14 Novembre 2017

Tunisie: Kébili, modèle culturel

Une scénographie, respirant le grand air, conçue à partir d'un relief bien choisi entre d'anciennes ruines et nature, avec intervention judicieuse d'une forte efficacité aussi bien dramaturgique que dramatique, de machines telles que motos, voitures, l'apparition de Atef Ben Hassin agrippé à un half-track tel un 'deus ex machina' de malheur venu se venger d'un amour d'enfance perdu.

La fable tourne autour de cette histoire d'amour déçu qui se transforme en conflit entre deux lois, celle du progrès et celle de l'attachement ancestral à la terre .

C'est d'abord et avant tout une catégorie extra- morale : le tragique n'oppose pas, en définitive, des bons et des méchants, des justes et des salauds mais des légitimités, sinon équivalentes. L'amoureux éconduit propose rien de moins que de transformer la région dans le sens du progrès technique, dans le sens de l'histoire, mais le vieux fellah ne l'entend pas de cette oreille et veut garder intactes ses terres, demeurant ainsi en dehors du mouvement général de l'histoire, alors que le monde aborde déjà la révolution transhumaniste... La représentation se déroule en fin d'après-midi, à la lumière du jour, en plein air avec la présence de milliers de spectateurs joyeux, heureux de se retrouver ensemble. La collectivité heureuse de se retrouver dans le bonheur et la sérénité, ce à quoi répond avec force une œuvre dramatique citoyenne bien dirigée.

Ce festival n'a pu avoir lieu que grâce à la ténacité de l'équipe chargée de son organisation. Il leur a fallu lutter pied à pied contre l'inertie et la lenteur des intervenants financiers, la lenteur bureaucratique des services du ministère de la Culture, pour pouvoir être au rendez-vous de la ville de Kébili, à la date prévue. Là j'ouvre une parenthèse pour retenir l'attention sur ce qui peut passer pour un phénomène endémique. En effet, le département de la culture voit se succéder à sa tête une série de ministres sans qu'il y ait le moindre changement de fond dans la bureaucratie de ce ministère dit de la Culture. Certains services sont dirigés par des personnages dont le caractère et l'idiosyncrasie oscille entre les personnages du 'Révisor,' la fameuse pièce de Gogol, et "les Ronds de cuir", le roman de Georges Courteline... en moins drôles. Voulez-vous un exemple de bureaucratie tatillonne au-delà de l'efficace ?

Il s'agit, justement, de ce soi-disant bureau chargé du soutien à la création littéraire et artistique et dont le responsable, qui vient d'être promu paraît-il... est loin d'être quelqu'un d'inspiré, de cultivé -- d'ailleurs peu importe les diplômes dont il pourrait se targuer -- le fait est qu'il se situe à côté du mouvement. Son souci premier est de prétendre mettre un frein aux malversations et autres détournements, sa hantise paranoïaque est qu'il croit voir partout du maquignonnage et de la tromperie. Je suis absolument pour le contrôle exercé sur l'usage de l'aide de l'Etat, je réclame même le renforcement du contrôle sur les usages de cette aide, mais il faut le faire avec discernement et pertinence.

Si on agit de manière aveugle et inconsidérée, on risque d'étouffer dans l'œuf, de détruire quelques prometteuses créations. Il n'y a pas la moindre exagération dans ce tableau, tout à fait réaliste, de la situation actuelle qui sévit en ce moment dans ce département dit de la culture. Il faut illico opérer une révolution culturelle au sein de ce ministère dit de la Culture, avant qu'il ne soit un jour sabordé pour... inefficacité !

Tunisie

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