20 Novembre 2017

Afrique: Medays, forum, laboratoires d'idées, espaces de dialogue et de réflexions - Ces think thank qui montrent la voie sur le continent

Lutte contre le terrorisme, l'éducation en Afrique par le prisme des grandes écoles, l'intégration économique sociale, l'équation des grosses infrastructures du genre, routes, chemins de fer, aéroports, c'était le menu qui a été tourné sous toutes ses formes, au cours des MEdays édition 2017 qui viennent de se tenir du 8 au 11 novembre dans la paisible ville de Tanger au Maroc sur les bords de la Méditerranée et de l'Atlantique.

Introspections, mais encore prospection, tout y était avec la loupe des observateurs, des experts, mais aussi d'une jeunesse en pleine consciente qu'on peut faire mieux au cœur d'un continent qui bouge et qui veut se remuer plus encore. Et dans le bons sens...

Echanges, réflexions, partages... Rien que ces mots pouvaient résumer à eux seuls, toute la profondeur des thèmes qui ont été débattus au cours de ces journées organisées par un « Think thank » marocain et africain, l'Institut Amadeus.

Par le canal de journées communément appelées MEdays, cet institut dont le siège est à Rabat, capitale du Royaume chérifien, commence au bout d'un parcours d'une décennie, à marquer de son influence, les vraies questions qui touchent et toucheront aujourd'hui et demain, la marche du monde en général et de l'Afrique en particulier. Ils ont nom : développement durable, sécurité face à la montée de nouvelles formes de terrorisme jusque-là peu connues.

Ils sont aussi centrés autour des questions de développement économique sous des formes variées comme la démographie, la naissance de villes nouvelles, les infrastructures qui sortent de terre un peu partout sur le continent etc.

Un véritable débat de fond à travers des propositions d'idées bien profondes mais encore des échanges fructueux pour permettre à tous de conforter le concept de laboratoire d'idées qui devraient caractériser un bon Think thank. L'Institut ambitionne ainsi de converger toutes les bonnes volontés autour d'un possible essor africain, pourvu qu'on y croit et qu'on l'argumente.

Et pour rester fidèle à sa cause, le même institut publie continuellement des analyses et des études autour des problématiques et défis africains et organise des panels, workshops et conférences dédiés à l'Afrique, avec le concours de personnalités, d'experts, d'académiciens et de chercheurs nationaux et internationaux.

Think tank marocain à dimension africaine, fondé en 2008, appuyé par le Roi Mohamed VI, s'est positionné au départ comme un laboratoire d'idées sur les problématiques liées au devenir commun de l'ensemble euro-méditerranéen, l l'Institut Amadeus a, depuis, élargi son expertise à d'autres espaces pour s'instituer en tant qu'interlocuteur scientifique, indépendant, crédible et innovant.

Dans la même mouvance, on peut lire dans les textes liminaires qui présentent ce nouvel espace sur le continent, « Qu'après 9 ans d'existence, l'Institut Amadeus est considéré comme l'un des think tanks les plus influents de la région « MENA ».

Le classement de référence internationale « Global Go To think tank 2016 », publié par l'Université de Pennsylvanie, confirme également depuis son édition de 2011, l'importance de l'Institut Amadeus dans l'écosystème des think tanks les plus influents dans le monde. En outre, « le Forum MEDays de l'Institut Amadeus est classé dans le Top 85 des « Best Think Tank Network» dans le Monde ». Voilà l'image.

Le Maroc donne le ton pour un leadership africain

En 2016, ce sont près de 125 intervenants issus de 75 pays qui se sont réunis à Tanger autour de la thématique : « De la fragmentation à la durabilité : révolutionner les paradigmes».

Tenus dans un contexte de demande de retour du Maroc au sein de l'Union Africaine, les MEDays ont permis à plusieurs personnalités africaines de saluer et de soutenir la demande du Maroc. Pour 2017, ce fut encore autre chose dans la manière d'oser et de préparation, les générations actuelles et celles à venir, à faire face à l'avenir.

Aussi ambitieux que le thème d'avant, celui de cette année : « De la défiance aux défis : L'ère des grands bouleversements » ! L'idée est simple selon les initiateurs, pour qui, « En effet, l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne vivent sous la menace du terrorisme ; l'Afrique Centrale est menacée par des guerres civiles, et l'Afrique Australe fait face aux répercussions du changement climatique. L'optimisme africain est donc de rigueur mais, pour qu'il devienne réalité, il doit prendre conscience et acte de son présent. »

Le fond du texte introductif est simple. Car il semble donc, de l'avis de ses rédacteurs, « que nous sommes à la fin d'une Histoire et au commencement d'une autre. Aujourd'hui, l'humanité est appelée à se repenser afin de répondre à des défis globaux.

En effet, la globalisation, la croissance démographique, la recherche de prospérité par les peuples et la nécessité de la coopération sont des défis qui nécessiteront une convergence des forces et des volontés de tous les gouvernements, leaders d'opinions, opérateurs économiques et autres acteurs. »

Aux yeux d'un homme comme le président de l'Institut Amadeus, comme pour l'initiateur d'un autre forum, Abdoulaye Coulibaly, inspirateur des rencontres de Bamako, tout devrait partir de là.

C'est ainsi, dans ce contexte donc qu'a été organisée la 10ème édition des MEDays pendant laquelle le choix a été fait de se pencher sur l'étude des défiances et des défis qui bouleversent notre monde. Bousculer les tabous et aller de l'avant partout, voilà pour l'enjeu.

Les Initiatives lancées pour cette édition dans ce sens ont ainsi pour vocation de rendre au final, le Forum plus opérationnel et de renforcer sa stature et sa force de proposition. Pour ces mêmes raison, cette 10ème édition du Forum MEDays a débattu autour de grandes trois grandes idées qui se résument en ce concepts : « l'Euro-African Talks », « la Gulf-Africa Business Initiative » et « l'African Health Initiative ».

Un débat de fond sur la gouvernance et la sécurité

Invité d'honneur de ces assises, le Président guinéen, Alpha Condé, reçu à Tanger en sa qualité de Président de l'Union africaine n'a pas manqué d'encourager ce genre d'initiatives dont le Maroc est entrain petit à petit de devenir le porte-étendard sur le continent.

Et, c'est de bonne guerre, selon lui. Avant d'ajouter que,« S'agissant d'un rendez vous de faiseurs d'opinions et d'acteurs engagés dans la transformation ou les deux à la fois, je ferais l'économie d'analyse exhaustive destinée à justifier mon optimisme. »

A travers ces mots, le Président en exercice de l'Union africaine a donné le ton de ce que devaient être ces journées d'échanges et de partages. Partage de connaissances.

Partage de convictions. Partages d'expériences. « Pour chaque problème que nous devons affronter en Afrique, je pense pouvoir démontrer, a poursuivi Alpha Condé, que nous avons aussi des opportunités qui se présentent à nous... »

C'est encore cela, tout l'esprit de ces rencontres sous la forme de Think thank, mais encore de laboratoire d'idées pour les politiques, la société civile, le peuple tout simplement. Président de l'Institut Amadeus, Brahim Fassi-Fihri, ne dit pas autre chose.

« Cette manifestation internationale organisée par les équipes de l'Institut Amadeus, est devenue en dix ans un centre de débats et de recherches qui comptent sur les questions de développement et de sécurité sur le continent. Plus de 150 intervenants, des décideurs, des représentants de la société civile, des chefs d'entreprises venus des quatre coins du monde, se rassembleront en présence de près de 3000 participants... »

Selon le Président de l'Institut Amadeus, « Le Forum MEdays a su montrer qu'il avait une capacité à saisir très tôt les thèmes qui montaient dans l'agenda international. L'émergence de l'Afrique, le co-développement, la résilience climatique, ou la mutation des menaces sécuritaires au Sahel notamment.

C'est dans l'Adn de ce forum de discuter des liens directs entre ces thèmes afin de poser les bases d'un dialogue inclusif. MEdays s'est aussi placé très tôt à l'avant-garde de ce renouveau africain que le Maroc connaît depuis quelques années sous la conduite et la vision éclairée de sa majesté Mohamed VI... »

L'expérience des MEDays démontre qu'il est aujourd'hui possible de compter sur un événement marocain pérenne plutôt que « d'importer » exclusivement des conférences non gouvernementales organisées au Maroc par des structures étrangères, dont les retombées n'atteignent pas celles du Forum MEDays. Ainsi, l'ambition de l'Institut Amadeus est d'ancrer MEDays comme le forum de référence pour les pays du Sud, qui consacre ses efforts au traitement des principales thématiques globales.

Laboratoire d'idées, vous avez dit. Les preuves sont aussi dans les thèmes sophistiqués et pleins de bon sens abordés lors des journées de cette édition. « Brexit, immigration, populisme et crises économiques, comment l'Afrique peut-elle faire face aux incertitudes politiques et sociales de l'Europe ? » Autre sujet sur les questions « Marketing territorial : vecteur d'attraction de la Marque Maroc». Dans, les domaines de l'agriculture et des économies vertes, il y a eu aussi à dire, autour d'un thème centré sur : « Sécurité alimentaire et développement de l'agriculture : le casse-tête africain ».

Ou encore, ce sujet central sur le développement urbain sur le continent à savoir : « Les métropoles africaines à l'épreuve de la croissance démographique : vers de nouvelles villes intelligentes et durables ». Un dernier thème sur la sécurité, c'est encore un sujet d'actualité, « Terrorisme, quel modèle d'architecture internationale pour répondre aux menaces transnationales... »

Rien que pour ce panel qui a clôturé les journées, des idées très intéressantes ont été sorties de échanges. Pour paraphraser, l'un des participants, le chercheur Kader Abderrahim, de l'Iris (Institut des relations internationales et stratégiques, on retiendra avec lui que les modes opératoires du terrorisme changent plus vite que les réponses que les Etats et leurs alliés apportent souvent. Ce qui a changé encore selon l'un d'eux, un expert mauritanien, ce sont les espaces d'opérations de ces groupes liés anciennement à Al qaida avec une nouvelle direction vers l'Asie après l'Afrique.

Santé, éducation, coopération et diplomatie ; rien ne semble pouvoir échapper à l'analyse des spécialistes et observateurs du monde invités à partager les moments de ce genre de forum. A chaque sortie d'experts, sans parti pris, on entend quelque chose de nouveau qui améliore ou contredit de manière intelligente certaines certitudes du passé.

Surtout dans les domaines des infrastructures, de l'éducation, ou encore et plus grave de la sécurité. Laboratoire d'idées ou simple question de résonnance de certains, il semble que le premier concept soit plus adapté à la réalité et là vitalité des nouveaux think thank qui opérent sur le continent.

De par la jeunesse des acteurs comme Brahima Fassi-Fihri mais aussi aux côté d'un autre jeune, le Béninois, Khaled Igué, appuyé par l'ancien Premier ministre béninois, Lionel Zinsou, l'Afrique, comme avec le Forum de Bamako de véritables nouveaux espaces de dialogue qui devraient aider les politiques à comprendre les mutations auxquelles ils peuvent faire face dans un proche avenir. Le Maroc et son jeune roi l'ont bien compris. Aux autres de suivre le rythme.

Maroc

Chan 2018 - Les Eléphants locaux soignent leur attaque

La sélection nationale A' poursuit son rodage à Abidjan. Plus »

Copyright © 2017 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.