10 Novembre 2017

Tunisie: Pour une grande mobilisation du secteur privé

Il a ajouté que le gouvernement vise à atteindre des taux de croissance élevés en tablant sur la mobilisation des moteurs traditionnels de développement et aussi en mettant en place les bases d'un nouveau modèle de développement pour booster l'investissement, tout en prenant en compte l'état des finances publiques.

Cette vision s'est traduite, selon lui, par l'identification d'un certain nombre de projets qui seront réalisés dans le cadre du partenariat public-privé, avec un montant global de 5.200 MDT sur les trois prochaines années.

Mais pour réussir cette stratégie, M. Chahed a indiqué qu'il est important de lutter contre la bureaucratie. Un objectif qui sera réalisé par la révision du système des autorisations administratives, la réduction de ces autorisations et de leurs délais d'octroi. Il s'agit également de réviser la législation de change qui n'est plus adaptée à la situation actuelle. Il a ajouté qu'un projet de loi a été déjà soumis à l'Assemblée des représentants du peuple il y a deux semaines.

Un programme de relance d'envergure

Le chef du gouvernement a également souligné que le programme de relance comprend le lancement d'initiatives gouvernementales pour la croissance, présenté en dix axes, à savoir la levée des obstacles à l'investissement, l'amélioration du financement des PME, la mise en œuvre d'un programme national exceptionnel pour le renforcement des exportations, la mise en place d'un programme ambitieux pour le développement régional, la mise en application du programme «Tunisie Digitale», le lancement du Plan solaire tunisien, le lancement des études pour la réalisation de deux nouveaux quais 8 et 9 au port de Radès, la reactivation du Livre blanc sur le tourisme et le lancement d'une stratégie pour booster le secteur, le renforcement de l'essaimage et la restructuration du réseau d'accompagnement des entreprises.

«La réussite de ces initiatives doit passer par le renforcement des entreprises. Nous sommes convaincus que l'entreprise est la source essentielle de la création de richesse et d'emplois. Et dans les discussion sur la loi de finances, le débat ne doit pas être orienté vers la diabolisation des entreprises. D'ailleurs, j'ai donné des consignes pour la poursuite des discussions avec les partenaires sociaux et l'Utica. Et je suis sûr que nous allons aboutir à un compromis sur une loi de finances base sur l'équité fiscale et la lutte contre l'évasion fiscale», affirme-t-il.

Il a précisé qu'il est important d'encourager les secteurs productifs et de booster les exportations, traduite à travers la disposition de l'exemption des entreprises exportatrices de l'impôt sur la distribution des bénéfices, indiquant qu'il n'y a aucun inconvénient à ce qu'elle soit élargie pour concerner les bénéfices à l'export pour les entreprises non totalement exportatrices. Il a ajouté qu'il a aussi donné des consignes pour alléger les mesures concernant la récupération de l'excédent de la TVA et l'exemption des matières premières de l'augmentation des taxes et des impôts sur la consommation.

Tunisia 2020

De son côté, Zied Laâdhari, ministre du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale, a évoqué l'importance qu'a constitué la conférence Tunisia 2020, étant un grand moment pour la Tunisie et qui lui a permis de retourner dans le radar des investisseurs. «Cette conférence a permis de mobiliser 34 MDT de fonds entre 15 MDT sous forme d'engagements signés et 13 MDT sous forme de promesses. Ceci a montré l'ampleur de l'engagement de nos partenaires et leur volonté à soutenir la Tunisie. Il est important maintenant de concrétiser tous ses engagements en des projets au profit des citoyens tunisiens. Nous avons bien marketter la Tunisie au cours de cette conférence. Il est temps actuellement d'engager la matérialisation de ces projets qui, bien qu'ils soient à portée publique, seront réalisés par le secteur public. La nouvelle réglementation sur le Partenariat Public Privé marque une vraie volonté politique au plus haut niveau pour aller dans cette orientation», indique-t-il.

Pour Mounir Fradi, consultant en investissement étranger et co-commissaire de «Tunisia 2020», la conférence était un succès mobilisant la participation de 4500 participants, dont 1500 étrangers de 70 pays. Il souligne que cette manifestation a permis de parler autrement de la Tunisie et lui a permis de reprendre sa place au sein du bassin méditerranéen. « Malgré les difficultés, la Tunisie reste le site le plus compétitif. Tunisia 2020 a permis d'expliquer cela. Une année après cet événement, les bailleurs de fonds ont doublé leurs promesses et on aperçoit une dynamique du secteur privé. Plusieurs projets ont été réalisés. Mais il ne faut pas s'arrêter là et continuer à communiquer plus », affirme-t-il.

Soutien important des bailleurs de fonds

Du côté des bailleurs de fonds, Georges Joseph Ghorra, de la Banque Mondiale, a précisé que le groupe a promis un total de 4 milliards de dollars sur une période de 4 ans, dont 1 milliard de dollars a été réalisé en 2016 avec l'ambition de réaliser encore plus en 2017. Il ajoute qu'un programme des projets prioritaires a été établi avec les différents ministères pour pouvoir atteindre cet objectif.

Il a signalé que le groupe de la Banque Mondiale a accompagné les autorités tunisiennes dans la rédaction de la nouvelle loi sur l'investissement, particulièrement en ce qui concerne l'égalité de traitement entre investisseurs tunisiens et étrangers, l'ouverture de certains secteurs économiques et la liberté de rapatriement des dividendes.

Il a indiqué que la dynamique positive qui a été instaurée après Tunisia 2020 doit être poursuivie afin d'améliorer encore plus l'environnement des affaires. Il cite l'importance de l'établissement de la liste négative pour les investisseurs étrangers, nécessaire pour renforcer la transparence et la prédictibilité des procédures. Il ajoute qu'il faudrait améliorer l'accès au marché en éliminant les obstacles à l'importation, mettant en exergue la publication de la liste des biens non essentiels par la Banque Centrale de Tunisie, estimant que les mesures de facilitation à l'export auront plus d'impact sur les entreprises et l'économie. De même pour l'accès au financement en enlevant le cap du taux d'intérêt aux PME afin de faciliter le financement et aussi pour la question de la concurrence en renforçant les capacités et les pouvoirs du Conseil de la concurrence et aussi ouvrir certains secteurs à la concurrence, selon le représentant de la Banque mondiale.

Pour Nathalie Clemence, présidente du Corporate Finance à la Banque européenne d'investissement (BEI), la banque a accéléré, depuis 2011, ses investissements en Tunisie avec plus 1,8 milliard d'euros essentiellement pour les PME et les projets d'infrastructures, indiquant que la Tunisie est le premier pays d'investissement par tête d'habitant dans la région méditerranéenne. La conférence «Tunisia 2020» a permis de mobiliser 2,5 milliards d'euros d'engagements, pour des projets dans le secteur public principalement l'énergie, le transport, la santé, l'eau, mais également pour l'assistance technique. «En 2016, nous avons réalisé 400 millions d'euros dans les secteurs de l'environnement, le marché financier, les infrastructures des télécoms, etc). Le fait que la Tunisie soit le seul pays à avoir bénéficié de l'initiative Horizons 2020 nous permettra d'intervenir avec des instruments sophistiqués», estime-t-elle.

D'un autre côté, Antoine Sallé de Chou, représentant de la Banque européenne pour la reconstruction et le réveloppement (Berd), la banque a un portefeuille de 400 millions d'euros en Tunisie, durant ses cinq ans d'activité, ajoutant qu'elle a exprimé ses intentions de pourvoir des financements de 650 millions d'euros d'ici 2020, dans des projets publics. Il indique que 400 millions d'euros sont déjà en instruction, pour des projets prioritaires. Il cite un projet avec la Sncft pour la réalisation de deux tracés Tunis-Mahdia et Tunis-Kasserine, un projet avec Transtu pour l'acquisition de rames TGM et la construction d'un dépôt à La Manouba et également des projets dans l'assainissement de l'eau, l'irrigation, les céréales. Ils s'ajoutent à d'autres projets existants avec l'Onas pour la dépollution du lac de Bizerte, la Steg pour le renforcement du réseau de transmission.

Il souligne que la banque est également concentrée sur le secteur privé, par l'accompagnent d'entreprises dans le secteur agroalimentaire, particulièrement l'huile d'olive qui est un secteur porteur. Il indique que la banque accompagne le développement de la filière et la création d'une offre commerciale made in Tunisia. De même, d'autre actions ont été engagées dans le secteur de la santé et l'automobile. La banque a ainsi ouvert un bureau à Sfax pour être plus proche au niveau régional et elle est la seule institution financière internationale à avoir un bureau hors de Tunis.

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