28 Novembre 2017

Afrique: Le Conseil de sécurité discute comment mettre fin à la traite des migrants et réfugiés en transit

Photo: United Nations
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, accueilli par le Président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, au Sommet Union africaine - Union européenne à Abidjan.

Réuni à la demande de la France à la suite d'images récentes montrant une 'vente d'esclaves' en Libye, le Conseil de sécurité a entendu mardi les recommandations de deux responsables onusiens pour mettre fin à la traite des migrants et des réfugiés en transit en Afrique, parmi lesquelles la promotion du droit d'asile, le démantèlement des réseaux de trafiquants et un soutien aux autorités libyennes.

« Le fléau de l'esclavage et des autres violations graves des droits des migrants et des réfugiés en transit en Afrique vers l'Afrique du Nord et au-delà est une abomination qui ne peut plus être ignorée », a affirmé le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. « Plus de 116.00 personnes ont traversé la Méditerranée depuis l'Afrique du Nord vers l'Italie en 2017 ».

M. Grandi a par ailleurs indiqué que plus de 17.000 réfugiés et migrants étaient actuellement en détention en Libye, tandis qu'un plus grand nombre encore était entre les mains de trafiquants, protégés par des « milices bien connues ».

Il a plaidé pour que l'appui aux autorités libyennes dans la gestion des frontières soit complété par des mesures de promotion du droit d'asile, avant de soutenir les efforts visant à accélérer le retour volontaire des migrants dans leur pays d'origine.

Il faut également veiller à identifier les demandeurs d'asile et les réfugiés qui ont besoin d'une protection internationale, a-t-il affirmé. M. Grandi a souligné la nécessité de renforcer l'accès des réfugiés à des mesures de protection dans le premier pays qu'ils atteignent. « Mais les ressources manquent, en particulier en Afrique », a-t-il dit.

Le Haut-Commissaire a en outre plaidé pour le gel des avoirs, l'imposition d'interdictions de voyager et la poursuite en justice « robuste » des trafiquants.

De son côté, le Directeur-général de l'Organisation internationale des migrations (OIM), William Swing, a affirmé que la priorité devait être donnée au démantèlement des réseaux de trafiquants.

Il a souhaité que les centres de détention libyens soient vidés de leurs occupants, avant de plaider en faveur d'accords « gagnants-gagnants », avec des garanties des pays d'origine, pour que les migrants n'empruntent pas à nouveau des routes irrégulières.

S'exprimant à leur tour, les délégations ont été nombreuses à rappeler leur « indignation » devant la vidéo « abjecte », selon les expressions du délégué de la France, montrant une vente aux enchères de migrants en Libye.

Les délégations ont été nombreuses à souligner l'importance du processus politique en Libye pour mettre fin à la traite des personnes.

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