12 Novembre 2017

Centrafrique: Nouvelle flambée de violences - Un pied de nez à Faustin-Archange-Touadéra

Photo: MINUSCA
MINUSCA

« Met-on la charrue avant les bœufs ? » Ainsi nous interrogions-nous dans notre édition du 9 novembre dernier, au lendemain de l'ouverture du Forum des investisseurs à Bangui, qui a vu accourir de nombreux partenaires nationaux et internationaux.

On ne pensait pas si bien dire puisqu'à peine ledit forum a-t-il refermé ses portes que la violence a repris de plus belle et ce, avant même que la plupart des investisseurs étrangers qui avaient fait le déplacement de Bangui n'aient encore regagné leurs pays respectifs.

Que s'est-il passé exactement ? En effet, le 11 novembre dernier, alors que se produisait en concert l'artiste Ozaguin, celui-là que l'on surnomme le roi de la rumba centrafricaine, des assaillants, venus d'on ne sait où, ont lancé quatre grenades, faisant quatre morts sur-le-champ et une vingtaine de blessés.

Du coup, le concert en question, organisé pour le renforcement de la paix et de la cohésion sociale, s'est vite transformé en une scène d'horreur puisque dans la foulée, des violences ont éclaté dans le quartier PK5 où trois personnes ont été également tuées.

Franchement, on ne le dira jamais assez, la RCA est malade voire très malade si fait qu'elle a besoin d'une thérapie de choc. Et à l'allure où vont les choses, le pire est à craindre.

Car, tout se passe comme si pendant que les uns travaillent à aller à la paix, d'autres rament à contre courant, sapant ainsi les efforts déployés par le régime en place soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

Le président Touadéra est plus à plaindre qu'à envier

La preuve, pour ceux qui en doutaient encore, vient d'en être donnée. Car, les ennemis de la paix voudraient faire un pied de nez au président Touadéra qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.

En effet, ils ont choisi de focaliser l'attention de l'opinion internationale sur la RCA, au moment où les autorités s'employaient à dire que le pays est désormais pacifié et qu'il constitue un terreau fertile pour les investisseurs étrangers. Ce n'était donc que de la poudre aux yeux.

La RCA est loin d'être un pays sûr. Car, non seulement plus de la moitié du territoire est toujours sous le contrôle des groupes armés, mais aussi la justice qui constitue un pillier essentiel d'un Etat de droit, n'y existe pas.

Comment, dans ces conditions, un investisseur étranger, si magnanime soit-il, prendra-t-il le risque de venir faire des affaires en RCA à moins d'être un armurier ?

C'est dire toute l'immensité de la tâche qui attend le président Touadéra qui, il faut le dire, est plus à plaindre qu'à envier. Comment restaurer un Etat de droit dans un pays qui a profondément mal à sa sécurité intérieure ?

Comment regagner la confiance des investisseurs dans un pays où pétaradent quotidiennement les armes ?

Comment construire une nation solide et prospère dans un pays où les clivages ethno-religieux ont atteint un point de non-retour s'ils n'ont tout simplement pas affecté les fondements de la République ?

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