20 Novembre 2017

Congo-Brazzaville: COP 23 - L'ingénierie climatique, un programme complémentaire

L'ingénierie climatique, ou intervention climatique, est risquée mais doit être explorée comme un complément, et non comme un programme de substitution, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ont déclaré, le 16 novembre, des experts à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 23) à Bonn, en Allemagne.

L'ingénierie climatique, également appelée géo-ingénierie, est l'intervention délibérée et à grande échelle dans le système climatique avec des mesures incluant l'élimination du dioxyde de carbone de l'atmosphère ou la gestion du rayonnement solaire. « Nous devons faire beaucoup d'efforts pour réduire nos émissions, mais il restera certaines émissions, surtout dans le secteur de l'utilisation des terres, qui ne vont pas disparaître et nous devons donc inévitablement commencer à discuter de cette élimination des gaz à effet de serre », a déclaré Matthias Honegger, chercheur à l'Institut de recherche sur la durabilité, lors d'une conférence de presse.

Différentes approches sont actuellement discutées. Certaines d'entre elles existent déjà, comme la plantation d'arbres. D'autres idées incluent, par exemple, la dispersion de certains minéraux dans les océans pour améliorer la croissance des algues qui, en coulant au fond des océans, créeraient un flux net de carbone de l'atmosphère vers les océans. « Le statu quo est inquiétant », a estimé Dr Hugh Hunt, du Département d'ingénierie de l'Université de Cambridge. « Nous devons avoir une discussion avec le public, impliquer pleinement la société. Les risques du changement climatique sont énormes, les risques de ne rien faire sont énormes mais les risques de la géo-ingénierie sont aussi énormes. Nous devons explorer ces risques car, qui sait, nous risquons d'entrer dans une situation très risquée, sans la comprendre », a-t-il ajouté.

En raison des grandes incertitudes sur l'efficacité et les effets secondaires de l'ingénierie climatique, y compris le risque de perturbation des systèmes naturels, les experts pensent qu'il est nécessaire de discuter de la gouvernance de l'ingénierie climatique, en particulier en ce qui concerne l'injection d'aérosols dans la stratosphère. Il s'agit d'injecter des aérosols de sulfate dans la stratosphère à l'aide d'aéronefs ou de ballons pour créer un effet mondial de diminution de l'intensité de la lumière. « Cette technologie est absolument terrifiante. Nous en avons peut-être besoin. Mais qui doit décider au nom du monde ? C'est là que cette discussion à l'échelle de la société doit avoir lieu. Cela exigerait un niveau de coopération internationale que nous n'avons encore jamais vu », a déclaré Janos Pasztor, directeur exécutif de l'Initiative de gouvernance de la géo-ingénierie climatique à Carnegie (C2G2) et ancien haut-responsable des Nations unies sur le climat. Selon Janos Pasztor, la priorité doit rester la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Mais nous devons considérer ces autres options comme des suppléments, pas comme programme de substitution », a-t-il averti.

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