17 Novembre 2017

Congo-Kinshasa: Des ONG contre la levée du moratoire sur l'attribution des concessions forestières

La République démocratique du Congo est dans le viseur des ONG de défense de l'environnement depuis 15 ans. A la base, les dirigeants congolais ont failli dans la gouvernance forestière.

Kinshasa a toléré pendant longtemps une exploitation désordonnée de ses forêts par des entreprises forestières occasionnant la déforestation. D'où, le moratoire qui était presqu'imposé à la RDC sur l'attribution de nouvelles concessions forestières.

Kinshasa devrait avant tout s'investir dans la l'aménagement de ses forêts avant de les mettre sous exploitation industrielle. C'est alors que la RDC est en train de négocier la cession de 2 millions d'hectares de forêts pour une exploitation commerciale que sept Ong de défense de l'environnement s'interposent et appellent au maintien du moratoire.

Sept Ong de défense de l'environnement ont publié, le jeudi 16 novembre, un communiqué commun dans lequel elles appellent au maintien du moratoire sur l'attribution des nouvelles concessions forestières en République démocratique du Congo.

Ces Ong fustigent le fait que le gouvernement de la République Démocratique du Congo participe à des pourparlers sur le climat à la COP 23 « tout en planifiant d'ouvrir la deuxième plus grande forêt tropicale du monde aux exploitants industriels de bois », dit le communiqué signé par Greenpeace, Rainforest Foundation UK, Rainforest Foundation Norway, Global Witness, Réseau Ressources Naturelles, Groupe de Travail Climat REDD Rénové et Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones.

Alors que les dirigeants du monde se réunissent pour lutter contre le changement climatique à Bonn, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a rapidement organisé des réunions pour discuter de la levée d'un moratoire de 15 ans sur l'attribution de nouvelles concessions forestières industrielles dans la deuxième plus grande forêt tropicale humide au monde.

Selon un document distribué par le ministère de l'Environnement et du Développement durable de la RDC, le gouvernement prévoit de lever le moratoire et d'allouer deux millions d'hectares - quatre fois la limite légale pour les concessions forestières - à une seule entreprise en échange de son «soutien financier» au processus mettant fin au gel des allocations.

Ces ONG internationales et congolaises ont écrit aux principaux membres du gouvernement de la RDC et aux dirigeants internationaux tels que Patricia Espinosa Cantellano, Secrétaire Exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, ainsi qu'aux ministres de l'Environnement en France, en Allemagne et en Norvège, les exhortant à intervenir.

Toute expansion de l'exploitation industrielle entraînerait une dégradation des forêts et une déforestation, et provoquerait une augmentation significative des émissions de carbone, y compris des tourbières riches en carbone récemment découvertes qui reposent sous de larges zones de la forêt de la RDC.

Victorine Che Thoener, qui dirige la campagne de Greenpeace dans le bassin du Congo, a prévenu: «Les tourbières récemment découvertes contiennent une quantité de carbone équivalant à trois ans d'émissions mondiales de combustibles fossiles. Elles doivent être préservées et le moratoire maintenu. »

La levée du moratoire risquerait de saper les intentions déclarées de la RDC de faire progresser les programmes REDD avec le soutien de financement international. Cela exacerberait également les problèmes d'une industrie qui, en RDC, est synonyme de gouvernance défaillante, de corruption de haut niveau ainsi que de conflits sociaux et de violations des droits des peuples des forêts.

Julien Kabalako Mbuku, du GTCR-R en RDC, a déclaré: "Au lieu de préparer la levée du moratoire, le gouvernement de la RDC et les gouvernements bailleurs devraient concentrer leurs efforts sur la protection des forêts de la RDC et améliorer la gouvernance du secteur."

Les ONG internationales et congolaises appellent également le gouvernement de la RDC à annuler environ cinq millions d'hectares de concessions forestières qui fonctionnent sans plan de gestion et sont donc en situation d'illégalité.

Jo Blackman, responsable de campagne chez Global Witness, a déclaré: «Les projets de la RDC d'ouvrir ses forêts aux exploitants tournent en dérision les tentatives des dirigeants du monde réunis à Bonn pour lutter contre le changement climatique.»

Simon Counsell, directeur exécutif de Rainforest Foundation UK, a déclaré: "Les dirigeants internationaux devraient insister pour que la RDC maintienne son moratoire, ou le pays risque de perdre le soutien financier international pour des programmes visant à réduire la déforestation et la dégradation des forêts."

Congo-Kinshasa

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