14 Novembre 2017

Afrique: COP23 - A Bonn, la hausse des émissions en 2017 met les Etats sous pression

Photo: UNFCCC
Cop23

Les émissions mondiales de CO2 sont reparties à la hausse cette année, une mauvaise nouvelle pour le climat et la communauté internationale.

Après trois années stables, les émissions liées à l'industrie et à la combustion d'énergies fossiles devraient croître de 2% (entre 0,8 et 2,9%) cette année par rapport à 2016 et atteindre un niveau record, soulignent les chercheurs du Global Carbon Project.

Leur étude vient confirmer les sombres conclusions du dernier rapport de l'agence Environnement de l'ONU (Pnue), qui relevait que le monde ne faisait pas assez pour tenir les objectifs de l'accord de Paris visant à garder le réchauffement planétaire sous 2°C, voire 1,5°C.

Pour y arriver, "il faudrait que les émissions atteignent leur +pic+ ces prochaines années puis diminuent rapidement", rappelle une des auteurs, Corinne Le Quéré, de l'université britannique d'East Anglia, pour qui ces résultats sont "une grande déception".

Recul pour le genre humain

À l'origine du boom des émissions, la Chine, qui a vu sa production industrielle bondir. Mais pas seulement. Les Etats-Unis (où la consommation du charbon a crû pour la première fois en cinq ans face à la cherté du gaz) et l'Union européenne font moins bien que les années précédentes.

Avec le réchauffement croissant, la Terre se rapproche de "points de bascule" irrémédiables : fonte de calottes polaires, disparition de glaciers... a prévenu un rapport scientifique remis lundi à l'ONU.

A Bonn, les délégués négocient les règles d'application de l'accord de Paris (notamment sur la transparence des actions nationales), qui ne seront pas finalisées avant fin 2018 et la COP24. Ils doivent aussi lancer un "dialogue" d'un an pour préparer la révision des engagements climatiques nationaux, présentés par chaque pays avant la COP21.

"Côté négociations, il y a du progrès", a estimé la responsable climat de l'ONU, Patricia Espinosa, à mi-parcours. "Côté action, on voit des signaux positifs, mais nous sommes aussi conscients qu'il y a un fossé à combler. Nous devons agir vite".

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Damas avait annoncé son intention de rejoindre l'accord, la semaine dernière, par la voix de son vice-ministre de l'Environnement, Wadah Katmawi, présent en séance plénière à la conférence climat (COP23) en cours à Bonn. 169 Etats ont ainsi ratifié le pacte sur 196 pays membres de la Ccnucc - Convention cadre sur les changements climatiques -. 27 pays ont adopté l'accord sans l'avoir encore ratifié.

Adopté par la communauté internationale en décembre 2015, l'accord de Paris vise à limiter le réchauffement sous 2°C par rapport à la Révolution industrielle. Porté, signé puis ratifié par l'administration du président américain, Barack Obama, il a été dénoncé par son successeur Donald Trump en juin.

Une délégation des Etats-Unis, toujours membre de la Ccnucc et qui ne pourra formellement quitter l'accord avant novembre 2020, est présente, dans l'idée de "protéger les intérêts américains", selon le Département d'Etat. Le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires politiques, Thomas Shannon, doit s'exprimer jeudi à la tribune des ministres et responsables gouvernementaux.

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