6 Décembre 2017

Cameroun: « Il n'y a pas de militaires déployés sur les axes »

Général de brigade Agha Robinson, Commandant de la 22e BRIM.

Comment se porte le Nord-Ouest sur le plan sécuritaire aujourd'hui ?

Sur le plan sécuritaire, le Nord-Ouest se porte bien. La région est calme, les populations vaquent à leurs occupations sans problème. Les forces de défense, notamment celles de troisième catégorie, sont dans les casernes. Celles de première et deuxième catégories, police et gendarmerie, s'occupent du maintien de l'ordre, elles protègent les populations et assurent la protection des axes de communication à travers les patrouilles.

Mais des acteurs politiques et certaines populations parlent de militarisation de la région. Qu'en est-il exactement?

Vous avez fait le tour du Nord-Ouest pendant plus d'une semaine et j'imagine que vous avez noté qu'il n'y a pas de militaires déployés sur les axes. Les militaires sont effectivement dans les casernes, ils y sont en stand-by et attendent les instructions au cas où la situation devait dégénérer. Mais, pour le moment, ils n'ont aucun intérêt à intervenir parce que la gendarmerie et la police s'occupent de la situation actuelle.

C'est une situation de crise certes, mais elle est sous contrôle. Il n'y a pas d'apport supplémentaire de gendarmes et policiers dans le Nord-Ouest, mais plutôt des relèves. C'est peut-être cela qui donne l'impression de surplus. Ce qui est normal, quand quelqu'un vient de Yaoundé ou Douala, il va voir que beaucoup de gendarmes s'acheminent ici pour des relèves.

Quelles dispositions avez-vous prises après la réaction du chef de l'Etat ?

Nous avons pris au sérieux les instructions du président de la République. En cette période de préparation des fêtes de fin d'année, nous travaillons à ce que les citoyens de la région du Nord-Ouest vivent sereinement. Les mesures de sécurité sont d'ores et déjà renforcées. Vous avez dû aussi constater pendant votre tournée que les contrôles ont été réduits. Ceci pour rendre les check-points plus efficaces et moins tracassiers. Nous avons sécurisé les alentours des grands carrefours et des commerces.

Les commerçants continuent pourtant d'obéir au mot d'ordre des villes-mortes... Le mot d'ordre de ville-morte le lundi est timidement suivi. On a noté que l'incidence est négative pas seulement sur les recettes de l'Etat mais beaucoup plus chez ces commerçants qui refusent d'ouvrir.

Petit à petit, bon nombre de propriétaires de boutiques se rendent compte qu'il n'est pas dans leur intérêt d'avoir les échoppes fermées. Beaucoup de quartiers de Bamenda sont d'ailleurs ouverts le lundi. Il n'y a qu'une infime partie de rêveurs qui continuent de fermer leurs commerces. Mais, je n'exclus pas non plus le fait que la peur de certains commerçants de voir leur boutique incendiée, ou de perdre les membres de leur famille peut jouer un rôle dans cette situation.

Que faites-vous pour que les citoyens ne soient pas arnaqués ou harcelés sur les points de contrôle?

Au départ, il y avait de nombreux check-points. Nous les avons recensés et nous avons diminué le nombre pour le limiter aux postes essentiels et utiles. A notre niveau, nous avons installé une structure de contrôle du travail de ces check-points. Ce sont des militaires, gendarmes et policiers qui descendent avec des véhicules banalisés et nous rendent compte du travail de ces points de contrôle. Nous enregistrons aussi les plaintes des citoyens et nous prenons des mesures correctives.

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