6 Décembre 2017

Cameroun: Une filière en baisse de régime

Un climat défavorable et un champignon particulièrement virulent à la base de la chute des objectifs 2017.

Un vent de désolation souffle sur la filière banane au Cameroun. Trop de pluies, pas assez de soleil et en plus, une maladie attaque les bananiers. Les objectifs de production pour 2017 sont loin d'être atteints et l'on réfléchit à des techniques innovantes, visant à contourner les difficultés et faire mieux en 2018.

La filière banane au Cameroun est en effet dominée par trois groupes de producteurs dont un public, la Cameroon Development Corporation (CDC) avec 38% des parts de marché et deux investisseurs privés : les Plantations du Haut Penja (PHP), 58% des parts et Boh Plantations Limited (BPL), 4%. L'ensemble de leurs productions, tourné vers l'exportation, était jusqu'ici en pleine croissance.

On est passé de 228 tonnes en 2012 à 296 tonnes en 2016. Logiquement, compte tenu de l'expansion des surfaces de production, 8000 ha en 2012 contre 8300 ha en 2016, les acteurs de la filière espéraient franchir la barre des 300 tonnes de banane exportées en 2017. Hélas, les objectifs ne seront pas atteints. Car « cette année, le climat a été particulièrement défavorable.

Les saisons pluvieuses étaient trop arrosées. Le soleil a manqué aux plantations », rapporte Anatole Ebanda Alima, membre de l'Association bananière du Cameroun (Assobacam). Une entité en charge de l'encadrement de la filière.

Du côté de la PHP, premier producteur national, le directeur général explique qu'il y a généralement un champignon qui s'attaque aux bananeraies et qui nécessite un certain nombre de traitements préventifs. « Cette année, ce champignon a été d'une virulence particulière et s'est attaqué à l'ensemble des exploitations.

Les pertes se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers de palettes », regrette Peter Bentata. Sur les pistes de solutions, il parle d'innovations technologiques à mettre sur pied, tout en privilégiant l'excellence dans la production, mais aussi une bonne organisation en synergie.

La filière banane salue cependant l'appui de l'Union européenne (UE), qui a permis à l'ensemble des exploitants de résoudre certains besoins sociaux mais surtout, d'acquérir des groupes électrogènes. « Ces infrastructures adressent un problème vital, celui de l'irrigation qui dépend à 100% de l'électricité. Lorsqu'on dépend uniquement d'Eneo, parfois on est déçu.

On a souvent enregistré deux mois sans irrigation et les pertes qui s'en suivent sont inimaginables », regrette Franklin Ngoni Njie, DG de la CDC. Selon lui, les producteurs de banane au Cameroun doivent toujours veiller à ce que les coûts de production baissent pour s'en sortir.

Car la filière est en compétition avec la banane sud-américaine dont la production est moins coûteuse, en raison du taux de change favorable et des exploitations plus vastes. L'on se réjouit par ailleurs de la signature de l'APE avec l'UE, laquelle a déjà permis d'économiser 34 milliards de F de droit de douanes à la filière.

Cameroun

Mise en place de la couverture santé universelle - Il faut trouver 1300 milliards de F

C'est le montant estimé et validé par le ministre de la Santé publique André Mama Fouda… Plus »

Copyright © 2017 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.