16 Novembre 2017

Afrique: Développement des médias africains - Bâtir des partenariats tous azimuts pour la sécurité des journalistes

Bâtir des partenariats avec des acteurs du monde de la justice, des forces de défense et de sécurité, des acteurs de la société civile... Mais aussi renforcer les journalistes et les organisations des médias.

Ces chantiers devraient permettre de promouvoir la sécurité des journalistes et de mettre fin à l'impunité des crimes contre les journalistes en Afrique. Les conclusions d'hier, entre professionnels de l'information et l'Unesco, devront être soumises et renforcées par la rencontre d'aujourd'hui, à Addis-Abeba, portant sur le développement des médias africains, entre l'Union africaine, les Nations unies et des responsables de médias africains.

La directrice du bureau de liaison avec l'Union africaine de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, les sciences et la culture (Unesco), Yumiko Yokozeki, a appelé, hier, à un « pluripartisme » pour promouvoir la sécurité des journalistes et mettre fin à l'impunité des crimes en Afrique. S'exprimant devant un parterre de journalistes, membres de la Fédération africaine, elle a rappelé que 530 journalistes ont été tués en 2010. Les chiffres de son organisation de préciser que « 90 % de ces crimes sont impunis ». « Nous devons nous évertuer à diminuer ces chiffres d'horreur vu que l'information est le sang qui doit irriguer les sociétés démocratiques, mais surtout faire en sorte que le ratio de 8 % de ces crimes qui mènent à l'impunité soit revu à la hausse », a exhorté Mme Yokozeki.

Il est donc « primordial » de bâtir des partenariats avec d'autres organisations pour freiner les crimes, mais surtout les punir », selon la patronne du bureau de l'Unesco. Elle a indiqué que ces partenariats doivent être initiés, poursuivis et entretenus avec les acteurs de la justice, des forces de défense et de sécurité, pour la promotion de la justice et des droits humains. Le plaidoyer et la sensibilisation doivent être aussi vigoureux dans la troisième capitale diplomatique mondiale qu'est Addis-Abeba, siège de l'Union africaine. Une meilleure coordination des parties prenantes peut également aider à la diminution des crimes et à la fin de l'impunité. Tout comme il faudra, a-t-elle souhaité, la mise en place d'un « cadre réglementaire des médias pour promouvoir la liberté d'information, mais aussi un renforcement des organisations de journalistes qui n'ont toujours pas les moyens et capacités pour assurer la capacité des journalistes ». Elle a rassuré de la volonté de son organisation de poursuivre dans le sillage déjà tracé et de mettre la question de la sécurité des journalistes et de la fin de l'impunité au cœur de son action.

Les participants à la rencontre ont convenu de la nécessité de « renforcer la liberté d'expression et l'accès du public à l'information » qui passent d'abord par la sécurité des journalistes. Ces derniers sont très souvent exposés. Surtout en Afrique, selon le président de la Fédération des journalistes africains (Faj), Abdulwaheed Odusile. « Les journalistes sont souvent victimes d'attaques de personnes qui ont peur des médias et ne veulent pas que la vérité triomphe. Certains n'ont pas de motivation politique ou économique, mais leur volonté est d'empêcher les professionnels des médias d'enquêter sur d'éventuels commanditaires ou des acteurs étatiques. Le problème n'est pas qu'il y ait des crimes, mais l'impunité qui caractérise ces crimes », s'est désolé M. Odusile. Donnant l'exemple de la Somalie, qui « serait la pire au monde », il a indiqué que des « journalistes y sont tués simplement parce qu'ils sont journalistes ». Et que certains crimes restent encore, dans de nombreux pays, sans « auteur ni commanditaire ».

Mécanismes de solidarité entre journalistes

Les échanges ont révélé que « 93 % des journalistes tués ces 11 dernières années sont des journalistes locaux ». Pour Mehdi Benchalah, du bureau de l'Unesco de Paris qui est intervenu en vidéo-conférence, il est « impératif » de développer des mécanismes de « solidarité entre journalistes, comme le groupe WhatsApp des patrons de presse pakistanais, pour mettre la pression sur les commanditaires des crimes ».

Les membres de la Faj rejoignent, à partir d'aujourd'hui, la Commission économique de l'Afrique pour le « Dialogue de haut niveau sur les médias africains ». Les partenaires sont l'Union africaine, le Nepad, les Nations unies, l'Initiative des médias africains (Ami, constituée de propriétaires de médias africains)... Le thème de ces deux jours de rencontre porte sur le « Développement des médias africains et le renforcement des femmes pour le soutien à l'Agenda 2063 ».

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