16 Novembre 2017

Rwanda: Génocide au Rwanda - Vers un non-lieu pour l'armée française?

L'ex-amiral Jacques Lanxade et l'ex-général Germanos ne seront pas auditionnés par la justice française dans l'enquête sur les possibles responsabilités de l'armée française lors du génocide rwandais de 1994.

La cour d'appel de Paris a confirmé ce jeudi 16 novembre la décision prise en août dernier par le juge qui mène l'instruction. Cette enquête concerne les faits survenus à Bissesero entre les 27 et 30 juin 1994. Les militaires de la force Turquoise sont accusés de n'avoir prêté secours à des civils tutsi que trois jours après avoir constaté qu'ils étaient menacés par des génocidaires hutus. Sans l'audition de l'ancien chef d'état-major et de son adjoint, les parties civiles redoutent que l'instruction aboutisse à un non-lieu.

Un non-lieu, c'est quand le juge d'instruction estime qu'une enquête n'a pas récolté suffisamment d'éléments pour envoyer l'affaire devant un tribunal. « Refuser d'interroger les plus hauts responsables de l'armée française compromettrait ainsi gravement l'instruction », selon l'ONG Survie et la Fédération internationale des droits de l'homme, constituées parties civiles.

Le point épineux est justement de déterminer la responsabilité des hautes autorités durant les trois jours qui se sont écoulés entre la constatation que des civils tutsis étaient menacés à Bisesero et l'intervention de Turquoise. D'après le juge d'instruction, les officiers sur place bénéficiaient d'une certaine autonomie pour décider d'intervenir. Il n'y aurait donc pas besoin d'entendre l'échelon supérieur.

Une vision erronée, d'après Clémence Bectarte, avocate de la FIDH. Selon les parties civiles, c'est bien l'attente d'un ordre venu d'en haut qui aurait empêché la force Turquoise d'intervenir, laissant ainsi aux génocidaires le temps d'abattre des centaines de Tutsi.

Pour l'heure, le général Jean-Claude Lafourcade, ancien chef de la force Turquoise a été placée sous le statut de témoin assisté et échappe ainsi à une mise en examen. Les parties civiles réclament aussi depuis deux ans l'audition de François Léotard, ministre de la Défense en 1994, sans succès.

Rwanda

Affaire Habyarimana - Un ancien militaire rwandais à nouveau auditionné

La justice française les avait convoqués, mais comme attendu, ils ne sont pas venus. Le ministre rwandais… Plus »

Copyright © 2017 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.