28 Novembre 2017

Afrique: Sommet UA-UE - Les rencontres se suivent et se ressemblent

Photo: United Nations
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, accueilli par le Président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, au Sommet Union africaine - Union européenne à Abidjan.

Le 29 novembre 2017, s'ouvre à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 5è sommet Union africaine (UA)-Union européenne (UE) qui regroupe quelque 5 000 participants de 110 délégations venant de 55 pays d'Afrique et 28 d'Europe. C'est dire l'importance d'un tel sommet qui accueille pas moins de 83 chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique et d'Europe.

Pendant 48 heures donc, Abidjan sera la capitale de ces deux continents réunis au plus haut sommet pour discuter de questions qui intéressent leur destin commun.

Et le thème « investir dans la jeunesse pour un développement durable » ne pouvait pas mieux tomber. Car, aujourd'hui plus que jamais, la question de l'employabilité des jeunes et de leur accès à un travail décent se pose avec acuité à tout le continent. L'Europe non plus n'échappe pas à cette dure réalité.

C'est pourquoi il y a lieu de croire que le débat sur les marchés aux esclaves en Libye, en ce XXIè siècle, va forcément s'inviter aux débats, eu égard à l'onde de choc qu'ils ont suscitée, avec les images dégradantes de ces bras valides du continent noir qui sont l'objet de toutes sortes d'humiliations.

Rien qu'en cela, le sommet d'Abidjan aurait sa raison d'être, en tant que tribune privilégiée pour que les uns (les Africains) et les autres (les Européens) se disent les quatre vérités sur cette question à l'effet d'y trouver une solution définitive.

Car, si pour les dirigeants africains, la question migratoire des jeunes Africains en quête de mieux-être sous d'autres cieux est un lourd fardeau que les opinions font planer sur leur tête en indexant leur responsabilité, les dirigeants européens ne semblent pas logés à meilleure enseigne avec la radicalisation de leurs jeunes en manque de repères et surtout confrontés à la dure loi du chômage. C'est donc, dans une certaine mesure, à une communauté de destin que sont confrontés les dirigeants de ces deux continents voisins.

On espère que le sommet d'Abidjan marquera un tournant

Au-delà, ce sommet UA-UE, comme tous les autres qui l'ont précédé, vise à briser les barrières et à mieux rapprocher les deux continents dans un cadre de partenariat gagnant-gagnant. Les espoirs sont donc grands. Mais la question que l'on peut se poser, est de savoir si ces genres de fora sont à même d'apporter les vraies réponses aux préoccupations des populations.

Car, comme on le voit, ce ne sont pas les sommets ni les occasions de regroupement qui manquent le plus à nos dirigeants. Bien souvent, il en sort même de belles résolutions qui ne sont malheureusement pas toujours mises en application sur le terrain. Tant et si fait que l'on a souvent le sentiment que les sommets se suivent et se ressemblent.

Mais rien ne change fondamentalement sur le terrain, en ce qui concerne le quotidien des populations. C'est pourquoi l'on est porté à croire qu'en ce qui concerne ce sommet d'Abidjan dont l'importance n'est plus à démontrer, la montagne risque fort d'accoucher encore d'une souris.

Reste maintenant à espérer que les dirigeants en tirent les conséquences et puissent mettre en œuvre des mécanismes d'évaluation à même de donner plus de visibilité et de lisibilité à leurs actions.

En tout état de cause, l'on espère que ce sommet d'Abidjan marquera un tournant, au regard de ce qui se passe en Libye et l'on attend de voir les décisions fortes qui sortiront de ce conclave.

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