6 Décembre 2017

Cameroun: Nord-Ouest - Le maintien de l'ordre reste ordinaire

Policiers et gendarmes patrouillent dans les villes et villages, alors que les forces de troisième catégorie sont dans les casernes.

La ville de Bamenda en ce dimanche 26 novembre 2017 contraste avec l'ambiance vécue le dimanche 1er octobre dernier. Non seulement les mouvements des personnes avaient été limités, mais l'on remarquait très bien le stationnement des éléments des forces de défense et de sécurité sur les axes routiers, y compris les jonctions menant aux ruelles de quartiers.

Chaque policier, gendarme ou militaire arborait alors arme, gilet pare-balle, casque, matraque... Bref le dispositif pour dissuader tout fauteur de trouble. Et en ce dernier week-end de novembre 2017, les choses ont radicalement changé. Changé dans le bon sens.

On vit. En entrant par Santa (Mezam), première commune du Nord-Ouest -venant de la région de l'Ouest- ce qui attire l'attention c'est la vie. Les revendeuses de produits agricoles marchandent aisément, les bars poussent le son à fond. A Bamenda, les rues grouillent de monde. Même constat quand on se rend en zone rurale. Le 28 novembre 2017, à Jakiri (dans le Bui), c'est l'effervescence pendant l'accueil du nouveau préfet en tournée. Pas de véhicule militaire dans les rues.

C'est à Kumbo (chef-lieu du Bui), qu'on retrouve les éléments du 22e bataillon d'appui (BA). Le matin, la troupe se regroupe en compagnies pour la levée des couleurs et les rapports. Les ordres sont passés pour la journée et chacun rejoint son poste.

A Nkambe (Donga-Mantung), au poste de commandement du 25e bataillon d'infanterie motorisée, un tableau de garde des principaux édifices de la ville ainsi que les points stratégiques de la base est établi.

Vendredi 30 novembre 2017, l'équipe de CT va même assister au compte rendu que chaque chef de section fait et les sanctions sont infligées aux indisciplinés.

« Dire que le Nord-Ouest est militarisé c'est faire preuve de légèreté », confie le général de brigade Agha Robinson, commandant de la 22e brigade d'infanterie motorisée. Notre source ajoute par ailleurs que selon les standards internationaux, le ratio de militaires par rapport à la population de la région est bas.

Chiffres à l'appui, le commandant de la légion de gendarmerie du Nord-Ouest, le colonel Valère Nkoa Mala, confirme : « Avec sept arrondissements, près de 500 000 habitants, 300 gendarmes sont largement insuffisants pour Bamenda, chef-lieu de la Mezam ». CT apprendra d'autres sources que tout le Nord-Ouest dispose d'environ 850 policiers pour 34 unités administratives et 47 postes de gendarmerie.

« Les activistes veulent que nous réduisions davantage les forces et que nous les laissions ainsi mener leurs activités de déstabilisation. Nous ne céderons pas », martèle le capitaine Alain Paktano, commandant par intérim de la compagnie de gendarmerie de Kumbo. «Les forces de deuxième catégorie, police et gendarmerie font du maintien de l'ordre classique.

Et tant que l'ordre n'est pas troublé, il n'y aura pas de réquisition générale, particulière ou spéciale pour mobiliser les troupes de troisième dimension», souligne Simon Emile Mooh, préfet du Bui. Le calme est donc revenu après le pic de tension de début octobre 2017.

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