29 Novembre 2017

Madagascar: Fond d'entretien routier - Un trou de 400 milliards d'ariary

L'État engage des négociations avec les transporteurs qui menacent de cesser leurs activités. La réfection des routes est une de leurs conditions.

Les routes nationales sont délabrées faute d'entretien. C'est en somme le contenu expliqué hier au Sénat lors de la rencontre des parlementaires de la commission Infrastructures et Transports avec les représentants de l'association des Transporteurs de Madagascar (ASTRAM), qui entament à partir d'aujourd'hui une immobilisation de leur matériel roulant empruntant la RN2, en contestation à la décision du tribunal de Toamasina, de libérer des bandits-casseurs de cet axe. « L'une des problématiques que nous rencontrons dans nos activités est le mauvais état des routes qui laisse une occasion pour les bandits d'assaillir nos véhicules, de casser les conteneurs et de voler les marchandises de nos clients. Des pertes s'élevant à des millions d'ariary sans parler de nos chauffeurs et aide-chauffeurs qui se retrouvent en prison », explique d'emblée Abdu Tinot, représentant des camionneurs-transporteurs.

« Les ponts Bailey sur la RN4 et la RN6 comme à Ampampamena Mampikony sont déboulonnés et désaxés au risque de s'effondrer alors que nos charges ne sont pas à moins de 15 t. Sans parler de l'état catastrophique de la route reliant Ambilobe à Diégo ou encore Ambilobe-Vohémar, alors que jusqu'ici, nous n'avons pas encore augmenté les frais de transports », renchérit Rakotondrafara, un autre transporteur.

À court terme

« Le président du Sénat a seulement promis de transmettre les divers problèmes aux responsables concernés, alors que nous souhaitons obtenir de promptes réponses », souligne Frédinard Rakotondrafara, président de l'ASTRAM. La construction d'une autoroute de 240 km reliant Toamasina à Antananarivo est donc une solution à long terme pour les transporteurs. Pour l'heure, ils réclament des travaux d'urgence pour entretenir ces routes nationales. « Une mission qui incombe au Fonds d'entretien routier (FER) qui administre des fonds destinés à l'entretien des routes sur tout le territoire. Seulement, près de 400 milliards d'ariary n'ont pas été versés dans le compte du FER », a fait savoir Rivo Rakotovao, président du Sénat.

Ces fonds s'obtiennent par le biais des amendes sur les surcharges, les subventions des partenaires techniques et financiers comme l'Union européenne, les taxes sur les produits pétroliers et les autres redevances pour entretien routier. « Pour chaque campagne, une partie des ressources collectées par le FER est allouée aux travaux d'urgence », peut-on lire sur le site du FER. « Comment fonctionne alors exactement le circuit des fonds collectés par le FER car, de notre côté, nous avons rempli notre part en payant les droits sur les ponts-bascules, les taxes pétroliers, d'autres redevances ? », se sont demandés les transporteurs à l'issue de la rencontre d'hier.

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