13 Novembre 2017

Cameroun: Me Harissou soulagé après «trois ans de calvaire et d'humiliation»

Au Cameroun, Maître Abdoulaye Harissou a pu savourer lundi 13 novembre sa première journée de liberté. Il est sorti de la prison principale de Yaoundé dimanche soir, quatorze jours après la décision de justice qui ordonnait sa remise en liberté. Le notaire de Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général à la présidence qui purge une peine de 25 ans de prison pour détournement de fonds publics, avait été condamné à trois ans de prison. La justice lui reprochait de ne pas avoir dénoncé une tentative présumée de coup d'Etat préparée depuis la Centrafrique. Il se dit soulagé après trois années de calvaire.

« Je suis très, très heureux, je suis très soulagé, a réagi Me Abdoulaye Harissou, lundi après sa libération. J'ai passé trois ans de ma vie détenu pour rien : trois années de calvaire, trois années d'humiliation par les responsables de la prison.

Même ma famille qui venait pour m'apporter des repas était tout le temps malmenée, humiliée. Ils n'avaient vraiment aucune considération pour ma personne. J'ai passé vraiment trois années de calvaire et d'humiliation. Ce n'est pas facile à oublier. »

Pour lui, sa condamnation est la conséquence de ses liens avec Marafa Hamidou Yaya, l'ancien secrétaire général de la présidence, lui-même en prison.

« J'ai le sentiment, je suis même convaincu que j'ai payé le fait que je suis un ami très proche de M. Marafa qui a tous les déboires que vous connaissez avec l'Etat du Cameroun. Ceux qui voulaient faire des règlements de compte politiques à M. Marafa s'en sont pris à moi et je me suis retrouvé comme ça injustement trois ans détenu », explique-t-il.

J'ai le sentiment, et j'en suis même convaincu, que j'ai été pris dans une affaire qui ne me concernait pas et qui était au-dessus de moi.

Aujourd'hui, il est soulagé : « Quand vous n'avez pas été en prison, vous ne pouvez pas mesurer l'importance de la liberté. »

Me Harissou a interjeté appel pour que son innocence soit reconnue. Son coaccusé, l'opposant Aboubakar Siddiki a fait de même. Il purge une peine de 25 ans de prison ferme par le tribunal militaire de Yaoundé qui l'a déclaré coupable d'« hostilité contre la patrie ».

Une décision « inique », selon l'avocate de l'opposant. Amnesty International a estimé qu'Aboubakar Siddiki avait été condamné au terme d'un « procès injuste ». L'ONG appelle à sa libération.

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