7 Décembre 2017

Congo-Kinshasa: Loi Electorale - Fraude d'Etat !

Photo: LepotentielOnline
Caricature sur la loi électorale en RDC

Banale rumeur au départ, l'affaire de la substitution du projet de loi électorale discuté en Conseil des ministres par un autre, inconnu de la plupart des membres de l'exécutif national, au moment de son dépôt par le Premier ministre à l'Assemblée Nationale, commence à faire grand bruit. Les ministres issus de l'Opposition ainsi qu'un nombre de députés nationaux de la même famille politique ne se privent plus d'en parler publiquement.

On soutient que c'était même l'objet principal d'une réunion houleuse tenue le mardi 05 décembre 2017 à l'office de Joseph Olenghankoy, président du Conseil National de Suivi de l'Accord du 31 décembre. Les ministres « opposants », indique-t-on,

ont chargé le précité de prendre langue avec ses collègues animateurs des institutions de la République en vue du retrait du « faux » adopté à l'Assemblée Nationale et transmis au Sénat pour une seconde lecture.

Pas plus tard qu'hier mercredi 06 décembre 2017, une délégation parlementaires de l'Opposition, conduite par Christophe Lutundula, porté l'affaire à la connaissance du président de la chambre haute Parlement, Léon Kengo wa Dondo. A ce dernier, il a également demandé de peser de tout son poids dans le dossier afin de bloquer « faux » en circulation et de revenir à la case départ, avec le original effectivement toiletté en Conseil des ministres.

Aux dires certains ministres deTshibala, c'est la proposition de loi du député national Muhindo Nzangi qui aurait été examinée, amendée adoptée en Conseil des ministres et non le projet de loi attribué abusivement au gouvernement.

Selon toute vraisemblance, on se trouverait en face d'une d'Etat. Mais qui aurait orchestré la substitution ? Le ministre Tshibala serait-il au courant du changement de texte de électorale ? Le ministre de l'Intérieur, Ramazani Shadari, aurait- effectivement défendu, au niveau de l'Assemblée Nationale, une inconnue de certains de ses collègues membres du gouvernement ? des questions qui restent sans réponses.

Pourquoi une dénonciation tardive ?

Vrai ou faux, l'Assemblée Nationale a-t-elle adopté un projet de électorale non-conforme à l'original ? En attendant que les puissent se clarifier à ce sujet, il y a lieu de s'interroger sur silence coupable observé par les ministres et députés de l' depuis le dépôt du présumé « faux », son examen au sein de commission PAJ et son adoption en plénière. Pourquoi ont-ils le transfert du texte incriminé au Sénat pour réagir ? Que cache politique de motus et bouche cousus face à ce qui s'apparente à délit d'initiés ?

Dans l'hypothèse où il y aurait effectivement eu fraude d'Etat, vrais-faux dénonciateurs devraient être assimilés aux « comploteurs », sans plus.

Il est anormal qu'ils se mettent à clamer partout qu'il y a tricherie alors que s'ils avaient réagi en amont, ce texte de loi controversé aurait pu être purement et simplement bloqué en amont. est tenté de croire qu'ils n'avaient pas suffisamment mesuré dégâts de la notion du « seuil de représentativité » sur leur politique. Conscients sans doute de leur disqualification lors des prochaines législatives, ils voudraient donner à l' l'image des gardiens du temple alors que leur « trahison » consommée.

La grande interrogation du moment, c'est de savoir quel sort aux votes des députés de la Majorité Présidentielle, s'il définitivement établi que l'Assemblée Nationale avait travaillé sur « faux ». Cette institution d'appui à la démocratie va-t-elle marche arrière et reprendre le travail à zéro avec la version ?

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