23 Novembre 2017

Afrique: Industrie de l'édition du livre - L'Occident amasse des milliards d'euros sur le continent, l'Afrique reste malingre

Les lampions vont s'éteindre ce jour sur la Conférence régionale de haut niveau qu'abrite la capitale camerounaise depuis hier 22 novembre 2017, sur l'édition du livre en Afrique, et son rôle dans l'éducation et la croissance économique.

Les assises organisées par le ministère camerounais des Arts et de la Culture (Minac) et l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), sont présidées au nom du chef de l'Etat camerounais, par son Premier ministre Philemon Yang. Ces dernières, avons-nous appris, connaissent la participation de 150 experts issus d'une quarantaine de pays du continent.

Dans son allocution de circonstance, Narcisse Mouelle Kombi le Minac pour décrier la faiblesse voire l'inexistence de l'Afrique dans l'univers de l'édition du livre, a révélé que cette industrie emploie près de 75 000 personnes en France, avec un chiffre d'affaires de 2267 milliards d'euros pour 442 millions d'euros de droit d'auteurs pour l'année 2015. « Une bonne partie de ce chiffre d'affaires, de groupes d'éditeurs occidentaux, est réalisé en Afrique, à travers les ventes des livres », a-t-il cependant regretté. Pour le membre du gouvernement camerounais, l'importance de la culture dans le monde, contraste avec la faiblesse des industries culturelles africaines dans leurs économies.

Ainsi donc les 22 et 23 novembre 2017, Yaoundé qui fait office de capitale africaine de cette réflexion sur le développement et la participation de l'industrie de l'édition du livre dans les économies des pays du continent, met aux prises, des professionnels de la chaîne : imprimeurs, diffuseurs, libraires, infographistes, auteurs et décideurs politiques. A en croire un expert rencontré par Camer.be, l'une des pesanteurs au développement de l'industrie du livre, de la lecture et de l'édition en Afrique, est le très peu de considération de ce secteur dans les politiques gouvernementales. A cela, s'ajoute selon lui, l'absence de financements adéquats. Sont aussi mises en index, l'absence de division du travail, l'éditeur se muant lui-même en distributeur ; la mauvaise qualité des infrastructures de transport, laquelle entraine le cout élevé des tarifs de voyages, et donc du cout du livre.

Pour ce qui est du Cameroun, le ministre des Arts et de la Culture, Narcisse Mouelle Kombi qui a parlé d'une « industrie à part entière », a cependant eu le verbe sévère envers les carences multiples qui empêchent l'industrie du livre de décoller au Cameroun : les écueils juridiques, de gouvernance, de formation, de distribution et de financements. Aspérités qui de son point de vue, doivent être gommées. Et le Professeur agrégé de Droit n'en sera pas moins rejoint par la directrice générale adjointe de l'Ompi, laquelle regrettera que l'Afrique dont la population est la plus jeune de la planète, soit à la traine de l'industrie du livre, très loin derrière les Etats-Unis, le Japon, l'Europe.

Non fataliste, Narcisse Mouelle Kombi pour ce qui est du Cameroun, a affirmé qu'un Plan d'action pour l'édition et le livre, est en cours d'élaboration, et a appelé l'Ompi à venir au secours du pays pour la modernisation du droit d'auteurs dont à l'en croire, des agréments seraient bientôt délivrés aux cinq différentes sociétés des catégories existantes.

Il ne reste plus qu'à souhaiter que les travaux qui s'achèvent ce jeudi 23 novembre à Yaoundé, balisent le chemin pour une industrie du livre viable économiquement, et une qualité du livre qui garantisse une éducation de qualité.

Cameroun

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