18 Novembre 2017

Madagascar: Société textile - Cent huit employés mis à la porte

Une société textile a procédé à une compression de personnel. Une centaine de personnes ont été congédiées.

Perdre son emploi du jour au lendemain. Bruno Rakotonirina, salarié dans une société de confection de pulls, sise à Andraharo ne s'y attendait pas. Cela fait un an et demi qu'il se croyait en « sécurité », dans sa boîte et tout d'un coup, on l'a mis à la porte, « sans préavis », le 14 novembre, avec cent sept autres salariés de cette société.

« Le mardi vers 16 heures, on nous a regroupés à la cantine pour nous annoncer de ne plus revenir à nos postes, le lendemain. On nous a demandé de récupérer une avance sur notre salaire, le lendemain, et on a retiré notre badge», regrette ce chef de famille.

La disproportion de l'offre et de la demande serait la cause de cette compression de personnel. «L'employeur nous a expliqué qu'il y a de moins en moins de demandes avec la saison chaude qui se prolonge et la saison d'hiver qui se raccourcit», soulignent les victimes. D'autres sources avancent la robotisation de la société. « L'employeur aurait déjà discuté avec les employés sur l'arrivée de cette machine, engendrant la compression de personnel», argumente Henri Rémi Boutoudi, secrétaire général de la Confédération chrétienne des syndicats malgaches (SEKRIMA).

Licenciement abusif

Malgré ce soi-disant « préavis », l'employeur n'aurait pas respecté la procédure de licenciement. « C'était un licenciement verbal. Et on ne sait pas sur quelle base il a choisi les cibles. Le renvoi a concerné autant les personnes qui y ont travaillé depuis 11 ans, que celles qui n'y étaient que depuis un an. Il y a des mères-célibataires, avec des enfants à charge, qui ont été aussi remerciées. Étrangement, les employés temporaires et d'autres qui ont été mis à pied, ont été épargnés », poursuivent les victimes.

Les syndicats des travailleurs qualifient ainsi de « licenciement abusif » cette compression de personnel. Sur les quatre cent cinquante cas d'irrégularités notifiés dans le domaine du travail, la majorité entreraient dansa le cadre du licenciement abusif. « L'employeur, quel qu'il soit, doit respecter le code du travail », assènent-ils.

Ces personnes congédiées ont manifesté à Andraharo, hier, pour réclamer leurs droits. Ils ont été soutenus par les syndicalistes. Ils n'auraient pas encore été reçus par l'employeur, hier. Ils poursuivront leur manifestation, lundi, et déposeront une requête auprès de la direction régionale de l'Inspection du travail d'Analamanga à Antsahavola.

En attendant l'issue de cette histoire, Bruno Rakotonirina commence à chercher du travail. «Je dois travailler pour nourrir ma petite famille!», lance-t-il. Seulement, avec le climat économique actuel, trouver un emploi ne sera pas facile. Il y aurait plusieurs milliers de personnes qui cherchent du travail au même titre que lui.

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