21 Novembre 2017

Zimbabwe: Pourquoi Mugabe était hier « adulé », aujourd'hui vomi par le même peuple

Photo: New Zimbabwe
Vice President Emmerson Mnangagwa.
analyse

Robert Mugabe est un anti-modèle pour les jeunes leaders africains. Voici pourquoi il était, hier encore, "adulé" et subitement vomi par son peuple. Un classique de la fin des dictatures.

Depuis samedi, des centaines de milliers de Zimbabwéens manifestent dans les rue de Harare pour exiger que le président Robert Mugabe démissionne.

Hier les étudiants de l'Université de Harare ont refusé de reprendre les cours si l'Université ne révoque pas le doctorat en sociologie que l'Université a offert à Grace Mugabe juste trois mois après son inscription. Les officiers du parti au pouvoir et les vétérans de la guerre d'indépendance ne cessent de donner des ultimatums à leur autre fois cher président.

Ceux-là même qui soutenaient son pouvoir hier sont les mêmes qui le vomissent aujourd'hui, parce qu'ils savent qu'il n'a plus le pouvoir de les manipuler comme il veut.

Tout cela devrait servir de leçons aux dictateurs du continent qui se maintiennent au pouvoir en prétextant d'avoir le soutien populaire : quand les rapports de force ne seront plus à leur avantage, ceux qui semblaient les soutenir sont les mêmes qui vont les vomir.

La vérité est que, dans une situation de non-liberté, beaucoup apprennent l'art de la survie. Ils apprennent à anticiper ce que le despote veut d'eux. Ils chantent quand il veut qu'ils chantent. Ils applaudissent quand il attend d'eux des applaudissements. Beaucoup de témoignages d'affection sont faits plus par crainte que par amour.

L'anti-modèle

La vérité est donc qu'on ne peut jamais savoir si un dictateur est « aimé par son peuple » ou pas. Et au fond, ce n'est pas ce qui compte le plus. Ce qui compte pour un leader est : qu'est-ce que l'éternité gardera de mon action ?

Rien de ce que Mugabe est en train de faire pour rester au pouvoir jusqu'à sa mort n'honorera sa mémoire pour les générations des Zimbabwéens à venir.

L'histoire retiendra que le vieux Mugabe est sorti par la petite porte, et sa volonté de se maintenir au pouvoir contre vents et marrées pourrait obscurcir tout ce qu'il a pu accomplir comme combattant pour l'indépendance du Zimbabwe.

Ce que les jeunes leaders africains devraient retenir de l'histoire de Mugabe, c'est de le considérer comme un anti-modèle. Mugabe a commencé sa carrière comme un combattant pour la liberté, un héros, et il la termine comme un parasite qui s'accroche à sa proie. C'est tout l'inverse de ce à quoi les jeunes d'aujourd'hui doivent aspirer.

Zimbabwe

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