13 Novembre 2017

Congo-Kinshasa: L'Assemblée nationale joue avec les nerfs de Bruno Tshibala

C'est devenu une tradition. Une bien triste tradition. Chaque année, le gouvernement passe son temps à faire l'école buissonnière en matière d'élaboration du budget de l'Etat et ne se réveille qu'à la fin de l'année pour solliciter des crédits provisoires.

Cette année, l'Assemblée nationale semble décidée à mettre fin à cette paresse. A l'initiative du député de Mbandaka, Henri-Thomas Lokondo, la chambre basse du Parlement a en effet décidé de demander des comptes au gouvernement pour n'avoir pas déposé dans les délais constitutionnels le projet de loi de finances pour l'exercice 2018. Une défaillance qui tombe sous le coup de l'article 126 alinéa 2 de la loi fondamentale.

La décision d'interpeller le chef du gouvernement a été prise travers un vote presqu'à l'unanimité des députés présents dans salle des congrès, le vendredi 10 novembre dernier au cours de plénière consacrée entre autres à l'examen de la motion du député.

En effet, Henri-Thomas Lokondo a fait le constat selon lequel session de septembre dite budgétaire est en train de cheminer vers fin - il ne reste qu'une trentaine de jours- sans que le projet de de finances de l'exercice 2018 ne soit déposé au bureau de l' nationale.

La situation est intolérable dans la mesure où les députés ont convoqués en session pour traiter essentiellement de cette matière.

Compte tenu des empoignades ayant accompagné certaines récentes, l'élu de Mbandaka a voulu s'assurer que les députés, leur majorité, partageaient les mêmes préoccupations au sujet de gestion du pays.

L'interpellation du Premier ministre intervient comme une nécessité destinée à éclairer les représentants du sur l'incroyable liberté prise par le gouvernement de ne pas soumettre à une exigence constitutionnelle.

Celle-ci, on le sait, obligation au gouvernement de déposer au bureau de l' nationale le projet de loi de finances de l'année au plus tard le septembre de chaque année (cfr article 126 alinéa 2 de Constitution).

Pour Henri-Thomas Lokondo, le non-respect de la date du dépôt projet de budget du prochain exercice par le Premier ministre, également l'article 83 alinéas 3 et 4 de la loi n°11/011 du 13 2011 relative aux finances publiques qui accorde 40 jours l'Assemblée nationale et 20 jours au Sénat pour adopter le projet loi de finances de l'année.

L'option étant levée, il ne reste qu'à fixer le jour où Bruno Nzenzhe viendra probablement avec toute son équipe pour s' sur ce préjudiciable retard dans le dépôt du projet de loi finances.

La République a besoin d'être doté d'un budget consistant à temps en vue de faire face aux nombreuses exigences, l'épineuse question de l'organisation des élections qui ne peut réglée avec des crédits provisoires.

Des nerfs solides

Après maints ratés liés à l'existence de la machine à broyer démocratie mise en œuvre par la mouvance présidentielle qui plusieurs initiatives portant sur le contrôle parlementaire, on que les débats seront, cette fois, francs et ouverts.

L'initiative Lokondo devrait en effet permettre aux Congolais d'être informés la manière dont le pays est géré et, surtout, de s'assurer que dirigeants ont effectivement le regard tourné vers l'organisation élections.

Conformément aux textes en vigueur, Tshibala Nzenzhe devrait s'expliquer devant les députés au courant de cette semaine. Il avoir les nerfs solides car ce qui est peut-être en jeu, c'est le sort de son gouvernement.

En effet, s'il donne des explications boîteuses, il court le de déboucher sur un vote de confiance qui pourrait le faire craquer, avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

Mais il faut éviter d'aller trop vite en besogne. Car pour Nzenzhe, la mouvance présidentielle doit au préalable identifier autre personne susceptible de mener à bon port le travail déstabilisation de l'Opposition réelle. C'est là le noeu du problème.

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