21 Novembre 2017

Guinée: Comment empêcher les manifestations violentes ?

Alors que des heurts ont de nouveau eu lieu à Conakry, une ONG tente de faire le lien entre les jeunes et les forces de l'ordre pour éviter les débordements et les violences.

Alors qu'un étudiant a été tué le 20 novembre lors d'une manifestation pour protester contre les conditions de l'enseignement en Guinée, une formation propose d'apprendre à dialoguer pour empêcher les violences.

L'initiative est organisée par l'ONG Femmes développement et droits humains. Elle réunit tous les acteurs impliqués dans les manifestations en Guinée, notamment les jeunes et les forces de sécurité.

Moussa Héro Bah, la responsable de cette ONG, estime que les Guinéens doivent se mettre ensemble pour surmonter leurs différends.

Si on réussissait à créer un lien entre les leaders qui sont sur le terrain, explique Moussa Héro Bah, ils pourraient faire des recommandations, des propositions aux agents de sécurité quand les choses tournent mal. "Quand il y a une manifestation alors les agents des services de sécurité pourraient dire à ces jeunes : nous attendons cela de vous, nous voulons que vous manifestiez de façon pacifique", poursuit-il.

Manifester pacifiquement

Plusieurs victimes des manifestations politiques en Guinée étaient présentes à la rencontre organisée à Conakry. C'est le cas d'Ibrahima Barry qui a été blessé au bras lors de la dernière manifestation de l'opposition. Il demande aux forces de l'ordre d'utiliser des armes non létales.

"J'étais en train de manifester, il y a un policier qui passait sur la route et il a tiré trois fois dans notre direction. Nous en sommes certains, mes amis et moi car j'ai reçu une balle dans la main. L'os s'est cassé. Je suis venu ici pour dire qu'on peut manifester sans violence."

La police se défend

Le directeur national des unités d'intervention de police a lui-même participé à cette formation. Il se défend en disant que les morts par balles ne viennent pas du dispositif qu'il déploie lors des manifestations.

"Dans toutes les enquêtes qui ont été faites vous ne verrez jamais un agent de maintien d'ordre, que ce soit la police ou gendarmerie, qui est en train de tirer sur un manifestant", explique le Colonel Ansoumane Camara Bafoué.

"Parce que dans la manifestation, nous sommes face a ceux qui ont des téléphones et les médias aussi on des caméras. C'est facile de distinguer celui qui a tiré. Nous sommes parfois aussi victimes des balles, nous ne savons pas d'où elles viennent. Nous venons seulement avec des armes conventionnelles."

Pour rappel, depuis 2010, les manifestations politiques ont fait plus de 80 morts en Guinée.

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