24 Novembre 2017

Burundi: Des enfants qui coupent la main à d'autres enfants! Où allons-nous ?

La page d'information SOS Médias Burundi relayait hier des images horribles : deux jeunes enfants, de cinq et neuf ans, amputés de leurs poignets gauches par deux autres ados, pour avoir volé du maïs à Gitega. Ironie du sort, il y a moins de cinq jours, on célébrait la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l'Enfant... Voici le cri de cœur de la blogueuse Inès Ininahazwe.

Je veux bien croire que j'ai rêvé, que je n'ai jamais vu de si horribles images, suintant d'une telle atrocité. Que de mauvaises nouvelles ces derniers temps ! Il y a quelques jours, je voyais mes semblables réduits à des marchandises, traités comme des bêtes de l'autre côté de l'Afrique.

Et maintenant, ici au Burundi, à l'heure où l'on s'interroge sur le sens des droits humains, deux enfants, mineurs, innocents, sont amputés de leurs bras, à cause de simples épis de maïs qu'ils auraient volés. Quels mots pour qualifier ces maux? Révoltant. Inhumain.

Une horreur !

Aucune jolie formule, aucun texte aussi révolté soit-il ne peut leur ramener leurs membres, leurs droits, leur avenir en tant qu'humain bien portant malheureusement.

Ne parlons pas seulement d'atteinte à leurs vies, mais remettons en cause également les raisons qui les auraient poussés à commettre ce « crime » si sévèrement puni. Était-ce la faim ? Si oui, est-ce leur faute s'ils ont faim ? Est-ce leur faute s'ils vivent dans un pays où manger à sa faim est réservé à quelques privilégiés ?

D'autres diront que cela est dû à la mauvaise habitude des enfants qui s'en prennent aux champs d'autrui. Très léger comme argument.

Peu importe la raison, aucune loi, aucune règle morale n'autorise une telle punition, de surcroît sur un enfant. Ce dernier ne demande qu'être protégé, nourri convenablement, bref grandir dans une communauté qui garantit ses droits.

Quid de leurs tortionnaires ?

D'autres jeunes, j'entends, voire d'autres enfants, sont à l'origine d'une telle abomination. Donc une violence entre gamins. Mais où allons-nous ? Oser prendre une machette, « scier » quelqu'un, même pour un adulte c'est une horreur.

C'est odieux. Quid des enfants ? Subissons-nous les tares d'une société tellement sévère, qui met en avant la coercition, la punition (kudahana imbwa bivyara imisega*), qu'elle engendre des gens sans cœur?

Cela est-il le résultat d'un manque d'encadrement, de repères pour une jeunesse perdue sur une mauvaise piste, traînant un lourd héritage de conflits, de vengeance interminables?

Des questions j'en ai jusqu'à l'infini! Mais les réponses, solutions, à ce mal qui nous hante, je ne saurais les trouver toute seule. En attendant, que justice soit faite pour ces enfants, ces innocents ! Et que plus jamais on entende parler d'autres cas similaires.

Burundi

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