23 Novembre 2017

Madagascar: Droits de l'Enfant - Les informations essentielles sur la Convention internationale des Droits de l'Enfant (CIDE)

Les enfants ont le droit de jouer, de rire et de rêver.

Le monde entier a célébré récemment (le 20 novembre dernier) la journée mondiale de l'Enfance, cette richesse humaine inestimable, aux potentiels infinis est pourtant vulnérable et constamment menacée. Cette célébration commémore également le 28e anniversaire de la CIDE, proclamée en 1989. Notons que Madagascar a également ratifié cette convention internationale relative aux Droits de l'Enfant. En voici les tenants et les aboutissants.

La CIDE est composée de 54 articles pouvant se résumer en dix points essentiels. Au fil de la lecture, nous nous apercevons que bon nombre de ces droits sont encore bafoués aujourd'hui, notamment dans les pays qui s'enlisent dans la pauvreté, ou en proie à des guerres civiles, ou encore enfermés dans des carcans religieux rigides et antinomiques avec l'épanouissement des enfants.

ENCADRE 1

Les 10 principaux droits des enfants

Le droit d'être protégé contre toute forme de discrimination en raison de sa race, de sa religion, de son origine, ou de son sexe

Le droit d'avoir un nom et une nationalité

Le droit à une alimentation suffisante et saine

Le droit d'être soigné et de bénéficier de soins et de traitements adaptés à l'âge

Le droit à l'éducation

Le droit d'être nourri, logé et de grandir dans de bonnes conditions

Le droit de jouer, de rire et de rêver

Le droit d'accéder à l'information, d'exprimer son avis et d'être entendu

Le droit d'être protégé de la violence et de l'exploitation

Le droit à une protection spéciale pour tous les enfants réfugiés et/ou handicapés

152 millions d'enfants travaillent encore dans le monde.

Les contre-exemples de la réalité malgache

Certes, Madagascar fait partie des pays ayant ratifié la CIDE en 1989. Pourtant, force est de constater qu'en matière de respect des droits de l'Enfant-comme tant d'autres domaines sociaux-politiques d'ailleurs- la Grande Ile est encore à la traîne. Voici en encadré, des faits et des chiffres qui interpellent sur la vulnérabilité de l'enfance à Madagascar.

ENCADRE 2

Malnutrition chronique. Madagascar occupe le 4e rang mondial en ce qui concerne le retard de croissance des enfants de moins de cinq ans.

Insécurité sanitaire. La pédiatrie et la prise en charge sanitaire effective manquent encore à l'appel pour les enfants vulnérables et parfois même ce qui ne le sont pas (socio-économiquement parlant). En effet, 44.000 enfants décèdent chaque année des suites de maladies tout à fait évitables dans la pratique.

Education « inclusive ». Les 6 à 12 ans sont plus d'1,5 million à être privés d'éducation primaire. Par ailleurs, 89% d'enfants porteurs de handicaps ne sont pas scolarisés.

Violences sexuelles. 14% des filles de 15 à 19 ans subissent ou ont subi des violences sexuelles.

Identité légale. 20% des enfants ruraux n'existent pas à l'état civil, faute d'avoir été déclarés à la naissance.

Environnement familial. 13% des enfants vivent sans leurs deux parents biologiques. Alors que la famille, premier cercle social, est fondamentale pour le bien-être présent de l'enfant et sa vie future d'adulte.

Plus de 500.000 enfants Rohingya sont actuellement réfugiés « politiques » au Bangladesh, sans toit, ni foyer. (Photo : AFP).

Les contre-exemples à l'échelle mondiale

En dépit de tous les efforts entrepris, Madagascar n'est pas le seul à être à la traîne en matière de protection de l'enfance. Dans d'autres contrées, les conditions de vie intenables des enfants ont également la dent dure.

ENCADRE 3

Traite. Plus d'1 million d'enfants, indépendamment de leur sexe font l'objet de trafic d'être humain chaque année.

Travail des enfants. Selon l'Organisation internationale du Travail, 152 millions d'enfants travaillent encore dans le monde, dont 70% dans le secteur agricole, 9% dans l'industrie et 22% dans le secteur tertiaire.

Sans domicile fixe. Même dans l'Hexagone, 30.000 enfants SDF vivaient encore dans la rue, livrés à eux-mêmes, en 2009.

Réfugiés. Le cas des enfant s réfugiés dont la nation est en proie à des guerres civiles constitue l'une des plus flagrantes violations des droits de l'Enfant. Depuis le mois d'août, plus de 500.000 enfants Rohingyas -provenant originellement de Birmanie- vivent dans des camps de réfugiés au Bangladesh. Si les uns sont en famille, d'autres sont seuls face à leur propre sort et luttant pour leur survie. Et on ne parle même pas du cas des enfants syriens !

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