13 Novembre 2017

Tchad: La fin de la rente pétrolière pèse toujours sur le budget

Photo: Ofeibea Quist-Arcton
Raffinerie de pétrole au Tchad

Il est temps de penser le Tchad sans le pétrole. Le président Idriss Déby l'a répété ce week-end à Ndjamena, lors d'une conférence économique. La chute des cours de l'or noir qui représente 70% des recettes budgétaires du pays a propulsé l'année dernière le Tchad dans la récession. Alors que Ndjamena vient de renégocier un programme de prêt avec le Fonds monétaire internationale, le président montre patte blanche pour conserver le soutien des bailleurs internationaux.

Coupes budgétaires, réduction du train de vie de l'Etat, fin des augmentations pour les fonctionnaires, retrait de certains privilèges de la fonction publique... le Tchad ne sait plus quel fond de tiroir racler pour grappiller quelques revenus. Dernière tentative en cours : la renégociation de sa dette auprès de Glencore.

En 2014, le Tchad a emprunté près d'un milliard et demi de dollars auprès de la société anglo-suisse afin de racheter les intérêts financiers de Chevron dans le secteur pétrolier. Le gouvernement s'est entouré de la banque Rothschild et du cabinet international d'avocats, Cleary Gottlieb, rien de moins... pour avoir gain de cause. Il espère ainsi économiser 108 milliards de francs CFA, soit plus de 190 millions de dollars.

En juillet, le FMI a approuvé un nouveau plan d'aide au Tchad, de plus de 310 millions de dollars, sur trois ans. L'argent est décaissé chaque semestre, après révision de la situation budgétaire du pays. C'est donc l'heure pour Idriss Déby de se montrer responsable, sérieusement engagé sur la route de la réforme et de l'austérité. Les poches vides, l'Etat tchadien ne peut se passer de la perfusion financière du FMI.

Quelles sont les autres ressources de revenus du pays ?

La fin de la rente pétrolière au Tchad pèse toujours sur le budget. Les fonctionnaires doivent se faire à l'idée qu'il n'y aura pas d'augmentation de salaire à court terme, c'est le président tchadien lui-même qui l'a dit ce week-end. Idriss Déby s'exprimait lors d'une assemblée générale des opérateurs économiques du parti au pouvoir.

Idriss Déby a invité les Tchadiens à réapprendre à vivre avec moins de ressources, comme avant la vente des premiers barils de pétrole en 2003. Le pays ne manque pourtant pas d'atouts. L'élevage, le coton et la gomme arabique sont les trois autres sources de revenus, mais loin derrière l'or noir.

En fait, 80% du PIB tchadien sont le fruit de filières encore sous-financées : le secteur agro-pastoral et le tourisme notamment.

Le gouvernement actuel veut diversifier l'économie. En septembre dernier, il a mobilisé les investisseurs publics et privés, à Paris, afin de trouver 3 700 milliards de francs CFA pour financer un plan de développement des cinq prochaines années.

Les promesses annoncées alors totalisent 10 000 milliards de CFA, pour un plan de développement où la part belle revient aux investissements privés. Et afin de les attirer, le gouvernement tchadien assure qu'il fait tout pour améliorer le climat des affaires dans le pays. Malgré la remontée progressive des cours du pétrole depuis quelques jours, le Tchad est encore très loin de reconstituer des réserves de liquidités, d'autant que depuis deux ans, ses revenus pétroliers servent à apurer une dette contractée auprès du trader suisse Glencore.

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