24 Novembre 2017

Burkina Faso: Visite d'Emmanuel Macron à Ouagadougou

Photo: RFI
Président Français Emmanuel Macron

La Coalition contre la vie chère (CCVC), section Kadiogo, n'a pas été tendre à l'égard du président français, Emmanuel Macron, attendu, pour sa première visite officielle à Ouagadougou, le 27 novembre prochain. En effet, lors de son point de presse animé le 23 novembre 2017 à Ouagadougou, la CCVC a dépeint un tableau totalement sombre des relations entre la France et le Burkina. De la visite du président français au « pays des Hommes intègres », la CCVC n'attend rien également.

« Si vous aviez l'occasion d'avoir un tête à tête avec le président français, que lui diriez-vous ? », ont demandé les Hommes de médias aux membres de la CCVC/Kadiogo, lors de leur point de presse du 23 novembre dernier. Sans équivoque, le président de la CCVC/Boulmiougou, Dominique Yaméogo, principal animateur de ce point de presse, répondra : « Trop de choses... Mais pour l'essentiel, nous allions lui rappeler que la plupart de nos grands-parents sont nés français sous le colonialisme français.

Des Burkinabè ont été amenés de force pendant la première et la deuxième guerre mondiale pour contribuer à libérer la France des griffes des nazis. Mais aujourd'hui, la même France rejette les enfants, les petits- enfants et arrière-petits-enfants de ces combattants, de ceux qui ont sacrifié leur vie pour qu'elle soit ce qu'elle est

aujourd'hui. Ce sont ces enfants qui périssent en mer aujourd'hui... Nous dirions au président français que la politique française, depuis le colonialisme jusqu'aujourd'hui, est une régression marquée par une main mise et une répression contre les peuples africains dont le peuple burkinabè. Nous lui dirions que cela est inacceptable. Nous lui dirions que nous voulons une coopération vraie entre les peuples, entre les pays et dans le respect mutuel. Nous lui dirions qu'il faut quand même qu'il y ait de la considération pour les peuples africains ».

Le Burkina, « une province de la France »

Et quand on lui demande quelle appréciation il fait de la visite annoncée du président français, il répond qu'il n'en attend rien. « Si le président français vient ici, c'est pour venir exhiber l'impérialisme français », a-t-il spécifié avant de fulminer: « Ils viennent pour donner des ordres et faire la morale pour essayer de briser l'élan de la lutte des peuples africains et burkinabè pour l'émancipation ».

Pour cette raison, la CCVC a appelé les populations à sortir, à prendre position le long du cortège de Emmanuel Macron et à dénoncer la politique française au Burkina et en Afrique en général. Une politique qui, selon Dominique Yaméogo, est marquée par une ingérence à tous les niveaux.

Sur le plan militaire, a-t-il fait savoir, un accord signé en matière de défense a fait du Burkina « une province de la France » en ce sens qu'il autorise, entre autres, le déploiement des troupes françaises sur le sol burkinabè et leur garantirait une immunité identique à celle accordée aux experts en mission par la convention des Nations unies. Pourtant, sur le terrain, a déploré Dominique Yaméogo, elles ne font rien pour aider les troupes en faction dans le Nord du pays.

« Elles ont souvent l'information, mais elles refusent de la partager avec les militaires burkinabè. Cela, dans le but de légitimer leur présence avec des interventions après coup », foi de Dominique Yaméogo.

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