10 Novembre 2017

Tunisie: Controverse autour d'un projet

Un mélange naturel

Commençons par le commencement et essayons, de prime abord, de faire la connaissance et identifier cette énergie dont la découverte est relativement récente. Le gaz de schiste, appelé également gaz de roche-mère est un gaz naturel contenu dans des roches marneuses, c'est-à-dire contenant de la marne. S'agissant d'un mélange naturel d'argile et de calcaire.

Il existe une grande différence dans la localisation et les conditions d'extraction du gaz de schiste et du gaz naturel conventionnel. Le premier est extrait et piégé dans les porosités des roches rendues imperméables par les quantités d'argile qu'elles contiennent. Tandis que le second (le gaz naturel conventionnel) est retenu dans des roches perméables, permettant une exploitation beaucoup plus facile.

Les difficultés posées par l'extraction du gaz de schiste impliquent le recours systématique aux techniques combinées du forage dirigées et de la fracturation hydraulique, où l'on doit faire appel à des volumes d'eau à la fois faramineux et onéreux.

Les USA, pays pionnier

L'exploitation à grande échelle du gaz de schiste devait démarrer au courant des années 2000. Le recours à ce gaz était justifié par la flambée ayant longtemps duré des prix des hydrocarbures. Flambée alors due à la stagnation de la production du pétrole et du gaz naturel, conjuguée à la consommation énergétique mondiale allant alors crescendo. Le pays pionnier en matière d'extraction de ce gaz est les Etats-Unis d'Amérique. Les avancées considérables réalisées en matière de techniques d'extraction ont permis aux USA de mettre le paquet pour aboutir à la mise en production d'un nombre considérable de puits. Du coup, le gaz de schiste a tôt fait d'atteindre, en 2012, une proportion non négligeable du bouquet énergétique sur lequel misaient les USA.

32% des réserves de gaz naturel

Les réserves mondiales de gaz de schiste sont estimées, en 2013 à 207 billions de m3, soit 32% des réserves totales de gaz naturel et 345 milliards de barils d'huile de schiste (soit 10% des réserves totales de pétrole). Ces réserves sont réparties d'une manière inégale sur les cinq continents. Mais les plus grandes quantités sont localisées aux USA, en Argentine, au Canada, en Chine et en Algérie.

L'augmentation de la production de gaz de schiste dans les années 2010-2012 aux USA et au Canada a été accompagnée d'une propension à la baisse du gaz naturel. Surtout celui exporté par la Russie vers l'Europe.

Bonjour les dégâts !

Cela dit, le gaz de schiste ne cesse de poser des problèmes dans les pays producteurs. Puisque les nombreuses études élaborées dans les quatre points cardinaux de la planète se sont accordées à établir et insister sur les risques que présente l'extraction de ce gaz. Ces risques sont surtout d'ordre environnemental. L'on cite notamment la pollution des réserves d'eau et l'émission de gaz à effet de serre.

Ce qui inquiète le plus l'opinion publique dans les pays concernés, c'est l'augmentation des risques de tremblement de terre. Ceux, et ils sont nombreux, qui sont favorables à l'utilisation du gaz de la controverse, prétendent, à tort ou à raison, que les sociétés civiles, criant urbi et orbi leur opposition à l'exploitation de ce gaz, sont manipulées par certains lobbies d'industriels, bien assis dans le secteur pétrolier ou le secteur nucléaire. Ils craignent une incontournable concurrence préjudiciable à leurs intérêts. Le courant appréciant le recours à cette ressource non conventionnelle a, lui aussi, ses bonnes raisons de plaider pour cette énergie, à savoir la diminution des importations énergétiques et l'augmentation des revenus des pays producteurs.

Des études déterminables

A préciser que, dans certains pays comme la France, l'on a adopté la politique du «Wait and see». Depuis l'année 2013, à l'Hexagone, la recherche et la production du gaz de schiste font l'objet d'un moratoire.

Côté tunisien, le directeur général de la stratégie et de la veille, M. Mohamed Ali Khélil, nous apprend que deux bureaux d'études, l'un tunisien et l'autre canadien, sont actuellement chargés de travailler sur ce dossier. Ces études sont totalement financées par le budget de l'Etat. D'ici la fin de l'année prochaine, ces études seront finalisées. Leurs conclusions orienteront les décideurs sur la bonne option.

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