5 Décembre 2017

Madagascar: Inflation et faible croissance - Mauvaise politique monétaire, selon les économistes de l'ACEEM

Une fois de plus, les économistes se manifestent contre l'inefficacité des politiques actuelles de développement. Cette fois-ci, ce sont ceux de l'Université ACEEM qui proposent des solutions à la Banque Centrale de Madagascar (BCM).

Une vérité mathématique ! La politique monétaire actuelle de la BCM est loin d'atteindre ses principaux objectifs de maîtriser l'inflation et de favoriser la croissance du PIB (Produit intérieur brut).

C'est ce qui a été présenté jeudi dernier, lors d'une conférence-débat organisée par l'Université ACEEM dans ses locaux à Manakambahiny, en collaboration avec le CREM (Cercle de réflexion des économistes de Madagascar), en présence d'experts de la BCM et d'autres représentants d'institutions.

Sous le thème « Evaluation de la Politique Monétaire de la Banque Centrale de Madagascar », cette conférence a été principalement animée par Zavamanitra Andriamiharivolamena, du Département « Economie et Développement » de l'Université ACEEM.

Par politique monétaire, il faut entendre un ensemble de mesures (maniement des taux directeurs et des Réserves obligatoires, gestion des liquidités des banques) mises en œuvre par la BCM pour atteindre lesdits objectifs, a expliqué cet économiste monétariste.

Propositions. Pour ces chercheurs universitaires, l'échec de la politique monétaire tient de problèmes d'ordre structurel, eux-mêmes à l'origine de l'augmentation incessante des prix à la consommation dans la Grande Ile.

« Concrètement, c'est l'inexistence d'une véritable concurrence entre les banques primaires, des institutions financières actuellement en surliquidité, qui module le système financier malgache et rend très difficile, voire impossible, la mise en œuvre de la politique monétaire de la BCM. Du fait de cette carence, les établissements bancaires ne jouent pas leur vrai rôle dans la transmission de la politique monétaire de la BCM ».

Face à ces problèmes économiques structurels - dont, soit dit en passant, la résolution ne pourra se faire qu'à long terme - les auteurs de l'étude, qui ont démontré leurs propos à l'aide d'instruments statistiques-mathématiques, recommandent à la BCM de recourir à des instruments de politique économique énergiques et beaucoup plus « directs ».

Ils ont cité comme exemple l'encadrement beaucoup plus direct des crédits au secteur privé, la possibilité d'intervention de la BCM sur le MID.

Une recommandation en rupture totale avec les méthodes actuelles d'intervention de la BCM qui privilégie les instruments « indirects » (maniement des taux directeurs et des Réserves Obligatoires, gestion des liquidités des banques, etc.) avec les résultats que chacun connaît.

Dépendance. Toutefois, une interrogation s'impose. Les partenaires financiers et techniques, nationaux et internationaux de la BCM approuveront-ils une éventuelle intervention directe ? Quelle que soit la réponse apportée à cette question, pour les économistes de l'ACEEM, la politique monétaire de la BCM relève d'une véritable « souveraineté et de l'indépendance monétaire » de Madagascar !

Certes, les mesures qu'ils préconisent se classent parmi celles dites « interventionnistes », mais étant donné la situation d'urgence et de dérèglementation totale du système économique dans lequel le pays baigne actuellement, elles sont légitimes et s'imposent, sinon le fossé entre la frange sociale la plus démunie de la population malgache et la couche des nantis continuera à s'élargir.

L'histoire nous apprend que les grandes puissances économiques du moment, pour résoudre leurs crises économiques et financières, n'ont pas hésité à un moment ou à un autre de leurs parcours à recourir à des instruments « interventionnistes » pour endiguer l'inflation et enrayer les crises économiques qui en ont résulté. Alors pourquoi pas nous ?

Madagascar

Lutte contre la peste - Les puces d'Antanimora insensibles à tout insecticide

Les rats prolifèrent dans nombre de centres de détention à Madagascar. Plus »

Copyright © 2017 Midi Madagasikara. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.