11 Novembre 2017

Tunisie: Les enseignants et les élèves mécontents

C'est ainsi que des grèves assorties parfois de slogans hostiles à ce système d'évaluation ont été organisées tout au long de cette semaine et ce pour décrier ce qui est jugé «une manœuvre occulte visant à dérégler le comportement des élèves et à endiguer leurs capacités d'assimilation par une accumulation de cours les uns plus volumineux que les autres».

«Pourquoi passer un examen juste après une semaine de repos», s'écrie un élève du lycée Mongi Slim au Kef. Son camarade de classe, un jeune de 17 ans l'air quelque peu débonnaire et les cheveux ébouriffés renchérit : «Nous nous sommes bien régalés pendant les vacances, mais voilà qu'on se retrouve juste en face des devoirs de contrôle, qui vont être pratiquement suivis, trois semaines après, par les devoirs de synthèse».

L'inquiétude est aussi grande chez d'autres élèves qui estiment que le système actuel d'évaluation est en contradiction avec les consignes de la pédagogie moderne qui privilégie le contrôle continue au détriment des examens semestriels.

Autant dire que la grogne qui a affecté la plupart des lycées de la région du Kef et même de Jendouba trouve son explication dans ce mécontentement généralisé que les parents qualifient de légitime.

Mounira, parente d'un élève en classe terminale, parle «d'une politique de déstabilisation de l'intelligence des élèves en ce que le rythme actuel des examens est très inconstant et arythmique car il intervient juste après les vacances au lieu des les devancer. Il est préférable, selon elle, d'effectuer les examens avant les vacances plutôt qu'après».

Midani Louhichi, parent d'un élève du lycée pilote du Kef, estime, lui aussi, que les examens tels que prévus par le calendrier actuel ne respectent pas le principe de cohérence et de progression pédagogique. Il préconise plutôt le système trimestriel que semestriel car il permet, selon lui, de contrôler les acquis pédagogiques et scientifiques des élèves à des fréquences réduites. Ce dernier se dit, par ailleurs, angoissé par ces grèves à répétition au demeurant légitimes à ses yeux.

Les enseignants réclament la révision du système d'évaluation

Le constat est également inquiétant du côté des enseignants qui réclament, à leur tour, une révision du système d'évaluation afin de l'adapter aux compétences des élèves et à leurs capacités d'assimilation, d'autant plus, selon eux, que la prolongation de la période entre les examens, peut s'avérer néfaste sur le plan pédagogique.

Un professeur de Physique-Chimie du lycée pilote, ayant préféré garder l'anonymat, a observé que les grèves des élèves sont le reflet du mécontentement général qui secoue le système éducatif dans son ensemble et de ceux qui président à ses destinées, qualifiant même la réforme de l'enseignement de caduque et en déphasage avec les exigences de l'efficacité pédagogique.

D'autres enseignants se disent cependant réservés sur l'évaluation du système actuel de contrôle et d'examens, en ce que toute expérience devrait être menée selon eux pendant nombre d'années avant d'attester de son efficacité ou non.

Mais ce qui est certain, c'est que le système d'évaluation des examens et des connaissances acquises par les élèves ne semble pas plaire à nombre d'acteurs de la pédagogie nationale, y compris les parents qui considèrent qu'un examen intervenant juste après une semaine de vacances est une erreur et même un mauvais tour joué aux élèves, ce qui nécessiterait une révision de ce mode d'examens avec, comme objectif, d'éviter la saturation des élèves par un amas de connaissances sur lesquelles ils vont être questionnés, le tout en un temps réduit, en l'occurrence, la semaine qui suit directement les vacances de fin d'octobre. «Cela ressemble à l'examen national du baccalauréat», affirme Mondher Sellimi un parent d'élève en 2e année secondaire.

Une telle inquiétude est aussi révélée par un autre parent qui estime que «le système d'évaluation doit intégrer des innovations en mettant l'accent sur le degré de préparation de l'élève et de son assimilation des connaissances acquises lors des deux ou trois dernières semaines, sinon pourquoi ne pas alors l'interroger sur les cours de l'année précédente?», s'interroge-t-il.

En attendant, c'est un peu la galère ces jours-ci un peu partout dans nos lycées où le mécontentement est bien réel. Il risque de durer longtemps si le ministère ne rassure pas les élèves, les parents et les enseignants

Tunisie

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