7 Décembre 2017

Tunisie: «Nous n'avons aucune revendication matérielle»

Cette grève du 6 décembre que nous avons décidé de tenir dans les salles des profs poursuit le but de porter à l'attention du gouvernement et du public quatre revendications essentielles :

- d'abord, traiter en urgence la situation de l'éducation partout en Tunisie alors que pas moins de 1.500 écoles et lycées sont en train de dépérir et que la violence envers les enseignants a atteint des seuils alarmants ;

- ensuite, ne pas toucher à nos acquis sociaux, notamment l'âge de la retraite sur lequel il y a eu un accord formel en 2011 prenant en considération le caractère éprouvant de notre métier ;

- troisièmement, mettre un terme aux mesures de la nouvelle loi de finances qui menacent de saper le pouvoir d'achat des enseignants et, avec eux, de toute la classe moyenne

- enfin, amener le ministère des Sports à traiter la situation de nos collègues qui souffrent de retards de titularisation et de promotion.

En guise de mise en garde contre une attitude «légère» de la tutelle, Morched Idriss nous annonce que la journée du 19 décembre prochain serait consacrée à un sit-in devant l'ARP pour faire pression sur le gouvernement.

Grève réussie à 90%

Moufida Gharbi, membre du Syndicat de base de l'éducation nationale au sein de l'Ugtt-La Marsa, chargée de presse, a fait les comptes quand nous l'appelons : «En milieu de journée du 6 décembre, notre grève est déjà réussie à 90%. C'était largement prévisible car nos revendications sont absolument légitimes ; à commencer par la fixation de l'âge de la retraite à 55 ans alors que tout le monde sait pertinemment que le métier de prof est difficile et éprouvant».

Gharbi exige également que le gouvernement prenne toutes les mesures pour mettre fin à la violence à l'encontre des enseignants, soutenir concrètement ces institutions publiques qui sont capitales pour l'éducation de nos enfants, et surtout s'attacher à la création d'une Caisse sociale spécialement dédiée aux enseignants. '«Nous souhaitons ne plus subir les erreurs qui ont conduit aux déficits énormes des caisses sociales et nous voulons assumer nos propres services de santé, logement, solidarité... », commente-t-elle.

Nafti Létaief, membre du Syndicat de base de l'éducation nationale au sein de l'UGTT, reprend la même assurance à propos de l'inexistence de toute demande purement matérielle dans les revendications des profs, comme pour anticiper les accusations.

«Quand on voit le ministre afficher sa surprise à propos de la grève, on se pose des questions car, au contraire, il était tout à fait informé. Nous l'avons interpellé dans ce sens par le biais de l'Ugtt il y a trois semaines de manière officielle et nous avons tous les documents qui le prouvent. Aujourd'hui, la tutelle nous toise malheureusement avec hauteur et cela est loin d'installer un climat de confiance, alors que toutes nos revendications ne convergent que vers un seul point : l'amélioration et la réforme raisonnée de notre système éducatif».

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