23 Novembre 2017

Burkina Faso: Grève au primaire et au secondaire - Lundi, les élèves passent le relais aux enseignants

Au surlendemain du débrayage des élèves, leurs enseignants qui observaient un sit-in de manière continue chaque jeudi de 7 h à 10 h sont entrés pieds joints dans la danse en attendant 96 h d'arrêt de travail à compter du 27 novembre. Dans l'ensemble, le mouvement a été suivi à Ouaga et dans les provinces en ce mois de décembre où les cours sont habituellement perturbés dans les écoles.

Depuis le 9 novembre dernier, le personnel du système éducatif observe un sit-in chaque jeudi de 7 heures à 10 heures. D'habitude, les enseignants reprennent la craie une fois les 3 heures écoulées.

Ce jeudi 23 novembre, la réalité est tout autre : pas de cours après 10 heures puisque les élèves, en signe de soutien à leurs encadreurs, sont dans la rue pour 72 h depuis le 22 novembre.

Une sortie pour constater le débrayage nous conduit au lycée Philippe-Zinda-Kaboré, le plus grand du Burkina Faso. La cour n'est pas bondée de scolaires kaki, seulement quelques-uns, sur leur monture, étaient en route certainement pour le domicile. D'autres, plus loin, par contre révisent leurs leçons.

Dès que le véhicule siglé du Canard s'immobilise, nous constatons immédiatement un groupe de personnes en discussion : il s'agit des enseignants qui observent le mot d'ordre de sit-in.

« A 10 heures, normalement, nous devons reprendre les activités, mais, compte tenu du récent mouvement d'humeur des élèves pour soutenir les enseignants, il n'y a pas cours », a expliqué tout de suite Zakaria Nadia.

L'arrêt de travail a occasionné la suspension des évaluations dans les établissements secondaires et l'arrêt des compositions de fin de trimestre au primaire.

L'ensemble des quinze organisations syndicales qui observent le sit-in déplorent « le dilatoire » du gouvernement et ont décidé de durcir le ton.

Ils ont annoncé une grève de 96 heures à compter du 27 novembre 2017. Si au bout de ce mouvement d'humeur il n'y a pas de satisfaction de la plateforme minimale de quatre points, certaines personnes craignent le pire. « Trop, c'est trop.

Le gouvernement à trop fait dans le dilatoire, et aujourd'hui les travailleurs de l'éducation et de la recherche sont très remontés. Depuis l'année passée, nous avons eu des accords signés çà et là pour octroyer des avantages dans la fonction publique.

Mais on laisse notre corps à part comme s'il n'était pas important. Nous sommes déterminés à continuer la lutte jusqu'à la satisfaction totale de notre plateforme revendicative », a prévenu le coordonnateur national des syndicats de l'éducation, Windyam Zongo.

C'est une suite d'années scolaires perturbées qui s'annonce donc. Les élèves s'y préparent à qui mieux mieux. Agathe Kaboré, élève en classe de Tle D que nous avons rencontrée dans l'une des classes du « noble » Zinda, n'a pas caché son inquiétude.

« Depuis le 21 novembre, nous sommes abandonnés à notre sort. On a rendu visite au ministre avant-hier, mais toujours pas de réponse. On s'organise en groupes de travail pour ne pas chômer », confie-elle, toute embarrassée et préoccupée par son exercice.

Le corps enseignant souhaite, entre autres, la satisfaction intégrale de sa plateforme revendicative soumise au gouvernement le 5 octobre 2016 et réintroduite une année plus tard.

Les points de la plateforme minimale : adoption d'un statut valorisant des personnels de l'éducation et de la recherche ; amélioration de l'accès à l'éducation par la construction et l'équipement d'infrastructures éducatives adéquates, effectivité de la gratuité de l'éducation de base, développement de l'éducation préscolaire, amélioration des conditions de travail pour une plus grande efficacité du système éducatif, revalorisation de la fonction enseignante.

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