21 Novembre 2017

Burkina Faso: Maladies chroniques - Diabète et grossesse, un cocktail explosif

Le 14 novembre est institué Journée mondiale du diabète. Pour marquer l'événement, l'Association burkinabè d'action contre le diabète (ABAD) a organisé une série d'activités de sensibilisation à cette maladie chronique qui prend des proportions inquiétantes (au total 425 millions de diabétiques dans le monde ; 16 millions en Afrique ; environ 900 000 au Burkina).

Une série de conférences sur le thème « Femme et diabète : le droit d'accès des femmes diabétiques aux soins » ont été données dans ce cadre le samedi 18 novembre.

A cette occasion, des spécialistes tels le Pr Innocent Pierre Guissou, président de l'ABAD, le Pr Hervé Tierno, diabétologue à l'hôpital de district du secteur 30, et la directrice de la Nutrition, Bertille Ouaro ont, tour à tour, abordé les généralités sur la maladie, parlé de femmes et diabète et de l'alimentation du diabétique.

Le diabète, selon le Pr Innocent Pierre Guissou, se caractérise par une élévation du sucre dans le sang, appelée hyperglycémie. Dans ce cas, l'organisme ne peut plus utiliser le sucre pour sa survie, sachant que le sucre est reconnu comme l'énergie qui fait fonctionner l'organisme. Il y a 2 types de diabète :

- le diabète de type I ou diabète du jeune : c'est lorsque le pancréas ne produit plus d'insuline. « C'est l'insuline qui métabolise le sucre quand il entre dans l'organisme pour le maintenir à un niveau dit normal », a expliqué le Pr Guissou.

Généralement, ce diabète survient chez les sujets jeunes. Son traitement se fait par l'apport d'insuline qui n'existe pourtant pas, a regretté le Pr Guissou, par voie orale.

«Les malades subissent des injections qui les fatiguent. C'est pourquoi nous soutenons la recherche pour la production des médicaments contre le diabète de type I par voie orale. Cela va permettre d'améliorer la santé des diabétiques », a-t-il dit.

- le diabète de type II, le plus courant, toujours selon le Pr Guissou : il survient lorsqu'on mange mal, notamment suite à la consommation excessive de graisse ou d'autres aliments qui fabriquent du sucre, et que l'insuline n'arrive pas à tout métaboliser.

Le diabète, qu'il soit de type I ou II, se manifeste par une soif excessive ; une bouche sèche ; une perte soudaine de poids, des urines abondantes, une vision trouble, une faim constante, une incontinence nocturne (surtout chez les enfants), un manque d'énergie et la fatigue.

«On peut être mince comme un clou mais souffrir du diabète»

On ne guérit pas du diabète, mais il existe des traitements pour le contrôler. Tout diabétique doit respecter les prescriptions de son médecin.

Même si certains malades se réfèrent aux tradipraticiens, dont certains prétendent pouvoir guérir le diabète, le Pr Guissou les exhorte à ne jamais arrêter de prendre les médicaments qui leur sont prescrits par le médecin, car, a-t-il indiqué, le diabète mal traité peut conduire à des complications graves comme les maladies cardiovasculaires (HTA, AVC), les maux de nerfs, les problèmes de vision pouvant même conduire à la cécité.

Selon certaines idées reçues, le diabète s'attaque seulement aux personnes obèses. « Faux », rétorque le professeur. «Des études ont prouvé qu'on peut être maigre comme un clou et souffrir du diabète de type II », a-t-il affirmé avant de souligner que bien que l'obésité soit une cause du diabète, il y a aussi d'autres facteurs comme l'alimentation déséquilibrée, la sédentarité et le facteur génétique. Sur ce dernier point, il précisera : « Quand, dans la famille, le père ou la mère souffre du diabète, les enfants courent le risque d'en souffrir aussi. ».

Diabète et grossesse, une association à risque

Selon des chiffres de la Fédération internationale de diabète, dans le monde, 2 femmes diabétiques sur 5 sont en âge de procréer, une femme sur 8 a fait une hyperglycémie pendant la grossesse et une naissance sur 7 est affectée par le diabète gestationnel (diabète induit par la grossesse).

C'est dire combien les femmes sont vulnérables au diabète. «Une femme diabétique aura des problèmes quand elle va tomber enceinte », a confié le Pr Guissou, non sans relever la nécessité de protéger la femme diabétique en grossesse ainsi que l'enfant qui va naître.

Le diabète et la grossesse constituent une association à risques, dira à son tour le Pr Tierno. A l'en croire, il peut y avoir des complications à trois niveaux : chez la mère, sur la grossesse et chez le bébé. La mère sera plus exposée, entre autres, aux maladies cardiovasculaires, au risque d'infections urinaires plus sévères et au manque de désir sexuel.

Quant aux complications à propos de la grossesse, elles concernent des malformations congénitales au niveau de 3 organes qui sont le cœur, le système nerveux et le rein. Elles peuvent aussi être à l'origine d'un prématuré. Concernant le bébé, il fera une hypoglycémie à la naissance et fera face à un risque élevé (37%) de devenir diabétique.

En vue d'éviter toutes ces complications, le Pr Tierno a invité toutes les femmes diabétiques désireuses d'avoir un enfant à en parler à leur médecin pour qu'ensemble ils puissent préparer la grossesse.

Le traitement du diabète passe par un mode de vie sain

Le diabétique est soumis à un régime alimentaire qu'il est tenu de respecter. D'ailleurs, a relevé le Pr Tierno, 70% des cas de diabète de type II peuvent être évités si l'on a un mode de vie sain.

Il s'agit de réduire les apports en sucres simples contenus dans les sucreries et les confiseries, en matières grasses, de réduire la consommation de sel et d'alcool et manger, comme le recommande l'OMS, au moins 5 portions de fruits par jour.

En plus, le diabétique doit avoir une activité physique régulière (marche, course, pétanque). A tout cela s'ajoutent quelques précautions à observer comme ausculter régulièrement ses pieds. «En plus des yeux, le diabétique doit faire attention à ses pieds, qu'il doit bien laver.

C'est de là, en effet, que peut venir la première complication en ce sens qu'à ce niveau le sang ne circule plus. Le diabétique peut donc par exemple être blessé au pied et ne même pas sentir la douleur, car les nerfs ne fonctionnent plus convenablement. C'est cela qui conduit d'ailleurs aux amputations », a ajouté le Pr Guissou.

Burkina Faso

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