13 Novembre 2017

Tunisie: Un million de diabétiques !

Photo: The Citizen
Une femme testant le niveau de sucre dans son sang.

Le premier constat, c'est un chiffre : plus d'un million de diabétiques, entre type 1 et type 2, c'est à dire entre malades atteints de diabète insulino-dépendant et malades non insulino-dépendants.

Et c'est un chiffre inquiétant, puisqu'il correspond à un pourcentage de la population approchant les 9% contre seulement 4% en France par exemple. Cela incrimine sans doute de mauvaises habitudes alimentaires, ainsi qu'une sédentarité assortie à une avancée de la place de l'automobile comme mode de déplacement que la voiture populaire a consacré en tant que «luxe» abordable pour les familles à faibles revenus, face aux prix peu accessibles du logement. Et les nouvelles habitudes alimentaires «modernes», du type pommes-frites, sucreries, boissons gazeuses, fritures et matières grasses, sont ici bien plus nocives que notre cuisine traditionnelle.

Nos 9% de diabétiques sont en réalité une estimation minorée du nombre réel des diabétiques tunisiens, dans la mesure où l'on constate, lors des campagnes de sensibilisation sur terrain que de très nombreux malades s'ignorent et ne sont dépistés qu'à l'occasion. D'où l'impératif de renforcer autant la prévention que le diagnostic précoce dans les écoles, les lieux de travail et les dispensaires et hôpitaux, dans toutes les régions du pays.

C'est dans ce sens qu'agissent, aux côtés du ministère de la Santé, les structures associatives qui célèbrent, à partir d'aujourd'hui samedi, la Journée mondiale du diabète : la Société tunisienne d'endocrinologie, de diabète et des maladies métaboliques, l'Amicale des diabétologues de Tunisie et les Amicales des endocrinologues et diabétologues de Sfax et de Tunis.

On les verra à l'œuvre samedi et dimanche, à Tunis et à Sfax, sur des opérations grand public de dépistage du diabète chez les citoyens et de distribution de fiches de renseignements pour le diagnostic et la prévention. Suivies, l'après-midi, d'un spectacle animé par les jeunes diabétiques (musique, danse et jeux). Ainsi que lors de la Journée mondiale proprement dite, mardi prochain.

S'agissant de la prise en charge des traitements médicaux, certaines remarques avancées par médecins, personnels de santé et malades méritent d'être soulignées. D'abord, le fait que les seringues et aiguilles à insuline ne sont pas remboursées, ensuite que les appareils lecteurs de glycémie et leurs bandelettes ne sont pas pris en charge, enfin que les insulines spéciales vendues sous forme de stylos sont soumises à des formalités dissuasives, vu leur coût. Or elles facilitent grandement la vie des insulino-dépendants, lesquels sont sujets à de fréquents et dangereux incidents d'hypoglycémie qui exigent des mesures fréquentes de la glycémie à domicile.

Face à ces critiques se dresse un argument de taille : les difficultés financières de la Cnam. Mais il faut dire que ces 9% de Tunisiens ne voient la Cnam leur consacrer que le quart de la valeur de l'ensemble de ses prestations.

Rappelons que le diabète évolue facilement vers des maladies conséquentes très graves et très coûteuses en termes de coût de la santé, comme l'hypertension artérielle, les maladies des artères du coeur et des pieds et leurs graves conséquences, l'atteinte de la rétine de l'œil et la cécité, l'insuffisance rénale menant à la dialyse... Ces amères réalités invitent à garantir un dépistage très précoce de la maladie, une prise en charge médicale rigoureuse et une hygiène de vie appropriée en matière d'alimentation et d'activité physique. Car le diabète sape la vie à feu doux, avec mille conséquences graves sur le long terme.

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