA TRILOGIE GAGNANTE : Exiger la vérité sur la mort de Mgr Jean Marie Benoît Bala, Evêque de Bafia.

L'assassinat de deux évêques (on commença par Mgr Yves Plumey, Evêque de Garoua) et d'une douzaine de prêtres dont le père Engelbert Mveng, en passant par le massacre barbare des Sœurs d'Abing à Djoum, dans la plus totale impunité jusqu'à ce jour, témoigne d'une situation catastrophique de la justice et des droits de l'Homme dans notre pays. C'est une donnée politique majeure, qui ne concerne pas que l'Eglise catholique.

Il est vrai que l'Eglise catholique est la première interpellée. Elle excommunia Ruben UM NYOBE, pourtant Protestant, uniquement parce qu'il posait comme porte parole de l'UPC et du peuple Camerounais, le problème de l'Indépendance Nationale face au régime colonial. L'Eglise catholique cria au « communisme » !

Aujourd'hui, comme si de rien n'était, cette même Eglise Catholique affiche une grande complaisance vis-à-vis d'un Chef d'Etat catholique qui gère cyniquement l'impunité de tous ces crimes contre l'Eglise.

Peut-on réellement prétendre que l'UPC exagère en demandant respectueusement à l'Episcopat catholique camerounais d'étudier l'excommunication du Président Biya ?

Cette relative passivité de l'Eglise est due principalement à l'action ou à l'inaction des princes corrompus de l'Eglise qui n'hésitent pas à se poser en défenseurs de la mafia au pouvoir (dont ils sont partie intégrante) sous le fallacieux prétexte de préserver la paix. Ils comptent à tort ou à raison sur le fait que le Vatican donne rarement des directives de résistance fermes. Rome a deux mille ans de diplomatie derrière elle et une longue expérience des compromis ou des compromissions avec les régimes tyranniques.

C'est donc d'un sursaut national camerounais que viendra la solution. Un sursaut qui doit partir du pays profond, mobilisant toutes les couches sociales et nos compatriotes de toutes les confessions, touchant les religieux eux-mêmes, prêtres et Evêques compris.

Certes le régime ne s'avouera jamais mafieux, comme dans un élan d'autocritique, mais il se démasquera lui-même, d'une manière ou d'une autre. Et la trilogie ci-dessus aura finalement raison de lui.

Lolodorf, le 3 novembre 2017

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