12 Novembre 2017

Burkina Faso: Eliminatoires Russie 2018 - Les Etalons continuent de galoper derrière leurs illusions

Le 1er décembre prochain, le Tribunal arbitral du sport (TAS) devrait rendre son verdict sur la requête du Burkina contre le fait de rejouer le match Afrique du Sud/Sénégal du 12 novembre 2016.

L'attente de ce rendu du TAS entretient un très mince espoir que les Etalons peuvent encore se qualifier au mondial Russie 2018.

Un espoir qui frise une obsession pathologique de supporteurs de voir l'équipe fanion du Burkina entrer dans le top 5 des nations africaines invitées à la fête mondiale du ballon rond en Russie.

Pas moins que le colonel Sita Sangaré, le président de la Fédération burkinabè de football (FBF), nourrit cette illusion en faisant des déclarations osées sur Facebook, arguant sa certitude que le TAS va donner raison au Burkina.

Cet optimisme exagéré jure avec la réalité sur le terrain où le match Afrique du Sud /Sénégal comptant pour la deuxième journée des éliminatoires du mondial a bel et bien été rejoué avec le résultat que l'on connaît : 0 à 2 pour les Lions de la Téranga.

C'est donc dans l'allégresse d'une qualification déjà actée par la quasi-totalité des observateurs que l'équipe sénégalaise, ses dirigeants et ses supporteurs attendent les Bafana Bafana pour la confrontation de la dernière journée de ces éliminatoires.

Pour les Sénégalais, qui ont déjà la tête en Russie, ce sera un match de confirmation ce mardi alors que, contre les Requins bleus du Cap-Vert, les Etalons tenteront un galop victorieux dans l'illusion d'une qualification à ce mondial : en effet, pour les Poulains de Paulo Duarte, il faut encore gagner ce dernier match, espérer que le TAS donne raison à Sita Sangaré et nous fasse mentir pour que le rêve de jouer le mondial, devenu une illusion depuis la victoire sénégalaise dans le match rejoué, se transforme en miracle. Mais visiblement Sita Sangaré croit à ce scénario peu probable quand il déclare : «Le TAS nous a écrit pour nous signifier que notre recours est recevable.

La décision sera rendue le 1er décembre. Nous avons foi que l'examen de ce dossier sera mené dans le bon sens parce que le bureau de qualification de la FIFA n'est pas habilité à faire rejouer ce match Afrique du Sud/Sénégal... ce recours a plus de 100% de chances de réussir parce que la décision qui a été rendue, outre son caractère totalement inédit, relève d'une structure qui n'est pas habilitée selon les textes de la FIFA... »

On veut bien être optimiste comme Sita Sangaré, avocat passionné des Etalons, mais la vérité est que le même Tribunal arbitral du sport a déjà confirmé la décision de la FIFA de sanctionner l'arbitre ghanéen Joseph Lamptey, suspendu à vie, pour « influence illégale sur le résultat d'un match ».

Par ailleurs, ce n'est pas sur un vide juridique que la FIFA avait déclaré la requête du Sénégal pour « manipulation d'un match » recevable par elle.

Il y a une première en toute chose et sans le souhaiter, pour le malheur des supporteurs des Etalons, ce match Afrique du Sud/Sénégal rejoué peut s'appuyer sur la jurisprudence du match Ouzbékistan/Bahreïn, rejoué en 1993 pour faute technique d'arbitrage lors des éliminatoires pour le mondial 1994.

C'est pourquoi, malgré le secret espoir que la suite des événements nous donne tort, les déclarations du président de la FBF sont les soubresauts d'un espoir de qualification gâchée sur le terrain.

En effet, si le galop des Etalons avait toujours été victorieux sur le terrain, on n'en serait pas là à spéculer sur les résultats des derniers matchs, les yeux rivés sur la décision du TAS dans un recours contentieux.

Souvenons-nous que, lors de la première journée de ces éliminatoires, au stade du 4- Août, les Etalons s'étaient contentés d'un piètre match nul face aux Bafana Bafana, 1 but partout. Que dire du match retour lors de la 5e journée où les nôtres ont bafoué leur football, se faisant littéralement étriller sur le score sévère de 3 buts à 1 ?

De même, face aux Lions de la Téranga à Dakar comme à Ouagadougou, on n'a pas reconnu la flamboyante équipe des Etalons, vice-championne d'Afrique en 2013 et médaillée de bronze à la CAN 2017.

Au total, les 6 points actuellement au compteur du Onze national avec un goal différentiel de + 0 sont le résultat d'une prestation en demi-teinte qui ne nous a pas permis de transformer le rêve de Russie 2018 en réalité.

De fait, en cinq rencontres, les Etalons n'ont réussi qu'à battre les modestes Cap-verdiens chez eux, 2 à 0, lors de la deuxième journée des éliminatoires.

On espère alors que, pour l'honneur, la respectabilité de notre football et par volonté de bien finir ce qu'ils avaient mal débuté, ils gagneront haut le sabot le match de demain.

Même si la qualification est très hypothétique, il faut consoler le public burkinabè qui a soif de victoires. Défaite interdite donc demain au stade du 4-Août, car ce serait le comble si, outre la désillusion de la non-qualification, il fallait gérer les meurtrissures d'une contre-performance face à l'un des petits poucets du football continental.

Pendant que le Burkina espère faire compter pour du beurre le résultat du match rejoué Afrique du Sud/Sénégal, les analystes du sport roi font remarquer que les qualifiés africains à ce mondial, Nigeria, Egypte, Maroc, Tunisie, ajoutons le Sénégal, sont des poids lourds du football continental habitués à la compétition.

Ils cumulent à eux cinq 16 participations aux phases finales des coupes du monde. Ainsi, Russie 2018 sera pour le Nigeria une 6e participation, pour le Maroc et la Tunisie une 5e, pour l'Egypte une 3e et pour le Sénégal une 2e. Pour la première du Burkina, il faudra attendre et continuer de s'organiser et de travailler assidûment.

Une bonne organisation et un travail consciencieux, soyons fair-play pour souhaiter cela aux représentants africains à cette compétition pour qu'ils n'y fassent pas de la figuration.

On attendra de voir la configuration des poules mais, par le passé, les équipes africaines comme celle du Nigeria, du Ghana ou même du Sénégal ont déjà atteint les quarts de finale avec brio ; malheureusement on est également coutumier de ces équipes africaines éliminées dès le premier tour sans avoir marqué le moindre point, qui pis est, avec une organisation désastreuse, une situation à laquelle ne sont pas étrangers des problèmes de primes impayées aux joueurs.

A Russie 2018, verra-t-on pour la première fois une équipe africaine en demi-finale et, pourquoi pas, en finale d'une coupe du monde ? A défaut d'une première participation du Burkina, on rêve de cette première pour l'Afrique.

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